LE PRODIGE nous plonge dans le sport des , un combat de deux esprits où dès le quatrième coup les combinaisons se comptent par milliards. Contrairement au Tournoi d’Elodie Namer sorti cette même année, LE PRODIGE relate des faits historiques.

Bobby Fischer () présente un don très précoce pour les échecs, un jeu dans lequel il se réfugie lorsque le monde extérieur semble l’agresser. Véritable obsession, la victoire absolue sera son unique objectif. Très vite repéré dans le contexte de la guerre froide, Bobby Fischer accepte de jouer sa réputation face aux Grands Maîtres russes. Son objet d’admiration, le champion du monde Boris Spassky (Liev Schreiber) devient alors son plus grand ennemi.

Les enjeux politiques et personnels ne cessent de monter jusqu’aux deux tiers du film, avant un mystérieux et inexplicable relâchement. Quelque chose a changé dans le regard du personnage principal, mais cela nous restera à tout jamais inaccessible. LE PRODIGE effleure les soubassements de la folie comme du génie, sans s’aventurer à donner une raison à l’une ou l’autre. Le film refermé, le mystère de l’esprit de Bobby Fischer demeure. Nous passons à côté de Bobby Fischer, son intériorité n’étant pas communicable. L’impression demeure toutefois d’avoir côtoyé l’espace de deux heures un esprit remarquable, à l’image de Russel Crowe dans Un homme d’exception.

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Le final pourra décevoir, mais ce n’est pas au réalisateur Edward Zwick qu’il faut s’en prendre, il est resté au contraire très fidèle à son sujet. Relatant de près les faits historiques, le film n’a d’autre choix comme bon nombre de biopics à rejoindre le documentaire par quelques images d’archives et des intertitres nous donnant les dernières informations sur Bobby Fischer en guise d’épilogue. La fin n’aura donc rien d’un dénouement classique, mais ressemblera plutôt à une sortie de route.

LE PRODIGE est essentiellement à voir pour la prestation de ses acteurs. La confrontation centrale entre Bobby Fischer et Boris Spassky est très classique, mais permet aux deux acteurs Tobey Maguire et Liev Schreiber de livrer des performances remarquables. Au point de bascule évoqué plus haut, la folie semble un temps changer de camps, rendant à ces personnages très cérébraux une humanité pleine et entière. Comme l’évoque le prêtre qui sert de mentor à Bobby Fischer, il y a quelque chose d’insondable dans ce jeu qui peut vous amener au bord de l’abime.

« LE PRODIGE effleure les soubassements de la folie comme du génie, sans s’aventurer à donner une raison à l’une ou l’autre. Le film refermé, le mystère de l’esprit de Bobby Fischer demeure. »

Plus que ce qu’ils pensent, les joueurs d’échecs du film de Edward Zwick sont ce qu’ils font. Jour après jour, décennie après décennie, ils ne cessent de répéter les mêmes gestes, sans jamais réfléchir à autre chose, peu-être même jusque dans leurs rêves. Une entreprise infinie, car il y aurait plus de coups possibles que de galaxies dans l’Univers.

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INFORMATIONS

affiche le prodige

Titre original : Pawn sacrifice
Réalisation : Edward Zwick
Scénario : Steven Knight d’après le livre de Stephen J. Rivele
Acteurs principaux : Tobey Maguire, , , , ,
Pays d’origine : USA
Sortie : 16/09/15
Durée : 114mn
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Synopsis : Un jeune prodige des échecs est destiné à un grand avenir : devenir champion du monde et battre les russes en pleine guerre froide.

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