THE DEMON INSIDE, un énième film de possession – Critique

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La réouverture des cinémas coïncide malheureusement avec la sortie de ce produit formaté et indigeste où se mêlent maladroitement exorcisme et possession.

Première grosse sortie estivale, THE DEMON INSIDE ne réussit rien ou si peu. D’un scénario stéréotypé à une mise en scène proche des pires série B, toutes les parcelles de cette histoire d’exorcisme suscitent l’ennui. Tout a déjà été vu ailleurs, et en mieux : de l’enfant dialoguant avec un démon au père torturé, en passant par le prêtre et son novice pratiquant l’exorcisme, le défilé de personnages sans profondeur paraît interminable durant cette introduction à la fois trop longue et incohérente. Le père Lambert, jugé pour meurtre, sort de prison et se rend directement chez Joel, père de famille schizophrène et gentillet, pour l’aider à sauver son fils d’un démon bruyant et tapageur : soit le leitmotiv commun à toutes les productions de ce type depuis une vingtaine d’années, dans lesquelles s’enchaînent jump scare et séquences larmoyantes, sans aucune surprise.

The Demon inside (2020)

En même temps, que fallait-il espérer d’autre ? Rares ont été les bonnes surprises dans le genre ces derniers temps, et hormis James Wan ou André Øvredal, il semblerait que les réalisateurs n’aient aucune liberté artistique. Condamné à remplir un cahier des charges des plus monotones, Pearry Teo se contente d’enchaîner des plans dénués d’un intérêt quelconque, alimentant uniquement un schéma actanciel déjà connu par n’importe quel amateur du genre. Ce ne sont pas les twists de l’épilogue sur la psychologue et la peluche qui inciteront à penser le contraire, loin de là. Certaines séquences rapprochent même THE DEMON INSIDE du nanard attendrissant, notamment grâce à Joel qui se bat tant bien que mal pour sauver son fils, en enchaînant répliques sanglotantes et loufoques. La personnage du prêtre est lui aussi excessivement drôle à ses dépends, notamment lorsqu’il justifie ses actes par des bouts de phrases qui rappellent le Van Helsing du Dracula de Dario Argento, c’est dire…

Hérédité, l’enfer de la famille

The Demon inside (2020)

Ari Aster avait prouvé avec Hérédité (2018) qu’il était encore possible de proposer quelque chose d’original et novateur sur le thème de l’exorcisme et de la possession. Mêlant habilement poésie et rites tout en questionnant la psyché de la famille modèle américaine, le jeune metteur en scène évitait les écueils et offrait un rafraîchissement adéquat et bienvenu. THE DEMON INSIDE est un effroyable retour en arrière, un contre-pied offusquant qui ne méritait pas de coïncider avec la réouverture tant attendue des salles. Il est clair qu’à la fin, outre Joel et son fils, c’est le spectateur qui est susceptible de sortir malade et possédé de la séance, tant le film suscite malaise et répulsion. Un ratage en bonne et due forme.

Emeric

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Titre original : The Demon inside
Réalisation : Pearry Reginald Teo
Scénario :-
Acteurs principaux : Robert Kazynsky Peter Jason Florence Faivre
Date de sortie : 22 juin 2020
Durée : 1h30min
1
Raté

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