Véritable phénomène littéraire et cinématographique aux Etats-Unis (le roman est sur la best seller list du magazine Time, tandis que le film a rapporté 10 fois son budget sur le sol américain), NOS ETOILES CONTRAIRES sort ces jours-ci en France. Si l’on s’attendait à un énième film racontant la romance compliquée de deux adolescents, force est de constater qu’il n’en est rien. Mature et très réfléchi, le film est à l’image du livre dont il est adapté. Sur fond de cancer, NOS ETOILES CONTRAIRES offre une véritable réflexion sur la mort, la maladie et la vie. Explications.

« Hazel Grace et Augustus Waters sont deux adolescents hors-normes, partageant un humour ravageur et le mépris des conventions. Leur relation est elle-même inhabituelle, étant donné qu’ils se sont rencontrés et sont tombés amoureux via un groupe de soutien pour les malades du cancer. »

Si le pitch n’est pas sensationnel, il faut bien reconnaître que le rendu à l’écran lui l’est. Notamment parce que les acteurs principaux, (The descendants, White bird in a blizzard) et (Carrie – la vengeance), étaient récemment sur les écrans dans Divergente, autre adaptation (bien moins réussie) d’un roman destiné aux jeunes adultes. Et par chance, les deux sont bien meilleurs ici que dans l’ersatz de Hunger games sorti en avril dernier.

Grâce à l’absence d’effets spéciaux grandiloquents, les deux acteurs ont enfin la possibilité de nous montrer qu’ils en ont et que leur talent n’est pas factice. Du coup, on se prend très vite au jeu, on s’attache rapidement aux deux et on finit par envier cette relation faite de quelques hauts et beaucoup de bas qu’ils vivent pleinement. Bien évidemment, l’humour dont fait preuve le personnage d’Augustus et la répartie de Hazel y sont pour beaucoup. Mais toujours est il qu’ici, à la différence de The spectacular now, comédie pour adolescents, on se sent concerné, intrigué. Et ce, même sans avoir (eu) de cancer et sans avoir de proche qui en a (eu) un. Un exploit, pour l’auteur (John Green), les scénaristes ( et ) et le réalisateur (, Stuck in love).

Photo du film NOS ETOILES CONTRAIRES

En choisissant de montrer pleinement et non de relater platement les bons moments comme les mauvais, NOS ETOILES CONTRAIRES se regardent comme le récit d’une relation amoureuse semblable à beaucoup d’autres. Un début chaotique mais non moins excitant. Des hauts et des bas où il faut s’accrocher. Une fin redoutée mais anticipée. Et tout l’intérêt du film/livre réside finalement dans le fait que, si les deux personnages vivent constamment avec la mort, personne ne peut prédire lequel d’entre eux partira en premier. De ce fait, le film n’est pas à voir comme un récit linéaire mais plutôt comme une possibilité parmi tant d’autres. Une possibilité qui n’est pas la meilleure, pas la plus joyeuse, pas la plus heureuse. Seulement une possibilité au cours de laquelle deux personnes se rencontrent, savent qu’elles se perdront tôt ou tard mais se lancent quand même.

Du coup, forcément, on est tenté de faire des parallèles avec une histoire qui nous est proche, qui est nôtre. Et c’est à cela que l’on reconnait les bonnes histoires: elles parlent à tous sans jamais s’adresser directement à certains. Si certains regretteront quelques longueurs/lenteurs, celles-ci sont, d’après moi, plus que bienvenues. Toutes les histoires d’amour ne peuvent être racontées en 90 minutes. Toutes les intrigues/complications ne peuvent être expédiées en 1 minute 30. Tous les moments de doute ne peuvent être gommés. A ce niveau-là, NOS ETOILES CONTRAIRES est un film sérieux, profond et incroyablement tangible. Bravo !

Un film sérieux, profond et incroyablement tangible.

Toutefois, sur un plan plus technique, le film de Josh Boone est loin d’être « une dinguerie », comme c’était annoncé pendant la campagne promotionnelle. La mise-en-scène est tout juste correcte : taille de plans convenue, mouvements de caméras basiques, composition banale, etc. Quant à la photographie, il n’y a pas de quoi s’extasier. Si chaque acteur est bien mis en valeur (merci le maquillage), les plans en extérieur sont loin d’être extraordinaires. Même pendant le voyage à Amsterdam. Un drame. La ville est grise, loin du romantisme ou de la décadence attendus.

Toutefois, ces « petits détails » sont (presque) oubliés grâce à des dialogues franchement bons et drôles et un casting qui s’en sort haut la main. Et pas uniquement Shailene Woodley et Ansel Elgort. Non, non. (The master) et (True blood) sont plutôt bons en parents aimants mais souvent dépassés. Sans parler de (Palo alto), brillant en ado déprimé et aveugle. Enfin, tendance actuelle oblige, le film a à sa disposition une bande originale remplie d’artistes branchés. Ces temps-ci. Dans un an, rien n’est moins sûr. Ainsi, on retrouve avec beaucoup de plaisir Ed Sheeran, Jake Bugg, Birdy, Tom Odell, Charli XCX ou encore M83. Du très bon certes, mais qui, on le sait, est surtout là pour mieux vendre le film et non l’histoire racontée.

Photo du film NOS ETOILES CONTRAIRES

En s’arrêtant quand il faut et non quand chacun le voudrait, NOS ETOILES CONTRAIRES offre à ses spectateurs une belle conclusion qui clôture un film dont le sous-texte devrait en faire réfléchir beaucoup parmi nous. Sans jamais se prétendre être une leçon de vie, le film est une réussite. Entre humour noir et pathos pur, le film de Josh Boone est bien plus qu’un divertissement, bien plus qu’une comédie romantique, bien plus qu’un drame. Si chacun sera touché différemment, rares sont ceux qui ne le seront pas du tout.

Wyzman 

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Yannick
Rédaction

Une Shailene Woodley juste épatante et bouleversante dans un film qui me paraissait être à la base passable et qui se révèle inévitable.
8/10