abuela
Crédit : Wild Bunch Distribution

ABUELA, de l’éclat, mais de l’ennui – Critique

Remarqué à Gérardmer, le dernier film du réalisateur de [REC] ne manque pas de qualités. Malheureusement, plus esthétique que fouillé, ABUELA nous entraîne dans un profond ennui.

Après le thriller Œil pour œil, Paco Plaza renoue avec l’horreur avec ABUELA, prix du jury à Gérardmer en 2022, exæquo avec Samhain de Kate Dolan. Le réalisateur de [REC] continue ainsi d’explorer le genre de l’épouvante avec, cette fois, une histoire de sorcière, sur fond de jeunesse perdue et retrouvée. À coup sûr, ABUELA surfe sur une vague de problématiques féminines portée par la mouvance actuelle. Or, si la mise en forme ne manque pas d’éclat, le fond pêche un peu par trop de poncifs déjà éculés.

Déjà-vu

Esthétiquement, ABUELA se révèle particulièrement éclatant. Du milieu clinquant et lisse du mannequinat aux motifs de la vieillesse efflanquée, le film témoigne d’une grande beauté. À des fins horrifiques, il use par ailleurs d’effets visuels plus dérangeants que terrifiants. Ce qui lui confère une atmosphère particulière, effectivement remarquable. Là où le bât blesse, c’est qu’à distiller son intrigue en huis-clos, ABUELA tire en longueur et l’on s’ennuie entre plans esthétisés et monologues sans réponse.

abuela
Crédit : Wild Bunch Distribution

L’ensemble aurait pu cependant fonctionner, si le film n’exploitait pas des thématiques déjà traitées inlassablement par ailleurs. En effet, ABUELA nous raconte l’histoire d’une jeune mannequin contrainte à retourner vivre avec sa grand-mère grabataire. Grand-mère étrange et passablement dérangeante, que l’on devine plus malsaine qu’elle n’en a l’air. On pense irrémédiablement à Hérédité d’Ari Aster. Également, par certains aspects, à The Neon Demon de Nicolas Winding Refn. Voire, plus simplement, à Blanche Neige ou au Portrait de Dorian Grey et leurs multiples adaptations.

Superficiel

Car cette quête de jeunesse éternelle, on nous l’a déjà contée des centaines et des centaines de fois. Bien sûr, certains récits sont intemporels et celui-là certainement plus que d’autres. Or, du sang neuf, ABUELA peine à nous en apporter. Tant et si bien qu’une fois les ficelles du scénario toutes usées, l’épilogue tarde à venir. Et l’on s’ennuie. On s’ennuie d’autant plus que la résolution de l’intrigue nous paraît évidente. Peut-être l’était-elle aussi pour le réalisateur, puisque la fin se révèle rushée et ainsi expédiée en quelques actes.

abuela
Crédit : Wild Bunch Distribution

Le jury de Gérardmer ne s’est pour autant pas trompé. ABUELA ne manque pas de qualités. On aura rarement filmé la vieillesse de manière aussi crue, également autant souligné la vacuité de la jeunesse. Outre son esthétisme, le film se distingue aussi par une direction d’acteurs poignante. Almudena Amor, la petite fille, et Vera Valdez, la grand-mère, sont toutes deux troublantes et l’on est tiraillé entre sentiment d’injustice et raison. Malheureusement, le scénario ne fait qu’effleurer toutes les thématiques qu’il brasse, là où d’autres sont allés creuser davantage… Dommage.

Lily Nelson

Note des lecteurs0 Note
Titre original : La Abuela
Réalisation : Paco Plaza
Scénario : Carlos Vermut
Acteurs principaux : Almudena Amor, Vera Valdez, Karina Kolokolchykova
Date de sortie : 6 avril 2022
Durée : 1h40min
2.5
Bien mais pas top

Écoutez-nous !

Soutenez-nous !

Soutenez-nous !
Rédactrice
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires
0
Un avis sur cet article ?x