Moins de deux semaines après sa mise en ligne sur Netflix, la nouvelle série espagnole ÉLITE obtient déjà la programmation de sa deuxième saison. Mais le succès est-il réellement au rendez-vous pour ce thriller enfanté par le succès de La Casa de Papel ?

Fin décembre 2017, La Casa de Papel réalisait le plus gros hold up des plateformes de streaming en explosant tous les records sur Netflix. Déchaînant les foules, et surtout les adolescents, cette série espagnole aurait été vue pas moins de 17 millions de fois entre janvier et mai 2018 selon une étude de NPA Conseil avec Harris Interactive.

Surfant sur cette vague de succès, Netflix a donc mis en ligne début octobre ÉLITE, une nouvelle saga andalouse célébrée avant même sa diffusion. Annoncée comme un mélange de Gossip Girl, The OC : Newport Beach, Pretty Little Liars ou encore 13 Reasons Why, cette série semblait avoir tout pour plaire. Pourtant, le résultat n’est pas au rendez-vous.Photo de la série ÉLITETout commence avec l’effondrement d’un lycée public qui va offrir à trois adolescents la chance d’obtenir des bourses et d’intégrer la prestigieuse et très élitiste école Las Encinas. Mais cette opportunité tourne rapidement au cauchemar pour ces trois marginaux qui se retrouvent dans un environnement excentrique, délirant mais surtout capricieux car dicté par les desideratas des autres lycéens aussi riches que désagréables.

Au fur et à mesure des épisodes, la tension monte entre les personnages séparés par un choc culturel et un fossé social en apparence infranchissable. Tel Ryan Atwood (The OC : Newport Beach), Dan Humphrey (Gossip Girl) ou encore Annie Wilson (90210 Beverly Hills : Nouvelle Génération), le trio va devoir s’intégrer dans cet univers qui le rejette de toutes ses forces et par tous les moyens possibles. Cependant, un meurtre vient installer une double temporalité qui permet au spectateur de suivre la résolution du crime sur le campus et la descente des trois adolescents dans ce qui semble être la version moderne des neuf cercles de l’enfer.

Au XIVe siècle, Dante Alighieri constituait l’Enfer de neuf cercles : les Limbes, la luxure, la gourmandise, la convoitise, la colère, l’hérésie, la violence, la ruse et la trahison. Au XXIe siècle, ÉLITE prouve que cette représentation n’a pas beaucoup évoluée au fur et à mesure que les huit épisodes font ressortir non seulement le passé de chaque personnage mais surtout leurs démons et leurs vices. De l’abus de leur richesse et de leur relation à leur sexualité sans limites en passant par leur esprit de compétition, les jeunes d’ÉLITE manifestent à leur manière la luxure, la convoitise ou encore la trahison. La violence étant incarnée par le péché le plus condamnable de tous : le meurtre d’un des personnages.

La série est donc un cocktail explosif composé de sexe, de chantage, de coups bas et de violence, souvent caractéristique des teen drama à succès.Photo de la série ÉLITEAvant même le début du générique, ÉLITE était donc déjà attendue de par de sa volonté ambitieuse de devenir la nouvelle série pour adolescents en vogue en intégrant dans une même saison tous les éléments qui avaient fait le succès des autres sagas. Les épisodes abordent donc les thèmes communs aux séries adolescentes avec très peu d’originalité : la grossesse, la découverte de la sexualité, l’orientation sexuelle, les problèmes d’addiction, les rumeurs et complots entre lycéens.

Seules deux idées semblent sortir du lot et tentent de donner un peu de crédibilité et de relief à la série. La question du Sida, qui touche un des personnages, et celle de l’appartenance religieuse, symbolisée par le voile porté par une des nouvelles lycéennes, sont les deux seules idées qui parviennent tant bien que mal à donner un peu d’intérêt à ÉLITE. Malheureusement, ces détails semblent être les deux seules choses à retenir des huit épisodes tant l’arc policier est peu crédible et les problématiques sans intérêt car déjà abordées par des dizaines de séries auparavant.

ÉLITE n’a donc rien d’exceptionnel et se réduit malheureusement à une énième série pour adolescents qui en voulant dépasser toutes les autres n’arrive pas à la cheville d’une seule d’entre elles. Si elle reste regardable, elle ne marquera clairement pas l’histoire du petit écran… En espérant qu’elle se rattrape sur la deuxième saison à venir.

Sarah Cerange

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ÉLITE : à trop vouloir plaire, on finit par déplaire - Critique
Titre original : Élite
Réalisation : Dario Madrona et Carlos Montero
Scénario : Dario Madrona et Carlos Montero
Acteurs principaux : Maria Pedraza, Itzan Escamilla, Miguel Harran
Date de sortie : 5 octobre 2018
Durée : 50 min
2.8Déjà-vu
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ÉLITE : à trop vouloir plaire, on finit par déplaire – Critique

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