Le dernier épisode de BODYGUARD, nouvelle série née Outre-Manche, a marqué une audience colossale avec plus de 17 millions de téléspectateurs. Mais que se cache-t-il derrière ce succès ?

Cinq ans après son rôle tristement célèbre dans Game of Thrones et une performance que tout le monde souhaiterait oublier dans Ibiza, Richard Madden semble enfin avoir un rôle à la carrure de son potentiel dans BODYGUARD. Dans cette nouvelle série britannique, il interprète le rôle du sergent David Budd, un vétéran traumatisé par le conflit en Afghanistan, assigné à la protection rapprochée de Julia Montague, la Ministre de l’Intérieur, après avoir déjoué un attentat dans un train.

Un incipit qui permet d’introduire l’ambiguïté morale du personnage atteint de trouble de stress post-traumatique mais également une dose d’adrénaline qui va malheureusement se dissoudre au fil de la série. Alors que les attaques terroristes se multiplient et les relations entre le sergent et la Ministre se complexifient, cette dernière tente de faire passer une loi liberticide au nom de la sécurité du pays.Photo de la série Netflix BODYGUARDAvec ses trois premiers épisodes réalisés par le français Thomas Vincent (Borgia, Versailles), BODYGUARD frappe fort avec une menace à la bombe déjouée à bord d’un train rempli de passagers. Avec presque autant d’attentats que d’épisodes, le tensiomètre monte crescendo jusqu’à un retournement de situation véritablement inattendu à mi-chemin.

Paradoxalement, c’est à ce moment là que le rythme haletant de la série s’essouffle alors que l’intrigue se complexifie avec un entrelacs de complots politiques. Le sergent David Budd (Richard Madden), « un petit boy-scout encombrant » continue pourtant de reconstituer le puzzle de cette lutte pour le pouvoir complexifiant le personnage de Julia Montague qui apparaît tour à tour comme une manipulatrice au cœur glacé et une victime d’un complot bien plus grand qu’elle.

Glaciale, distante, calculatrice… les mots ne manquent pourtant pas pour décrire la Ministre de l’Intérieur. Vu à travers le regard de David Budd, son personnage, interprétée par l’électrisante Keeley Hawes, apparaît comme une antagoniste aux opinions politiques extrêmes. Cependant, au fur et à mesure des épisodes, la complexité du personnage se dévoile alors qu’elle se confie et se dévoile dans sa relation ambiguë avec le sergent. Une personnalité et une psychologie qui auraient peut-être méritées plus d’attention dans la série.Photo de la série Netflix BODYGUARDMais le héros de cette série reste avant tout Richard Madden qui réussit à faire table rase de ses rôles précédents pour encourager les rumeurs qui le désignent comme le digne successeur de James Bond. En interprétant un sergent psychologiquement instable aux nombreux vices, l’ancien interprète de Rob Stark tente de renouveler le personnage type du anti-héros.

Une histoire ambiguë entre une Ministre et son garde du corps sur fond de menace terroriste et de complot politique, il n’en fallait pas plus pour assurer le succès de BODYGUARD qui devrait bientôt avoir une deuxième saison de signée.

Sarah Cerange

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Entre Homeland et Designated Survivor, BODYGUARD sort du lot - Critique
Titre original : Bodyguard
Création : Jed Mercurio
Production : Priscilla Parish, Eric Coulter
Acteurs principaux : Richard Madden, Keeley Hawes
Date de sortie : 26 août 2018
Durée : 56 min
3.5Palpitant
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Entre Homeland et Designated Survivor, BODYGUARD sort du lot – Critique

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