Il faut d’abord rappeler que PIXELS est l’adaptation en long-métrage d’un court (génial) de quelques minutes signé Patrick Jean, qui voyait New-York se faire attaquer par les icônes des jeux vidéo d’antan (Pac Man, Donkey Kong, les blocs Tetris…)
Un scénario qui ne peut évidemment pas tenir la route sur une heure trente, bien qu’il soit agrémenté d’une plutôt bonne mise en situation, et d’une certaine sincérité. En fait c’est peut-être le coté ouvertement WTF de celui-ci qui maintient l’ensemble, fait oublier la mise en scène pataude de Chris Colombus (rythme étrange; mauvaise utilisation d’excellents effets spéciaux) ou l’interprétation sans relief des comédiens.

« Malgré ses nombreux défauts, le film paraît réussi car il assume pleinement son statut de divertissement estival : décérébré, mais sincère »

Peut être faudrait-il chercher l’intérêt de PIXELS dans une sorte de lien sociologique entre trois époques, trois générations;

Celle des années 80, qui découvre le jeu vidéo par son début, c’est à dire lorsqu’il était encore visuellement réduit à quelques pixels capables de transmettre une émotion, une motivation – dans le cas du film, le divertissement, la compétition, le lien social;
Celle des années 90, représentée par l’esthétique Colombus ; un réalisateur cherchant tantôt à insérer du merveilleux dans l’enfance (les Maman j’ai raté l’avion ou les 2 premiers Harry Potter), ou tantôt à réhabiliter des personnages de Peter Pan adultes – Robin Williams (lol) dans Mrs Doubtfire ou ici, Adam Sandler et Josh Gad.
Chris Colombus, 57 ans, poursuivit sans jamais l’atteindre ce feeling typiquement Spielbergien cherchant longuement l’empathie quitte à perdre en rythme et à se priver de toute crédibilité. PIXELS souffre du même syndrome qualités/défauts; Le rythme rétro des 90’s dessert le film mais permet également une certaine dose de merveilleux, présente à travers cette nostalgie assumée et le respect de l’univers des personnages.
Ce qui nous amène aux années 2000. On peut également voir PIXELS comme une volonté de transmettre, par une représentation très contemporaine du cinéma de divertissement (effets spéciaux réussis, scénario SF issu de l’inconscient collectif, entre invasion alien et destruction massive de mégalopole), un discours sincère sur une époque révolue ou la découverte et l’émerveillement faisaient encore partie du quotidien.

Pixels1

Difficile de pardonner l’élongation de scènes qui n’ont pas grand chose à raconter, la mise en scène peu spectaculaire malgré la qualité des effets spéciaux, l’humour vraiment peu efficace, la morale gnangnan à base de « crois en toi / accroche-toi à tes rêves », ou le manque d’implication des comédiens (à part peut-être Peter Dinklage qui en fait des tonnes mais parvient à imposer un minimum de singularité, tous semblent là pour réciter leur partition habituelle)

Malgré tout, PIXELS demeure tout à fait respectable en cela qu’il constitue une véritable prise de risque dans le lancement d’une licence ne se raccrochant à presque rien (un court-métrage), et assumant pleinement son statut de divertissement estival: décérébré mais sincère et efficace.


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LES AUTRES SORTIES DU 22 JUILLET 2015

INFORMATIONS

Pixels (4)
TRAILER #2
– TRAILER #1
– 5 posters pour PIXELS
 PIXELS, l’adaptation ciné du court de PATRICK JEAN

Titre original : Pixels
Réalisation : Chris Colombus
Scénario : Timothy Dowling, Tim Herlihy, Adam Sandler, d’après le court métrage de Patrick Jean
Acteurs principaux : Peter Dinklage, Adam Sandler, Michelle Monaghan, Kevin James, Brian Cox
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 22 juillet 2015
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Synopsis : Des experts en jeux vidéo sont recrutés par l’armée pour combattre des personnages de jeux vidéo des années 1980 qui attaquent New York.

BANDE-ANNONCE