Afin de compléter notre TOP/FLOP 2016, qui est un bilan collectif, nous avons décidé de maintenant laisser parler les individualités en permettant à chaque rédacteur du Blog du Cinéma de parler d’un coup de cœur de l’année 2016. En compilant, nous voilà maintenant avec une sélection alternative, un complément. Car 2016 ne se résume pas à 10 films et a surtout été un belle année.

La sélection

THE NEON DEMON de Nicolas Winding Refn | Si en 2016 le festival de Cannes avait fait preuve d’un peu d’audace au lieu de jouer la carte du bien-pensant, The Neon Demon serait certainement reparti avec un prix – si ce n’est la Palme d’Or. Bien plus accessible qu’Only God Forgives, le film est une critique acerbe de la mode et du monde en général. Visuellement splendide, Nicolas Winding Refn travaille chaque plan comme une œuvre en soi pour nous épater d’un superficiel assumé. Mais surtout il y a un sentiment de malaise, quelque chose de dérangeant à regarder The Neon Demon, comme un cauchemar fascinant dont on ne sait vraiment si l’on veut se réveiller. Comme Elle Fanning (l’interprète principale, sublime dans ce rôle) on se sent attiré par cet univers. Ce cinéma sensoriel qu’est The Neon Demon, nous dévore autant que ses protagonistes, au sens propre comme figuré – Pierre SiclierDIVINES de Houda Benyamina | Un top de l’année 2016 sans DIVINES d’Houda Benyamina me semble définitivement être un top malhonnête ! Depuis sa caméra d’Or à Cannes, ce film qui avait même donné envie à certains « d’arrêter le festival » tant on tenait là le film de l’année, n’a cessé de marquer son territoire plus largement et de s’encrer dans le paysage Cinématographique. La preuve : qui n’en a pas débattu ? Entre encensement et critiques acerbes, DIVINES, qui nous a même divisé ici au sein de la rédaction, a su faire parler de lui, comme le font les grands films et est aujourd’hui en lice pour les Golden Globes 2017 (et certainement demain dans la course au César ) ! Il est donc tout naturel de lui rendre hommage en cette fin d’année et de rappeler même à ceux qui sont restés sceptiques que DIVINES est le fruit d’une fougue, du courage et de la parole d’une femme. Houda Benyamina et tous ses personnages ont eu « le clito » qu’elles célèbrent dans son film, d’être, non pas le sexe fort, mais des femmes enfin dans la lumière, une place qui leur est trop peu réservée. 2016 était incontestablement une année Divines ! – SarahB
TUE NE TUERAS POINT de Mel Gibson |  Le film part mal. Puis arrive l’assaut d’Hacksaw avec un mouvement de grue qui nous place aux portes de l’Enfer. Si on a critiqué, à juste titre, la première partie, difficile de nier à quel point la seconde est une déflagration cinématographique hallucinante qui mérite d’être vue sur grand écran. Sans aucune concession, Mel Gibson pond un film d’une puissance formelle absolument dingue, qui nous laisse guère de répit. De quoi rendre bien terne une flopée de futurs films sur la guerre, qui auront certainement du mal à soutenir la comparaison en terme d’intensité. On en vient à se demander comment est-ce possible, en 2016, qu’un projet aussi dingue, schizophrène et brutal puisse être produit. Et heureusement que ce fut le cas, car TU NE TUERAS POINT est une des choses les plus folles vue sur grand écran depuis des années. Un choc qui rappelle que, malgré ses travers, Mad Mel est un putain de metteur en scène. – Maxime BediniBRAQUEURS de Julien Leclercq | Un bon film de genre FRANÇAIS est suffisamment rare pour être signal. Braqueurs est un film qui respire la confiance : celle du réalisateur Julien Leclercq envers son histoire, ses acteurs, sa mise en scène. À l’arrivée, tout est solide et charismatique tout en restant extrêmement sobre, l’action se met en mode “coup de trique”, sec, brutal et rapide – un terme que l’on appliquera de même aux surprenants passages où l’émotion vient se mettre subitement au premier plan, fruit d’une empathie savamment amenée par chacun des acteurs. Enfin, en se concentrant totalement sur une histoire de gangsters (le slogan: “braqueurs VS dealers” est on ne peut plus juste), Leclercq s’assure de ne verser dans aucun manichéisme déplacé, aucune faute de gout. Bref : Braqueurs est un film sincère et puissant, conscient de ses influences (Mann, De Palma…), mais qui trouve tranquillement sa propre personnalité. – Georgeslechameau
LES INNOCENTES d’Anne Fontaine
| C’est avec sensibilité et délicatesse que la réalisatrice Anne Fontaine raconte la souffrance d’un couvent polonais durant la seconde guerre mondiale. Par la rencontre de personnages si différents incarnés (entre autres !) par les remarquables Lou de Laâge, Vincent Macaigne et Agata Buzek, plusieurs visions sur l’existence et sur la condition des femmes se croisent. Mais face à la douleur et aux dévoilements de l’intimité, ce n’est pas le jugement qui prime mais la confiance et la compréhension de l’autre. C’est, d’ailleurs, ce qui donne une touche profondément humaine à ce drame sobrement poignant sans être pour autant trop plombant. En ce sens, se cache une certaine part de luminosité, celle-ci transformant toute trace d’austérité en forme d’espoir et permettant surtout à cette œuvre française d’être l’une des plus belles de 2016 – Yohann
JE NE SUIS PAS UN SALAUD d’Emanuel Finkiel | Je ne suis pas un salaud d’Emanuel Finkiel est un tour de force confirmant la grande forme du cinéma français. Cette satire sociétale percutante emmène le duo formé par Nicolas Duvauchelle et Mélanie Thierry au cœur d’un cauchemar moral et d’un quotidien où la survie est le maître mot. Et si certains pourront lui reprocher son acte final, c’est au contraire ce jusqu’au-boutisme assumé qui pousse notre réflexion à son paroxysme. Traversant le drame social à la Ken Loach et parfois, le thriller, la mise en scène nerveuse d’Emmanuel Finkiel nous emporte dans le tourbillon autodestructeur d’Eddy, un personnage ambigu qui suscite à la fois l’empathie et la répulsion. Je ne peux que vous conseiller de vous jeter dessus, ne serait-ce que pour admirer la prestation de Nicolas Duvauchelle qui reste étourdissante. – SofianeCOMENCHERIA de David McKenzie | Film de braquage ou road-trip ? David McKenzie montre que ces deux sous-genres font partie du western, dont les codes sont ici déplacés et actualisés. Le cynisme de Comancheria fait penser à No Country for Old Men, mais les personnages, brillamment interprétés par le trio Foster-Pine-Bridges (complété par Birmingham), sont des miroirs de nos propres erreurs, embourbés dans les mécanismes creux du monde moderne – Alexandre Léaud

L’ORIGINE DE LA VIOLENCE de Eli Chouraqui | Puissant et bouleversant, l’Origine de la Violence n’est pas qu’un énième film sur la Shoah car celui-ci invite à la résilience et aborde, de surcroit, le poids de la transmission et de la paternité avec beaucoup d’humanité. L’intérêt de ce film repose principalement sur la quête d’identité de chacun, sur la nécessité de connaître son passé pour pouvoir construire son avenir, découvrir ses origines pour savoir qui on est. Le talent d’Eli Chouraqui est de nous embarquer dans ce récit passionnant en conjuguant avec aisance passé et présent, tendresse et terreur, traitres et héros, réalité et fiction, dimension historique et récit personnel et surtout, à travers cela, ignominie et banalité. Superbement interprété, c’est incontestablement un film qui marque l’esprit et incite à la réflexion. – Stéphanie

JOHN FROM de Joao Nicolau | Cette fantaisie estivale-adolescente souffle au cœur la jeune révélation Jùlia Palha. Rohmerien et “saudadesque” en diable, il confirme avec exotisme et une inspiration intime que le cinéma portugais est le plus formidable d’Europe. – Flavien

La Rédaction

 

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Seb B
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Seb B

Neon Demon…

J’adore Drive, qui est un chef d’oeuvre pour moi. J’aime bien Valhalla et Only God Forgives (même si on sent l’experimental limite foutage de gueule).
Mais Neon Demon c’est un veritable navet face à des films comme Black Swan ou Mulholland Drive (pour ne citer qu’eux), qui traitent en gros des mêmes thèmes : de la mode, du spectacle, des filles, de la psychologie torturée, avec une vision cauchemardesque/horrifique.

Neon Demon c’est l’auto caricature de NWR, et la beauté plastique (très artificielle ici) ne rattrape pas le grotesque involontaire de nombreuses séquences du film.

Enfin c’est mon avis…