Dans son deuxième long métrage , la comédienne canadienne dresse le portrait punchy d’une jeune fille décomplexée et attachante.

CHARLOTTE A 17 ANS, dont le titre québécois original est Salope dans le bons sens du terme, est le 2ème long métrage de Sophie Lorain. On l’avait remarqué en comédienne dans le très émouvant C’est le cœur qui meurt en dernier, en compétition au FFA l’année dernière, dont le réalisateur Alexis Durand-Brault est ici le directeur de la photographie. On la découvre en réalisatrice affûtée, très à l’aise dans ce sujet de la jeunesse, pas complètement sortie de l’adolescence et pas encore entrée dans le monde adulte, n’en n’ayant pas encore compris les codes. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si la grande majorité des scènes se passent dans un magasin de jouets, où travaillent les trois amies pendant les fêtes.Photo du film CHARLOTTE A 17 ANSSi Charlotte () est le personnage principal, ses deux amies Mégane et Aube et leurs propres préoccupations ne sont pas oubliées. Joli film sur l’amitié entre filles, l’amour et la place de la sexualité, CHARLOTTE A 17 ANS interroge subtilement sur le regard des autres et la prise de conscience de l’impact de la réputation sur soi et son propre comportement. Charlotte, jeune fille décomplexée et pleine d’amour à donner, se remet doucement de l’annonce de l’homosexualité de son boyfriend. De son point de vue, aimer et faire l’amour, quelque soit le nombre de garçons qui finissent dans son lit, n’en font pas pour autant ce que certains appellent « une salope ». Romantique, elle découvre en parallèle de sa vie une vidéo de Maria Callas qui chante Carmen. Et ce qui est particulièrement réussi dans le film, c’est l’absence totale de vulgarité. Au contraire, ces sujets importants et fondateurs d’une sexualité adulte épanouie, sont abordés avec subtilité, fraîcheur, enthousiasme et humour. L’accent québécois et ses anglicismes empruntés à l’américain y sont évidemment pour beaucoup, rythmant agréablement les scènes, mais risquant aussi de déconcerter le public français en manque de traduction.

« CHARLOTTE A 17 ANS est un vrai petit bijou, très original et punchy à souhait, qui accompagne la belle évolution de personnages aussi attachants que lumineux. »

Les jeunes filles échangent ainsi avec les jeunes garçons du magasin, sur leurs attentes, leur vie amoureuse et sexuelle. En faisant habilement réfléchir au pouvoir de ce qu’ils nomment joyeusement « le pacte affectif », le film fait penser par certains côtés à La source des Femmes. Les groupes et les couples se créent et se défont, la séduction opère, les mésententes et les réconciliations sont légion. Une scène magnifique où la caméra passe d’un personnage qui joue au hockey à un autre, résume parfaitement la fluidité de ces relations. CHARLOTTE A 17 ANS est aussi une réussite esthétique et presque intemporelle, par le parti pris du noir et blanc. Et puis, à chaque fois que Charlotte avance en maturité, elle se tient face à la caméra, impliquant encore plus le spectateur empathique et charmé. CHARLOTTE A 17 ANS est un vrai petit bijou, très original et punchy à souhait, qui accompagne la belle évolution de personnages aussi attachants que lumineux. C’est notre deuxième coup de cœur de la Compétition !

Sylvie-Noëlle

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CHARLOTTE A 17 ANS, ôde à la jeunesse - Critique
Titre original : Charlotte a 17 ans
Réalisation : Sophie Lorain
Scénario : Catherine Léger
Acteurs principaux : Marguerite Bouchard, Denis Romane, Vassili Schneider
Date de sortie : NP
Durée : 1h29 min
4.0Punchy
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Gaétan Laprise
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Gaétan Laprise

Le titre original québécois est ; Charlotte a du fun. Je ne vois vraiment pas d’où vient l’autre titre que vous mentionnez !

Yannick
Rédaction

Apparemment, le titre US est « Slut in a Good Way » : https://en.wikipedia.org/wiki/Slut_in_a_Good_Way

Gaétan Laprise
Invité
Gaétan Laprise

Comme c’est un film québécois, je suppose (en fait ce n’est pas une supposition, c’est une certitude !) que le titre original est celui que la réalisatrice lui a donné ! CQFD. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophie_Lorain#Cinéma
Traduire en langue de France (on n’utiliserait probablement pas « salope » au Québec) un titre états-unien anglophone et lui donner l’épithète de « titre original »… est plus que tiré par les cheveux.
Le plus important ; je suis d’accord avec vous, c’est un film rafraîchissant :-)