Avec JUILLET AOÛT, fait un véritable grand écart. Après Un Français qui suivait le parcours d’un skinhead repenti, le réalisateur a décidé de s’intéresser à une famille bourgeoise recomposée. C’est les vacances d’été. Laure et Joséphine, deux sœurs de 14 et 18 ans, les passeront dans le sud avec leur mère et son nouveau compagnon, puis en Bretagne chez leur père. La question du divorce, les amours de vacances, l’adolescence et la puberté, mais également les difficultés financières ou encore l’attente d’un nouvel enfant, il y en a pour tout le monde. Mais à vouloir traiter d’un peu de tout, Diastème ne va justement jamais dans le fond des choses avec JUILLET AOÛT, et se contente de peu. Restant dans la distance sur chaque élément qui compose son histoire, il ne fait qu’accumuler les clichés. Et même si, pris à part, ces clichés pourraient rester plus ou moins plausibles, cette addition devient rapidement grossière jusqu’à plonger le film dans une œuvre banale et sans personnalité.

Photo du film JUILLET AOÛT

Il y avait pourtant de quoi offrir une comédie familiale pas désagréable. Ne serait-ce qu’en voyant la qualité des dialogues proposés, parvenant à retranscrire avec honnêteté la réalité de la vie de chaque personnage. Principalement avec Laura (très juste et convaincante Luna Lou). L’adolescente typique, Dr. Martens aux pieds et veste en cuir sur le dos, prête à mettre le feu à la boîte aux lettres pour empêcher que soit découvert son bulletin scolaire. Manque de confiance en soi, sentiment d’être incomprise ou simplement abandonnée, les émotions de Laura partent évidemment dans tous les sens. Et sa relation avec sa sœur Joséphine devient alors une des rares qualités du film. Diastème parvenant à capter toute la complexité de leurs rapports à travers une scène, lorsque Laura, en pleurs, retrouve sa sœur en lui lâchant un cri de détresse : « Mais pourquoi t’es jamais là ? ».

Mais bien que les intentions soient bonnes de la part du réalisateur, à défaut de rester dans la simplicité, il se perd dans une histoire d’amour (entre Joséphine et un bellâtre sans intérêt), avec dans le fond une affaire de vol de bijou peu crédible. Dès lors tout ce qui pouvait faire le charme de JUILLET AOÛT s’efface doucement en raison d’un manque de traitement. Il n’y a qu’à voir cette situation prometteuse, d’une mère enceinte à 44 ans, dont la nouvelle vient chambouler la vie de toute la famille. Du moins pour un instant seulement. Après le soutien apporté par Joséphine et l’incompréhension de Laura, on s’attendrait à voir le père des filles réagir en découvrant la chose. Au contraire, Diastème préfère désamorcer toute possibilité dramatique, nous gardant ainsi dans un confort plan-plan et monotone.

« Sans être totalement désagréable, JUILLET AOÛT reste avant tout très fastidieux. »

Ne s’intéressant pas tant que cela à ses personnages et ne faisant rien de leurs problèmes (on se demande par exemple à quoi bon évoquer les soucis d’argent de Michel, le beau-père des filles), et donc de leur évolution, Diastème empêche finalement toute émotion et réelle empathie. Chacun des protagonistes pouvant se substituer les uns aux autres. Relativement impersonnel, autant dans son récit que dans sa réalisation, JUILLET AOÛT tombe alors petit à petit dans l’ennui. Sans être totalement désagréable, JUILLET AOÛT reste avant tout très fastidieux. D’autant plus que cette tentative de mêler la vie adolescente et la vie adulte a déjà été vue, en mieux, ailleurs. A l’image, par exemple, de Liberté-Oléron de Bruno Podalydès qui faisait le choix d’un ton tragi-comique presque burlesque, ou bien du mythique La Boum (1980), dont les thématiques étaient traitées avec pertinence et profondeur. Tout ce qu’il aura manqué dans ces vacances d’été offertes par JUILLET AOÛT.

Pierre Siclier
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