Le mois de décembre est synonyme de classements, de bilans, de listes, de résumés de faits plus ou moins marquants. Alors que l’année 2014 a été l’occasion pour nous de voir de nombreux films, de découvrir de nouveaux réalisateurs plus talentueux les uns que les autres et de croiser moult stars, petit retour sur 100 films qui ont marqué l’année, qui ont fait de 2014 un cru unique. Quelques petites précisons avant de se lancer : cet article ne contient que des films sortis en salle ou directement en DVD entre le 1er janvier et le 31 décembre 2014 et je vous présente d’ores et déjà mes excuses pour tous les chefs-d’œuvres non mentionnés.

Janvier. Commencer cet article sans évoquer Yves Saint Laurent de Jalil Lespert serait une énorme erreur. Beau mais classique, celui-ci était porté par un duo d’acteurs unique : Pierre Niney et Guillaume Gallienne. Les Oscars approchant, le mois de janvier a été l’occasion de voir Steve McQueen se muer en réalisateur mainstreamement brillant avec son 12 Years a Slave et de savourer tout le génie de Matthew McConaughey et Jared Leto dans Dallas Buyers Club. A côté de cela, The Spectacular Now est venu entamer « l’année Woodley« , tandis que le Nymphomaniac en deux parties de Lars von Trier en a dérouté plus d’un.

Février. C’est avec beaucoup de surprise que nous avons accueilli La Grande Aventure Lego. Film d’animation, comédie potache et récit initiatique à la fois, le film de Phil Lord et Christopher Miller ne nous a pas laissés insensibles. De même pour l’excellent Grand Budapest Hotel. Entre sa mise en scène atypique et son casting quatre étoiles, il était difficile de passer à côté. Gloria nous a bien tapé dans l’œil quand RoboCop n’était pas finalement pas si raté.

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Mars. Sans prévenir, Spike Jonze a balancé son chef-d’œuvre, j’ai nommé Her. Avec amour et justesse, le réalisateur de Dans la Peau de John Malkovich nous a livré l’un des plus beaux films de l’année, une fable sur la solitude moderne. A voir absolument. Chez les gros studios, Warner Bros a largué 300 : Naissance d’un empire, quand Disney a fait mouche avec Captain America : Le soldat de l’hiver. Deux grosses productions, de nombreux effets spéciaux et pas mal de trucs qui explosent en perspective. Côté films indé, James Gandolfini et Julia Louis-Dreyfus nous ont beaucoup fait rire dans All About Albert.

Avril. Oh qu’il était lourd ce mois d’avril ! Entre Nebraska, Eastern Boys et Dancing in Jaffa, nous en avons eu pour notre argent. Toutefois, si l’on avait pu ne garder que ces trois-là, peut-être aurions nous échapper à l’horrible Divergente, au confus Noé, au très chiant Brick Mansions ou encore au basique The Amazing Spider-Man 2. Ceci dit, c’est également en avril qu’ont débarqué Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu?, Babysitting, Barbecue et que l’on a respiré devant States of Grace. Rien que ça ! Enfin, « l’année Dolan » a démarré avec le thriller très spécial Tom à la ferme, prétexte à la création du duo homo-érotique Xavier Dolan/Pierre-Yves Cardinal.

Mai. Qui dit mois de mai dit festival de Cannes. Et ça n’a pas loupé ! Grace de Monaco nous a surpris par son manque total d’intérêt, Julianne Moore a transcendé Maps to the Stars quand Deux jours, une nuit nous a rappelé à tous que Marion Cotillard pouvait être une bonne actrice. Enfin, côté blockbusters, on s’est fâché devant Godzilla, on a aimé Maléfique et Bryan Singer a enfin rendu ses lettres de noblesse aux X-Men avec Days Of Future Past.

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Juin. En voilà un mois bien hétérogène. Il y a eu la déception Palo Alto, adaptation d’un recueil de nouvelles de James Franco, l’excellent Poings contre les murs avec la révélation Jack O’Connell et le dernier film de SF de Tom Cruise, Edge of Tomorrow. A côté de ça, le film de commande Jersey Boys de Clint Eastwood nous a bien refroidis, Triple Alliance était trop grotesque pour nous et Under the Skin a sublimé le corps de Scarlett Johansson.

Juillet. Contre toute attente, l’été a amené avec lui de très bons objets cinématographiques. Dragons 2 ? Génial ! Coldwater ? Vraiment bien ! Mister Babadook ? Excellent ! Moins discutés peut-être, Locke et New York Melody nous ont beaucoup plu. Presque autant que Boyhood, un film dont on entendra beaucoup parler aux prochains Oscars. Changement de décors avec Transformers : l’Âge de l’extinction aussi indigeste que soporifique et La planète des singes – l’affrontement qui n’a pas fait l’unanimité. Sans rapport, Fastlife aura davantage fait rire les critiques que le public.

Août. Est-il vraiment nécessaire que je m’arrête sur la catastrophe Lucy, le pas si drôle Nos chers voisins ou encore le plombant Winter Sleep ? Non, c’est préférable. Parlons plutôt du parfaitement adapté Nos étoiles contraires, du très charmant Rôle de ma vie et des incroyables Gardiens de la galaxie. Tour à tour, ces films nous ont offert larmes et fous rire. Un vrai régal ! De même pour Les Combattants, Sils Maria ou l’Enemy porté par la star Jake Gyllenhaal. En revanche, pas de grosse innovation dans ce 22 Jump Street et cet Expendables 3 n’a jamais vraiment décollé. Sans parler de ce Hercule un tantinet barbant.

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Septembre. Mois de rentrée, sorties déjà bien oubliées. Je vous rafraichis donc la mémoire : c’est en septembre que l’on a ouvert les yeux devant Hippocrate, que l’on est (encore) tombé amoureux de Gemma Arterton dans Gemma Bovary, que l’on a voulu dormir face à 3 Cœurs et que Sin City : J’ai tué pour elle nous a déçus. Cela étant, c’est aussi en septembre que l’on a décidé d’intégrer le lobby LGBT suite à Pride, que l’on a parlé grossesse et avortement avec Obvious Child, que Bertrand Bonello nous a donné à voir beaucoup de chair dans son lent, long mais sensuel Saint Laurent et que Elle l’adore nous a rappelé que Sandrine Kiberlain était franchement fun. Bref, un mois de septembre intense et unique.

Octobre. Un seul mot : Wahou ! Entre Mommy, Gone Girl, White Bird, Magic in the Moonlight et Fury, les réalisateurs étrangers nous ont vraiment bien gâté. Xavier Dolan a enfin réalisé un film abouti et proche du chef-d’œuvre. David Fincher, lui, nous en a livré un de véritable chef-d’œuvre, le tout servi par un Ben Affleck correctement mis à nu et une Rosamund Pike brillante. Gregg Araki est revenu par la grande porte tandis que Woody Allen nous a offert un jolie comédie en attendant son prochain grand film. Enfin, David Ayer a monté un bon gros film de guerre comme on les aime. A côté de ça, je reconnais m’être bien moqué de l’absurdité des Ninja Turtles, avoir regretté l’absence d’effet Intouchables pour Samba (« seulement » 3 millions d’entrées) et être resté perplexe devant cette blague qu’était Annabelle. Mais n’oublions pas Le Labyrinthe, ce film qui, sous ses airs d’ersatz de Hunger Games, s’en est beaucoup mieux sorti que Divergente ! Seul bémol : ce Bande de filles porté par de très bonnes actrices mais dont je ne retiendrai – comme beaucoup – que le « Diamonds » de Rihanna.

Novembre. Du très bon et du très mauvais. Serena aurait mérité de ne jamais sortir. The Search était bien inégal. Eden était un chouia trop gentil. Paradise Lost n’a brillé que par la prestation de Josh Hutcherson. Quant à Une nouvelle amie, sa conclusion était invraisemblable. En revanche, Love is strange était une belle leçon de tolérance, Jack O’Connell crevait l’écran dans ’71 et Astérix : Le Domaine des dieux est de loin la meilleure adaptation de l’univers de Goscinny et Uderzo à ce jour. Petit point Night Call : il est évident que Jake Gyllenhaal mérite un Oscar… Avec Interstellar nous avons pas mal plané et Hunger Games : La révolte – partie 1 a divisé.

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Décembre. C’est déjà la fin ? Presque, malheureusement. Avant de découvrir l’énorme Exodus et le brillant Whiplash (que vous devez impérativement voir), nous en avons vu des films. La French a plu à presque 1M d’entre nous tandis que Paddington nous a mis en bonne condition pour les fêtes de fin d’année. La famille Bélier nous a fait rire, de même pour Dumb & Dumber De, à l’inverse de ce Comment tuer son Boss 2 qui était à jeter et de Timbuktu qui nous a perdus en plein désert. Dommage. Par chance, Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées a refermé une saga vieille d’une décennie, le subtilement interprété A Most Violent Year nous a fait craquer, quand Abel Ferrara nous aurait presque fait oublier son ignoble Welcome To New York balancé sur la Toile en mai avec le sulfureux Pasolini.

Et voilà… 99 films. Sans que l’on s’en rende compte, 2014 est déjà terminée. 365 jours se sont écoulés et des centaines de films sont sortis sur nos écrans. Nous en avons vu autant que nous avons pu mais certains demeureront toujours inconnus au bataillon. C’est injuste, mais c’est la vie. Si en 2014 mon cœur a battu la chamade devant Her, puis Gone Girl et enfin Night Call, c’est finalement The Normal Heart qui a retenu toute mon attention. Outre son sujet toujours d’actualité et son casting anormalement excellent, le film de Ryan Murphy aurait mérité plus d’attention. Vraiment plus !

Internautes, blogueurs ou simples cinéphiles, c’est avec vous que je referme cette très belle année. Vive le cinéma, vive 2014 et à nous deux 2015 !

[rétrospective] 2014 EN 100 FILMS

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