Notre rédactrice Sarah s’est dévouée pour aller voir cet ultime épisode. Merci à elle et, maintenant, le verdict !

S’il y a quelque chose sur laquelle nous serons à peu près toutes d’accord (et tous, si tant est que des hommes s’y intéressent), c’est qu’avec la saga « 50 Nuances », (Fifty Shades pour les intimes), il n’a jamais été question d’appeler au chef d’œuvre cinématographique. D’ailleurs, aux vues des efforts faramineux qui sont mis en place pour inciter les spectatrices à chauffer (teaser un an à l’avance, matraquage de produits dérivés et promotion internationale), il est fort probable que même du coté des producteurs il n’en ait jamais été question. Non, 50 nuances, c’est une toute autre ambition (nous en parlions longuement il y a peu dans un dossier spécial), celle de faire rêver une cible très resserrée, les femmes, et pas que la ménagère, non,non, non, toutes les femmes, même les plus cérébrales. Alors la qualité cinématographique, depuis le début, on s’assoie dessus en conscience et non sans délectation, parce que cette saga, dés la première ligne du best seller littéraire dont elle est issue, ce n’est rien d’autre que du rêve collectif féminin (en tout cas pour beaucoup).

Mais là, avec CINQUANTE NUANCES PLUS CLAIRES , le troisième et dernier volet, on tombe quand même à un niveau rarement atteint de potentiel nanardesque que peut supporter le cinéma… On ne vas pas se mentir, le film pourtant follement attendu par une communauté de fans tendues comme des bretelles de soutiens-gorges… est nul. Il n’y a rien a en tirer, surtout si on n’est pas un peu déjà conquis d’avance – comme c’était pourtant notre cas – encore sous l’effet du bouillant Cinquante nuances plus sombres (épisode 2)…

Tout est déception. Scénario rocambolesque frisant le ridicule, rebondissements grotesques minutés comme du papier à musique – on sent la grosse artillerie de l’écriture efficace (qu’on se permet à l’occasion de remettre en cause), montage à la hache, ellipses plan après plan pour pallier à la faiblesse phénoménale de l’adaptation, dialogues risibles, enchaînements de clips, déferlante de clichés et même de l’ennui (on est a la limite d’être plus passionné par les téléfilms du dimanche après-midi); de toute façon dès les dix premières minutes devant le spectacle de Christian et Anastasia courant en slow-motion à la Comédie Française pendant leur lune de miel parisienne, on sent que ça va être long… Bref, la saga ne marquera pas les esprits par son dénouement (et c’est quand même bien dommage), MAIS.

Oui , parce qu’il y a quand même un mais !
Si les deux premiers volets nous avaient séduit parce qu’ils incarnaient une nouvelle forme de cinéma grand public féminin, jouant sur les différents niveau de fantasmes des femmes, à l’image d’une fable mariant les concept d’amour pure et de sexualité épanouie telle une séduisante allégorie du mythe de Cendrillon version érotique; CINQUANTE NUANCES PLUS CLAIRES, lui, est carrément féministe et ça, ça fait du bien !Nous le disions déjà aux détracteurs du fouet à plume des deux premiers épisodes qu’Anastasia la soumise de la chambre rouge avait gagné la dominance du cœur dans toutes les autres pièces de la maison. Christian était tombé amoureux d’elle et elle pouvait lui demander n’importe quoi. Il y avait déjà dans la saga cette notion discrète de domination et de soumission réciproque et complémentaire des hommes et des femmes, à la bonne heure…

Mais cette fois-ci, le film adopte une posture plus radicale. Exit la jeune Anastatia ingénue se délectant d’assouvir les fantasmes de son homme, voici une Anastasia maîtresse et instigatrice de ses pulsions (le féminisme passe aussi par la sexualité), qui s’épanouit en executive woman indépendante et libre, n’en plaise à son Grey de mari. Depuis qu’elle est mariée Madame conduit la voiture et se livre à des courses poursuites au volant de son coupé sport dans laquelle elle s’éclate en faisant des pics à 200 km/h, sans se gener pour, à peine garée, chevaucher son Christian éberlué planté au fond du siège passager sans qu’il n’ait son mot à dire. C’est encore Madame qui pendant une insomnie décide de recouvrir de crème glacé le corps de son amant pour s’amuser avec en se fichant pas mal que ses cris de plaisir réveillent toute la maison. C’est madame qui a envie de faire l’amour, c’est Madame qui provoque, qui veut travailler en gardant son nom de jeune fille, qui sort entre copines même si son mari inquiet lui refuse, qui se met topless à la plage même s’il est jaloux et c’est Madame encore qui décide de garder l’enfant dont ne veut pas son mari… Et, et, et (on ne spoile pas mais la fin vaut le détour en terme d’incarnation de la femme phallique) !On l’aura compris, dans CINQUANTE NUANCES PLUS CLAIRES, le sexe dominant est totalement féminin mais l’auteur ne trahit pas pour autant son postulat de départ : “50 nuances” ce n’est pas la domination mais la célébration de la complétude des genres, alors Christian Grey y trouve son compte pour le meilleur et rien que pour le meilleur : « Je te trouve bien dominante mais je crois que je vais m’y habituer ».
Une nouvelle posture du féminin donc, qui donne lieu à des scènes de sexes très hot. Du point de vue de l’érotisme, le film fait indéniablement un bond depuis le premier épisode et n’a plus rien du film de charme cul-cul. Monsieur Grey qui cette année dévoile la naissance de ses poils pubiens, a troqué sa cordelette contre godes et plugs anal… C’est torride, d’ailleurs ces scènes sont les seules qu’on puisse saluer et qui font le job en parvenant à ravir et réveiller les spectatrices dépitées par le reste du film….

Il n’y aura rien d’autre à signaler donc concernant CINQUANTE NUANCES PLUS CLAIRES à part qu’on a de la peine pour Dakota Johnson et Jamie Dornan de s’être fait embarqués dans cette galère. On oubliera bien vite ce dernier volet et c’est dommage parce qu’on aurait voulu finir avec un feu d’artifices. Les fans se réjouiront quand même de la réussite des scènes de sexe et du happy-end digne ce nom.
Au revoir Christian et Anastasia Grey….

Sarah Benzazon

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Cinquante Nuances Plus Claires, un navet sexy féministe - Critique
Titre original : Fifty shades freed
Réalisation : James Foley
Scénario :Niall Leonard
Acteurs principaux : Jamie Dornan, Dakota Johnson
Date de sortie : 7 fevrier 2018
Durée : 1h46min
2.0Décevant
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Film bâclé scène trop rapproché déçu on reste sur notre fin