Affiche du 32ème Festival International du Film d'Amiens

Le JOUR 7 du Festival International du Film d’Amiens vient de sonner minuit. Au programme : un petit retour sur les films diffusés dans la journée, le topo sur les thématiques de cette 32e édition et la remise des prix.

  •  LA JOURNEE EN BREF

Côté affluence, comme l’a sougliné le président du jury lors de la cérémonie de clôture : « ça fait plaisir de voir autant de gens venir pour le cinéma, au point de voir des gens assis sur les marches pour voir un film ». Mehdi Charef a très bien résumer avec ces quelques mots l’affluence générale de cette 32e édition du Festival International du Film d’Amiens. Le public a répondu présent en masse pour bouffer du cinéma comme pas possible dans une semaine normale. Ca n’arrive qu’une fois dans l’année, et c’est le moment d’en profiter.

Du côté des films que j’ai pû voir durant cette dernière journée de festival, un film qui confirme le grand talent de Jeff Nichols. Découvert il n’y a pas si longtemps, il commence à imposer sa patte et son cinéma pour surement finir dans quelques années parmi les plus grands. Son film Shotgun Stories est très agréable et très captivant à voir. On ne se lasse jamais des conflits dans l’histoire et on se régale à voir Michael Shannon, acteur fétiche du cinéaste, à l’oeuvre. Jeff Nichols prend du recul ici sur toute influence de western, chronique familiale et tragédie. Jeff Nichols se fout des grands duels et le spectacle de la violence pour créer une mise en scène autour de la complexité de l’être humain et de l’instant charnel.

Enfin, j’ai pu voir un quatrième film croate intitulé Rondo. Ce film arrive à la fois à être simple dans son histoire mais complexe dans sa manière de la traiter. C’est de là qu’on comprend que Zvonimir Berkovic nous a offert un classique du cinéma croate. Cette façon de répéter une situation à l’infinie, en changeant le décor et l’ambiance fait de ce film une narration cinématographique empruntée au « rondo » : une forme musicale ternaire. On pourrait décrire ce film avec un rythme musical, la valse des personnages entre leurs caractères et leurs intentions dans un triangle amoureux.

 

  •  LE TOPO DES THEMATIQUES

Revenons un peu sur les thématiques abordées par cette 32e édition. Premièrement, il y avait Claude Sautet et l’intégrale de ses films. On ne pouvait pas passer à côté de Mado ou César et Rosalie ou même ses autres films dans lesquels on retrouve une certaine continuité. Plusieurs plans avec des objets bien précis sont des références à ses précédents films, les personnages sont souvent les mêmes au niveau du caractère. Comme le disait Claude Sautet, ses films parlent à sa place et les personnages et situations lui ressemblent plus qu’un portrait sur un tableau.

Ensuite, le festival rendait hommage à Raoul Peck. Avec ses fictions saisissantes ainsi que ses documentaires assez discutables. Le plus intéressant dans cet hommage et ses films personnels, c’était la Masterclass où le public a eu le privilège d’avoir une lecture brève et des informations croustillantes sur son prochain film intitulé Le jeune Karl Marx dont le scénario vient juste d’être terminé. Don’t be jealous.

Enfin, d’autres hommages ont été faits. Des hommages qui ont moins fait de bruit et dont un où je n’ai pu trouver du temps : le directeur de la photographie argentin Ricardo Aronovich (où, d’après quelques extraits, sait manier l’esthétique comme un grand visionnaire). Concernant un autre hommage, celui envers le réalisateur croate Vatroslav Mimica. Considéré comme une légende vivante en Croatie et trop méconnu à l’étranger. C’est bien dommage car, par exemple, son film L’évènement est une claque.

Pour rester en Croatie, le cinéma de ce pays va ravir les amateurs de cinéma d’auteur. Comme par exemple, il faut découvrir au plus vite Rondo (cité plus haut), Train sans horaires de Veljko Bulajic ou La patrie perdue de Ante Babaja (un film que je qualifierais de Marcel Pagnol croate). Sans oublier le Kaja je vais te tuer ! De Vatroslav Mimica que je n’ai pas eu la chance de voir mais qui a énormément plu au public, d’après de nombreux retours.

Il y avait également les 60 ans de Positif qui proposait 6 films américains de Paul Thomas Anderson, Robert Altman, Clint Eastwood, Jeff Nichols, les frères Coen et Sydney Pollack. Un bon cycle qui a fait envie à de nombreuses personnes qui se sont précipités pour cette thématique « amis américains ».

De plus, on aura pu y voir un festival qui aime le cinéma de genre. Un festival qui sait attirer tout type de public : un thème « plein sud » avec que des films d’Amérique du Sud, un thème « Afrique » ou encore la rétrospective des meilleurs films d’horreurs britanniques depuis 2002. Je ne citerais que Triangle ou Creep de Christopher Smith (qui était présent) ou encore le légendaire Shaun of the dead.

Au-delà aussi des séances pour le jeune public, il y avait des invités de prestige. Juste pour citer leurs noms, il s’agissait des actrices Hanna Schygulla et Anouk Aimée. Et oui, rien que ça. Et dire que l’acteur Michel Piccoli avait dit oui mais qu’il était en plein tournage… Sans parler des documetaires « cinéphiles de notre temps » qui est un total de films très passionnants sur la cinéphilie et son évolution. Le coffret DVD est déjà disponible !

  •  LA CEREMONIE DE CLOTURE

J’en viens maintenant à la cérémonie de clôture avec la remise des prix. Rien de flagrant durant cette cérémonie, il y a juste eu la remise des prix avec quelques mots des récompensés. Voici la liste du palmarès officiel accompagnés de photos :

Prix de la FEMIS : Protestation VI (Rolando Colla)

Le jury pour les films FEMIS
Le jury pour les films FEMIS

Prix du Moyen-Métrage : La part céleste (Thibaut Gobry)

Prix du Court Métrage d’Animation : Oh Willy (Marc Roels & Emma de Swaef)

Prix du Public Court Métrage d’Animation : How to raise the moon (Anja Struck)

Prix du Public Long Métrage : A Virgem Margarida (Licinio Azevedo)

Photo du réalisateur avec son prix

Le jury international est arrivé sur scène :

De gauche à droite : Catherine Ruelle, Leila Kilani, Michel Abramovicz, Mehdi Charef

Prix de la commune d’Amiens : Yema (Djamila Sahraoui)

Photo de la réalisatrice avec son prix

Prix spécial du Jury : Công Binh – La Longue Nuit Indochinoise (Lam Lê)

Photo du réalisateur avec son prix

Mention Spéciale du Jury : Eat Sleep Die (Gabriela Pichler)

Prix de l’Interprétation Féminine : Anemone Valcke pour Offline (Peter Monsaert)

Photo de l’actrice avec son prix

Ex-Aequo avec : Nermina Lukac pour Eat Sleep Die (Gabriela Pichler)

Prix de l’Interprétation Masculine : Wim Willaert pour Offline (Peter Monsaert)

Photo de l’acteur avec son prix

La Licorne d’Or / Grand Prix : Offline (Peter Monsaert)

Photo du réalisateur avec son prix

Licorne d’Honneur : Ricardo Aronovich (directeur de la photographie, Argentine)

Photo du chef opérateur avec son prix

Voilà qui en est terminé avec cette 32e édition du Festival International du Film d’Amiens. Quand ça démarre, on est heureux. Quand c’est fini, on est triste car ça n’était qu’une semaine passée très vite. Mais cela ne m’a pas empêché d’avoir vu 31 films en 7 jours. Non, je ne ressemble pas à un zombie. J’ai bouffé des films… enfin non, j’ai bouffé du grand Cinéma.

[source]

[FIFA2012] 32ème Festival International du Film d’Amiens – Cérémonie de clôture

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