C’est l’heure fatidique du bilan, de ce petit jeu auquel on s’adonne tous avec plaisir. Mélange entre affirmation de ses goûts et nostalgie des beaux moments que nous avons vécus dans les salles obscures.

S’il fallait définir 2016, on pourrait dire que ce fut une année placée sous le signe de la sensibilité et de l’intensité. Tant de films nous ont touché par la beauté des émotions qui en émanait. On a d’abord eu des purs drames/mélodrames comme Carol, Manchester By The Sea, Réparer les Vivants, Aquarius assumant pleinement l’exercice mais sans tomber dans du tire-larmes bourrins. Ce qui donne des films pudiques et dignes, où la mise en scène précise s’accorde à la perfection avec le sujet. Puis il y a eu une vraie exploitation du film de genres afin d’exprimer des émotions. On pense bien évidement à deux films de SF puissants : Midnight Special et Premier Contact. Les réalisateurs se sont emparés d’une imagerie afin d’y exprimer des réflexions autres (la paternité pour le premier, le rapport à l’étranger dans l’autre). Un petit français se place dans la même veine avec Diamant Noir en proposant un polar intense qui investit un genre ultra-codifié en ayant pour objectif d’exprimer une palette d’émotions complexes. On va désormais scruter la suite de la carrière d’Arthur Harari avec une attention particulière.

Mais le gros bloc intense, qui nous a à la fois usé, touché et fait rire se nomme Toni Erdmann. Le film de Maren Ade est un périple émotionnelle immense de 2h42 qui progresse lentement mais sûrement en opérant un renouvellement impressionnant à mesure qu’il avance. Sans conteste un des chocs de 2016. Dans un autre registre, The Strangers affiche 2h36 au compteur et s’impose comme un bloc de noirceur virtuose, un cauchemar duquel on ne sait pas si on arrivera à s’extirper.

2016 fut aussi l’occasion de voir sur grand écran des propositions radicales. Que ce soit en terme de mise en scène ou de scénario. L’exemple le plus évident est The Assassin. Film qui provoqua des débats houleux dans la rédaction mais qui a le courage d’affirmer son ambition formelle. Répulsion ou admiration, compliqué de rester insensible face à une telle idée du cinéma. Même constat pour Personal Shopper, The Witch, The Neon Demon, The Revenant et La Tortue Rouge – des projets sortant des sentiers battus, à la singularité assumée et qui prennent des chemins plus sinueux pour raconteur leur histoire.  Outre The Assassin, une petite poignée de films a divisé franchement la rédaction, sans réel entre-deux possible. Les heureux élus sont : Divines, The Revenant, Juste la fin du Monde et Nocturama.

Parlons déceptions maintenant. Quelques grands noms que l’on attendait se sont vautrés dans les grandes largeurs (les frères Dardenne, Gus Van Sant) et d’autres n’ont pas livré des œuvres à la hauteur de leur statut (les frères Coen, Steven Spielberg, Tim Burton, Brillante Mendoza, Derek Cianfrance). Parmi les blockbusters, deux d’entre eux nous ont sacrément déçus alors qu’on avait bon espoir : Suicide Squad et Rogue One. On leur préfère largement l’inégal et bancal Batman V Superman.

Trêve de bavardages, on vous laisse maintenant découvrir ci-dessous notre TOP 10 suivi du FLOP 10.

TOP 10 LBDC

Cliquer sur les images pour accéder aux critiques.

Ils ont échoué aux portes du top 10 : Elle, Carol, The Neon Demon, Le Garçon et la Bête, ZootopieJodorowsky’s Dune, Captain Fantastic, Braqueurs, La Tortue Rouge, The Witch.

FLOP 10 LBDC

1 – Suicide Squad de David Ayer
2 – L’Idéal de Frédéric Beigbeder
3  Divines de Houda Benyamina
4 – Les Visiteurs : La Révolution de Jean-Marie Poiré
5- La Fille Inconnue de Luc Dardenne et Jean-Pierre Dardenne
6 – Comme des bêtes de Yarrow Cheney et Chris Renaud
7 – Cézanne et Moi de Danièle Thompson
8 – Nos Souvenirs de Gus Van Sant
9 – Colonia de Florian Gallenberger
10 – Miss Peregrine et les enfants particuliers de Tim Burton

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Pour terminer, on tient à remercier nos lecteurs qui nous suivent régulièrement ou même occasionnellement, ceux qui ont commenté, liké, partagé nos articles. On écrit par passion mais aussi grandement pour vous. Toute l’équipe vous souhaite une bonne fin d’année et on sera là en 2017 pour continuer à parler cinéma.

La Rédaction