On vante souvent le cinéma coréen pour sa liberté d’expression et son regard critique sur sa société. Pourtant on apprend ce jeudi par l’AFP que de nombreux artistes (du cinéma mais aussi de la musique, de la littérature…) ont porté plainte contre la présidente destituée Park Geun-hye, pour avoir été placés sur une « liste noire ». Une liste qui viserait à supprimer les aides publiques et soutiens financiers pour certains artistes, obligés de « se censurer pour éviter d’être qualifiés de “gauchistes” et traités de façon injuste par l’Etat, ou de faire l’objet de surveillance ». Parmi cette liste, se trouve par exemple Park Chan-wook pourtant le cinéaste le plus populaire à l’étranger. De quoi apporter un autre regard à Mademoiselle, sa dernière réalisation sortie il y a quelques mois.

Cette plainte arrive donc dans la foulée de la destitution de Park Geun-hye, fille du dictateur Park Chung-hee, lui qui en son temps (1961 à 1979), soumit la presse et le monde des spectacles à une forte censure. La présidente fut démise de ses fonctions il y a près d’un mois en raison d’une affaire de corruption, tout comme l’ancienne ministre de la culture Cho Yoon-sun et l’ex-directeur de cabinet de la présidente Kim Ki-choon. Une série de révélations qui sonne comme un retour en arrière et un choc pour un pays qui s’est grandement développé culturellement depuis plusieurs années. Il sera en tout cas bon de juger et de comparer, pour notre part, les œuvres cinématographiques coréennes actuelles aux productions post Park Geun-hye.

Pierre Siclier

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