Le cinéma de MARTIN SCORSESE fera l’objet d’une certaine dissection, à l’intérieur de la riche programmation du festival Lumière.

En supplément des différentes sélections parallèles, de la carte blanche accordée au cinéaste aux réalisateurs l’ayant influencé (Kurosawa, Duvivier, etc.), une rétrospective du cinéma de MARTIN SCORSESE sera évidemment à l’honneur. Nous vous proposons donc d’extraire l’essence de son cinéma, à travers l’analyse des œuvres majeures de sa filmographie, de son tout premier long Who’s That Knockng at my door à l’un de ses derniers: Hugo Cabret.

Notre portrait de MARTIN SCORSESE

Ayant découvert MARTIN SCORSESE avec le début des années 2000 et ses films avec Di Caprio, je résumais l’auteur à un cinéaste doué pour filmer des gens qui se butent entre eux, et pour nous immerger dans des univers mafieux ou parfois dans la psychologie de personnages… Mais à reprendre du début, je me rends compte que Scorsese, représente BIEN PLUS que cela.
Scorsese, c’est également un réalisateur sensible développant avec cohérence et continuité de nombreuses obsessions très personnelles. Ainsi sa carrière de metteur en scène de long-métrages peut se diviser en deux parties très riches, avec Les Affranchis en point d’orgue.

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En premier lieu, il y a dans le cinéma de Scorsese une fascination pour le rapport hommes/femmes. Le metteur en scène le présente sans ambiguïtés dès son premier film Who’s That Knocking at my door: pour lui et ses valeurs italo-américaines centrées sur la religion et la famille, la femme ne peut être qu’une Maman ou une Broad, putain en français.
Machiste et binaire, ce postulat n’en n’est pas moins source d’interrogations pour le réalisateur. Il le déclinera à travers de beaux portraits de femmes et/ou ces auscultations de relations amoureuses, dans chacun des films suivants jusqu’à La Valse des Pantins avant de laisser sensiblement ce sujet de coté.
Alice n’est plus Ici, est de ce point de vue l’un des films les plus fascinants, tant par l’émotion qui en émane que cette empathie dont fait preuve le réalisateur envers la condition de la femme, à l’intérieur d’une société assez réductrice.

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Les premiers films du réalisateur nous immergent donc dans un quotidien, pour mieux servir un discours intime et personnel sur un certain déterminisme. À partir de Taxi Driver, Scorsese cherchera plutôt à assimiler l’intime au reflet d’une société en péril et pleine d’interrogations. La psychologie du personnage devient centrale, et Robert de Niro commence à personnifier les obsessions du cinéaste. De ces associations naissent trois films MAJEURS du 7è art: Taxi Driver, Raging Bull et La Valse des Pantins; chacun ayant laissée une trace indélébile dans l’inconscient collectif pour une raison différente. Le premier dans son exhaustivité sociétale à travers l’intime, la psychologie et la ville-personnage de New York, le second par cette façon unique de montrer un parcours psychologique exclusivement par la mise en scène, l’image et une personnification de l’obsession nommée Jake La Motta, et le dernier dans cette adéquation dérangeante entre folie, intime, héritage culturel et rapport à l’image.
À noter que la mise en scène Scorsese-ienne atteint son paroxysme avec Raging Bull, donnant le cahier des charges des gimmicks de son cinéma et générant de nombreux followers/copycats – Fincher, Tarantino et O. Russell en tête.
Quant aux influences, difficile d’être exhaustif sur ce point, vue la cinéphilie hardcore de . Kurosawa, Powell/Pressburger, Fukasaku, Duvivier, Melies, Hitchcock, ou Hawks seront peut-être les références les plus évidentes du réalisateur… Pour les autres, gageons que leurs influences sur son oeuvre ont été considérablement digérées par la personnalité de l’auteur.

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Nous parlions plus haut de valeurs centrées sur la religion et famille… Pourtant ces deux motifs se font assez discrets dans cette première partie de filmographie. La Dernière tentation du Christ sera l’occasion de parler du premier point; savoir que Scorsese aspirait à devenir prêtre avant de se tourner pleinement vers le cinéma permet d’imaginer les questionnements existentiels qui travaillèrent l’auteur au moment de trouver sa vocation, questionnements d’ailleurs illustrés métaphoriquement par le climax de ce film. Puis, à scruter l’oeuvre du cinéaste, on voit souvent revenir le thème très christique de la rédemption; cette présence subtile de la religion atteste de l’ancrage de celles-ci dans les valeurs italo-américaines du réalisateur, ainsi que son profond respect pour celle-ci. 

Quant à la famille, son arrivée au premier plan dans Les Affranchis marque une nouvelle ambition dans le cinéma de Scorsese: celle du divertissement d’auteur centré autour de son récit. Présenter une famille par le détail, nous immerger dans son organisation et son fonctionnement; raconter en parallèle un récit d’ascension et de déchéance, et déconstruire le mythe familial via une certaine violence… Ces motifs, embryonnaires dans Mean streets seront ensuite récurrents dans la seconde partie de la filmo de Scorsese bien que les contextes, intrigues et ambitions des différents films soient résolument éloignés.

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En donnant les pleins pouvoir au récit tout en continuant à explorer quelques unes de ses thématiques personnelles; le microcosme italo-américain prend une ampleur mythologique qui sera déclinée plus tard dans le non moins excellent Casino. Par extension, on pourrait même considérer Gangs of New York, Les Infiltrés, Boardwalk Empire et Le Loup de Wall Street comme des épisodes ou même carrément des saisons vu leur richesse, d’une série TV sur les mafias. Italo-américaines, Irlandaises, pègre et enfin traders; le changement de décor masque à peine l’ambition commune : explorer et déconstruire un thème précis. Ce fut la famille dans Les Affranchis, c’est l’affectif dans Casino. Ce sera la transmission/filiation, la dualité, la politique et l’économie dans les quatre suivants !

En parallèle de cet univers mafieux, Scorsese alterne avec d’autres films  à l’ambition moindre, mais de très grande qualité. Les nerfs à vif est ainsi un pur divertissement centré sur ses personnages et son scénario (à l’instar des Infiltrés) on en retiendra surtout le génial bad guy interprété par Robert de NiroLe Temps de l’innocence nous immerge dans le New York aristo de fin 18e siècle, via un classieux triangle amoureux; Aviator marquera le retour au portrait psychologique inscrit en filigrane d’une époque – sans toutefois pleinement convaincre, Di Caprio n’étant pas Robert De Niro; Shutter Island abordera également le portrait psychologique d’un point de vue polardeux, et enfin Hugo Cabret sera un hommage naïf mais très sincère au cinéma et à ses illustres maîtres (notamment Georges Méliès); le film est ainsi respectueux et jamais cynique ou orgueilleux comme pouvaient l’être La Valse des Pantins ou Les Nerfs à Vif.

Au final, il est important de considérer MARTIN SCORSESE à travers l’ensemble de sa carrière et non pas seulement quelques uns de ses films. L’auteur développe ainsi avec une cohérence inouïe de nombreuses thématiques personnelles, tout en révolutionnant patiemment le 7e art par sa mise en scène coup de poing et immersive au service d’explorations psychologiques ou de divertissements riches et stimulants.

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LES INFILTRÉS (2006)

Affiche du film LES INFILTRÉS

CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : The Departed
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : William Monahan, d’après Infernal Affairs
Acteurs principaux : Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Alec Baldwin, Mark Walhberg, Ray Winstone, Martin Sheen
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie: 29 novembre 2006
Durée : 2h30min
Distributeur : TFM Distribution
Synopsis : A Boston, une lutte sans merci oppose la police à la pègre irlandaise. Pour mettre fin au règne du parrain Frank Costello, la police infiltre son gang avec « un bleu » issu des bas quartiers, Billy Costigan. Tandis que Billy s’efforce de gagner la confiance du malfrat vieillissant, Colin Sullivan entre dans la police au sein de l’Unité des Enquêtes Spéciales, chargée d’éliminer Costello. Mais Colin fonctionne en « sous-marin » et informe Costello des opérations qui se trament contre lui…

« LES INFILTRÉS est un pur divertissement porté uniquement par la puissance de son scénario, l’interprétation, et la mise en scène emblématique de Scorsese… »

Les Infiltrés

 

CASINO (1995)

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CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : Casino
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Martin Scorsese, Nicholas Pileggi
Acteurs principaux : Robert De Niro, Sharon Stone, Joe Pesci
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie: 13 mars 1996
Ressortie : 14 octobre 2015
Durée : 2h58min
Distributeur : Mission
Synopsis : En 1973, Sam Ace Rothstein est le grand manitou de la ville de toutes les folies, Las Vegas. Il achète et épouse une virtuose de l’arnaque, Ginger Mc Kenna, qui sombre bien vite dans l’alcool et la drogue. Mais un autre ennui guette Sam, son ami d’enfance Nicky Santoro, qui entreprend de mettre la ville en coupe réglée…

[…]

L‘oxymore « mythologie réaliste » est peut-être ce qui définit le mieux ce CASINO, aux cotés des Affranchis, Gangs of New York, les InfiltrésBoardwalk Empire et enfin, Le Loup de Wall Street. Ces 6 œuvres ont en commun d’être des récits immersifs et divertissants de grandeur et de décadence, adaptés d’histoires vraies. Aussi, il y a toujours ce personnage très distant qui par son regard nous plonge dans un univers très marqué (mafia de Brooklyn, casinos de Las Vegas, Gangs of New York fin 19e, mafia irlandaise de Boston, mafia d’atlanta en pleine prohibition, et « Wall Street »)
Au final, on à l’impression de regarder avec CASINO, la 2e saison d’une série documentaire sur la mafia: le changement de décor masque à peine l’ambition commune: explorer et déconstruire un thème précis. Ce fut la famille dans Les Affranchis, c’est l’affectif dans CASINO. Ce sera la transmission/filiation, la dualité, la politique et l’économie dans les quatre suivantes !
En fait, plus que The Wire, Les Sopranos ou Breaking Bad, ces 6 oeuvres de Scorsese c’est peut-être ça, LA série ULTIME.

 

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LE TEMPS DE L’INNOCENCE (1993)

Le temps de l'innocence (1)
CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : The Age of Innocence
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Martin Scorsese, Jay Cocks, d’après Edith Wharton
Acteurs principaux : Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer,
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie: 22 septembre 1993
Ressortie : 21 janvier 2015
Durée : 2h15min
Distributeur : –
Synopsis : A travers le portrait d’un homme partagé entre deux femmes et deux mondes, étude minutieuse de la haute société new-yorkaise des années 1870, avec ses intrigues, ses secrets, ses scandales, ses rites désuets et subtilement répressifs.

LE TEMPS DE L’INNOCENCE marque une rupture supplémentaire avec la filmographie du cinéaste. Sur la forme, il est difficile de retrouver la patte habituelle de Scorsese, en dehors de quelques menus effets de mise en scène. C’est plutôt dans le fond que l’on retrouve, assez lointainement il faut l’avouer, les motifs de son cinéma. Pour résumer celui-ci, je dirais que le réalisateur s’évertue habituellement à nous immerger dans un univers, une psychologie ou un récit avant de procéder à un travail de déconstruction par une violence pouvant prendre divers aspects. Ici, c’est un peu pareil: l’univers de l’aristocratie du New York de 1870 est dépeint avec une précision hallucinante, tant par une reconstitution haut de gamme que par cette voix off auscultant les habitudes et codes régissant ce microcosme. La violence déconstructive prend ici la forme d’une hypocrisie latente, que Scorsese s’amuse à placer avec cynisme, derrière chaque interaction.

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Le temps de l'innocence (2)

 

LES NERFS À VIF (1991)

Affiche du film LES NERFS À VIF

CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : Cape Fear
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : James R. Webb, Wesley Strick, d’après John D. MacDonald
Acteurs principaux : Robert De Niro, Nick Nolte, Jessica Lange, Juliette Lewis
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie: 18 mars 1992
Ressortie : 21 octobre 2015
Durée : 2h8min
Distributeur : Action Cinémas / Théâtre du Temple
Synopsis : Max Cady, condamné à quatorze années de prison pour viol et voie de fait sur une mineure, est à nouveau libre. Avec détermination et rigueur, il entreprend de se venger de l’avocat Sam Bowden, qu’il estime responsable de son incarcération.

LES NERFS À VIF, 13ème film de fiction de Martin Scorsese, poursuit le virage vers le cinéma populaire, commercial et divertissant entamé avec l’ultra-jouissif Les Affranchis.

Scorsese dessine toutefois dans LES NERFS À VIF l’un de ces portraits psychologiques dont il à le secret, et dont Robert de Niro semble être le seul capable d’en exprimer toutes les facettes. L’acteur interprétera donc Max Cady, dans une performance autant physique qu’intellectuelle; un personnage qui se définit à nouveau par l’obsession.
Après l’obsession de trouver sa place dans un monde vicié (Taxi Driver), l’obsession pour la réussite dans New York, New York, celle pour sa femme Vickie dans Raging Bull, ou l’obsession causée par un complexe d’infériorité dans La Valse des Pantins… Dans LES NERFS À VIF, cette obsession se fait presque exclusivement fonctionnelle. Elle sert avant tout un script malin, nous exposant via la psychologie, toutes les facettes d’une vengeance. La réussite du film est de nous inciter à déchiffrer ses personnages via leurs actions et réactions face à l’obsession. Max Cady personnifiant celle-ci, devient alors un personnage d’autant plus emblématique; Du cinéma de Scorsese, ou du cinéma tout court

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LES AFFRANCHIS (1990)

Les Affranchis
CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : Goodfellas
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Martin Scorsese, Betzi Manoogian
Acteurs principaux : Robert De Niro, Ray Liotta, Joe Pesci
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie: 12 septembre 1990
Ressortie : 20 août 2008
Durée : 2h25min
Distributeur : –
Synopsis : Depuis sa plus tendre enfance, Henry Hill, né d’un père irlandais et d’une mère sicilienne, veut devenir gangster et appartenir à la Mafia. Adolescent dans les années cinquante, il commence par travailler pour le compte de Paul Cicero et voue une grande admiration pour Jimmy Conway, qui a fait du détournement de camions sa grande spécialité. Lucide et ambitieux, il contribue au casse des entrepôts de l’aéroport d’Idlewild et épouse Karen, une jeune Juive qu’il trompe régulièrement. Mais son implication dans le trafic de drogue le fera plonger…

Nouvelle claque avec le 11ème long métrage de fiction de Martin Scorsese:

LES AFFRANCHIS est un tel plaisir cinématographique, qu’il est plus simple de parler de ses relatifs défauts que de s’étendre sur ses qualités. Ainsi, quelques points nous ont marqués, sans pour autant nous gâcher quoi que ce soit:

Pour la première fois (à mon sens), le réalisateur marrie idéalement le divertissement avec ses motifs et obsessions personnelles.
LES AFFRANCHIS est ainsi le film le plus accessible de Scorsese, dans sa volonté de nous raconter une bonne histoire avant tout. Il délaisse pour cela les portraits de personnages à la psychologie complexe et souvent torturée auquel son cinéma nous avait habitués.

Cette perte de psychologie au profit du récit se ressent dans la mise en retrait des thèmes habituellement présents chez l’auteur. Ainsi, ces rapports hommes/femmes développées en profondeur depuis Who’s That Knocking at my door, font figure d’éléments scénaristiques fonctionnels dans LES AFFRANCHIS, malgré une certaine volonté de construire un personnage féminin fort.
Par ailleurs, La présence de Robert de Niro comme personnage très secondaire reflète également cette volonté de mettre la psychologie de coté. L’acteur, à travers les 3 masterpieces Taxi Driver, Raging Bull, et La Valse des Pantins ainsi que le très bon mais mineur New York, New York, servait de réceptacle schizophrénique aux traits de personnalité et obsessions de Scorsese (et par extension, celles de Paul Schrader). Il y a une toute petite déception à le voir interpréter une vulgaire parodie de ses divers rôles, plutôt qu’un de ces personnages charismatiques et complexes ayant façonné notre imaginaire tout en façonnant un récit multi-piste et imprévisible. Tout cela est relativement absent des AFFRANCHIS; Robert de Niro laisse sa place à l’effacé Ray Liotta (qu’on reconnait volontiers être totalement adéquat dans le rôle d’Henry), le récit se fait linéaire, et la fresque d’ampleur remplace le portrait d’individus ballottés par l’existence ou leur inadaptation au monde extérieur.

En fait, en se concentrant exclusivement sur le récit, Scorsese définit clairement des enjeux, ce qui n’a quasiment jamais été le cas avant LES AFFRANCHISLa toute première scène du film, ultra violente, est ainsi présentée comme un point de basculement par la désormais fameuse phrase :
« As far back as I can remember, I always wanted to be a gangster » *

[…]

GOOD

LA DERNIÈRE TENTATION DU CHRIST (1988)

La dernière tentation du Christ
CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : The Last Temptation of Christ
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario :  Paul Schrader, Martin Scorsese
Acteurs principaux : Willem Dafoe, Harvey Keitel, Barbara Hershey
Pays d’origine : Canada, U.S.A.
Sortie : 28 septembre 1988
Durée : 2h44min
Distributeur : –
Synopsis : L’évocation de la vie de Jésus Christ, écartelé entre son humanité et sa divinité.

Nouveau changement d’horizon pour Scorsese, qui nous propose carrément un bond en arrière de 1988 ans, et d’observer les derniers instants avant la « fameuse » crucifixion du messie.

Toujours porté par le réalisme du sujet qu’il filme, cette vision des derniers instants de Jesus ne pouvait qu’être troublante.
Plutôt que l’image publique d’un dieu parfait sous tout rapports, Scorsese choisit d’en faire … Un vulgaire humain. Assailli par les doutes, les désirs, des regrets, « des péchés »; une seconde lecture plus réaliste et triviale de la vie de Jesus – de Dieu ! – écorchant forcément le puritanisme perpétué par deux millénaire de dogmes. On comprend aisément ce qui a pu mener le film à être la cible de menaces, et l’instigateur d’attentats (un cinéma brûlé, un mort, rien qu’en France). Cela rappelle d’ailleurs lointainement, que ce fameux doute vis à vis de la religion fut la cause de nombreuses guerres, aujourd’hui encore…

Toutefois, si LA DERNIÈRE TENTATION DU CHRIST ne fonctionne pas, il m’a semblé que cela était plus lié aux auteurs Paul Schrader (scénariste) et à Martin Scorsese eux mêmes, qu’à un problème de fond;

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LA VALSE DES PANTINS (1982)

La Valse des Pantins

CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : The King of Comedy
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Paul Schrader
Acteurs principaux : Robert De Niro, Jerry Lewis, Diahnne Abott
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 18 mai 1983
Ressortie : 18 mai 2011
Durée : 1h50min
Distributeur : Carlotta Films
Synopsis : Un comique méconnu, pour se faire reconnaitre, enlève le présentateur d’un show télévisé et n’accepte de le libérer qu’à la condition de participer à son spectacle.

Assez méconnu, le huitième long métrage de fiction de Martin Scorsese n’en est pas moins un véritable chef-d’œuvre.

Le pitch : Un comique méconnu, pour se faire reconnaître, enlève le présentateur d’un show télévisé et n’accepte de le libérer qu’à la condition de participer à son spectacle.

Contrairement à son prédécesseur Raging Bull, le travail de Scorsese prend une toute nouvelle ampleur avec LA VALSE DES PANTINS.

On y retrouve certains motifs déjà proposés : De Niro, un portrait frontal mais pas simpliste de la folie, l’immersion dans un univers, des portraits d’hommes et femmes ancrés dans leurs époques… Mais cette fois, Scorsese y adjoint une nouvelle notion, presque métaphysique – celle du rapport à l’image.
Cette notion fait le lien avec les motifs sus-cités en dessinant par la même occasion, un autoportrait orgueilleux du cinéaste. On peut voir dans le parcours de Pupkin, une métaphore de ce qu’est LA VALSE DES PANTINS pour Scorsese: un film rendant hommage à ses idoles, autant qu’il cherche à les décrédibiliser agressivement. Pupkin (Scorsese ?) utilisera pour cela ses propres obsessions, son talent, et une vraie innovation dans l’approche.

Cette thématique de la réappropriation réussie d’influences culturelles au service d’un discours personnel me fascine dans l’art ! Surtout lorsque le nouveau discours est lui même si puissant, qu’il pénètre à son tour, dans l’inconscient collectif. (ex: It Follows, Fury Road, Uncharted 2, etc.)

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RAGING BULL (1980)

CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : Raging Bull
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario :  Paul Schrader, Mardik Martin, d’après Jake LaMotta
Acteurs principaux : Robert De Niro, Cathy Moriarty, Joe Pesci
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 25 mars 1981 (2h9min)
Ressortie : 4 septembre 2002
Durée : 2h9min
Distributeur : –
Synopsis : Raging Bull retrace les moments forts de la carrière flamboyante de Jack La Motta, champion de boxe poids moyen. Issu d’un milieu modeste, il fut le héros de combats mythiques, notamment contre Robinson et Cerdan. Autodestructeur, paranoïque, déchiré entre le désir du salut personnel et la damnation, il termine son existence, bouffi, en tant que gérant de boîte de nuit et entertainer. Quand l’ascension et le déclin d’une vie deviennent épopée…

Après l’immense Taxi Driver, et la surprenante/ambitieuse/intime comédie musicale New York, New York, quelle surprise de voir Scorsese proposer un film mineur tel que RAGING BULL !!!

Oui, un film mineur… Mais seulement au sein de la filmo de Scorsese. Il paraît évident que le cinéaste à cherché à épurer au maximum les enjeux de son histoire pour en extraire le maximum de puissance émotionnelle. Ainsi, Scorsese n’explore pas un nouveau genre ou un nouvel univers. Il ne cherche aucune nouvelle approche de thèmes déjà développés, se « contentant » d’un certain recyclage et d’une certaine simplification. Il continue à faire confiance à ses acteurs (De Niro !!!). Seule vraie évolution: il propulse sa mise en scène en orbite;
Ces éléments mis bout à bout suffisent largement à faire de RAGING BULL un véritable masterpiece… Voire même plus. Explications […]

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NEW YORK, NEW YORK (1977)

CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : New York, New York
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Earl Mac Rauch, Mardik Martin
Acteurs principaux : Liza Minnelli, Robert De Niro, Lionel Stander
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 1977
Ressortie : 14 décembre 2005
Durée : 1h55min
Distributeur : –
Synopsis : New York est en liesse après la victoire sur le Japon. Jimmy Doyle, saxophoniste et jeune soldat, remplace son uniforme par les habits à la mode et se rend au Starlight Club où la fête est déjà commencée. Il rencontre Francine Evans, une jeune chanteuse, et tente sans succès de la séduire. Mais le hasard les fait à nouveau se rencontrer dans la nuit, et la chanteuse et le saxophoniste vont s’aimer, faire carrière, connaitre la gloire, se séparer et se rencontrer à nouveau dix ans plus tard.

Décidément, MARTIN SCORSESE est un auteur passionnant, à la filmographie bien plus diversifiée et complexe que ce je pensais.

Moi qui le catégorisais comme un cinéaste seulement doué pour filmer des gens qui se butent les uns les autres au sein d’univers très marqués (mafias et autres gangs)…
Je constate qu’également, dans ses débuts, Scorsese présente un cinéma sensible et personnel, politique à travers l’intime, sachant dessiner des portraits d’hommes et de femmes avec finesse et précision, et les inscrivant dans des microcosmes aussi distincts que le quartier Little Italy (WHO’S THAT KNOCKING AT MY DOOR & MEAN STREETS), New York elle même (dans le phénoménal TAXI DRIVER), l’Amérique rurale des 30’s (via le mineur BOXCAR BERTHA), ou semi urbaine des 70’s (dans l’émouvant ALICE N’EST PLUS ICI).
Puis, il y a ce New York post WWII, mi réaliste mi fantasmé, dans NEW YORK, NEW YORK.

Si ce sixième film chroniqué ne fait pas partie des plus inoubliables, il s’inscrit néanmoins dans une certaine logique introspective et personnelle explorée tout au long de sa filmographie (l’Homme, la Femme, leurs rapports), dénote une certaine ampleur par sa reconstitution, constitue un hommage sincère aux genres musicaux qu’il met en scène, et offre à De Niro un nouveau rôle marquant.

Il constitue également une certaine prise de risque pour le cinéaste, se confinant autant qu’il l’explore, au genre de la comédie musicale.
Bref. Un film encore une fois riche et fascinant, bien qu’il lui manque peut-être une certaine cohérence entre ses ambitions de cinéma populaire & divertissant, et sa vision assez « indée » de la relation amoureuse […]

New York, New York (4)

 

 

TAXI DRIVER (1976)


CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : Taxi Driver
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Paul Schrader
Acteurs principaux : Robert De Niro, Jodie Foster, Harvey Keitel
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 2 juin 1976
Ressortie : 1 mai 2013
Durée : 1h55min
Distributeur : Park Circus
Synopsis : Vétéran de la Guerre du Vietnam, Travis Bickle est chauffeur de taxi dans la ville de New York. Ses rencontres nocturnes et la violence quotidienne dont il est témoin lui font peu à peu perdre la tête. Il se charge bientôt de délivrer une prostituée mineure de ses souteneurs.

Nouveau gros morceau avec TAXI DRIVERScorsese délivre déjà un masterpiece, au bout de 5 films (!)
Car si rétrospectivement Alice n’est plus ici reste mon film préféré de Scorsese, en raison de cette émotion qui en émane, avec TAXI DRIVER, c’est quelque chose de plus.
De ce qui provient des films précédents et évolue, il y a cette puissance dans la direction d’acteurs, cette précision dans l’écriture des personnages satellites, cette mise en scène du quotidien, cette capacité à faire venir l’émotion de nulle part.
Puis il y a cette ambition, volontaire ou non – plus palpable en tous cas, de rendre compte de l’état d’un pays à travers le portrait de quelques uns. Tout est bien sur lié, et l’organisation d’élément aussi complexes, c’est ce qui fait la marque d’un grand réalisateur, et ici, celle d’un film qui marquera son époque et laissera une trace indélébile dans la conscience collective.

Taxi Driver 2 - LBDC

 

ALICE N’EST PLUS ICI (1974)


CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : Alice Doesn’t Live Here Anymore
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Robert Getchell
Acteurs principaux : Ellen Burstyn, Kris Kristofferson, Harvey Keitel, Jodie Foster
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 30 mai 1975
Ressortie : 27 juin 2012
Durée : 1h52min
Distributeur : Solaris Distribution
Synopsis : Alice, âgée de huit ans, rêve de devenir une star… 27 ans plus tard, elle est mariée et mère d’un insupportable gamin. A la mort de son mari, elle part chercher du travail comme chanteuse, et se retrouve serveuse de snack. La chance de sa vie apparaît enfin sous les traits de David, un propriétaire de ranch divorcé.

Dans la continuité de MEAN STREETS, ou même deWHO’S THAT KNOCKING AT MY DOORALICE N’EST PLUS ICI s’apparente à une sorte de cinéma immersif ou le cinéaste chercherait à retranscrire les mœurs d’une époque et par extension, une représentation de la femme au sein d’un microcosme donné. Il capte pour cela, ces petits moments anti-spectaculaires qui constituent la réalité d’un quotidien, sans enjeux autres qu’intimes et/ou d’évolutions personnelles. Par contre, le milieu très masculin italo-américain fait place à une Amérique semi-urbaine et prolétaire, dans laquelle Scorsese transpose la description d’un univers à celle d’une personnalité complexe, toujours à travers quelques personnages.Toutefois, ceux-ci sont bien plus identifiables ici que dans les deux films sus-cités.
Le cachet supplémentaire vient de l’émotion naissant dans l’empathie envers Alice, grâce à l’exceptionnelle Ellen Burstyn ainsi qu’aux acteurs lui donnant la réplique, soutenus par l’écriture fine de Robert Getchell et l’orchestration précise et bien plus subtile qu’à l’accoutumée, de Scorsese. Ces éléments mis à bout font d’Alice un personnage inoubliable, un manifeste d’une époque, un emblème intemporel des aspirations et revendications féminines. (…)

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MEAN STREETS (1973)

Mean Streets
CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : Mean Streets
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Mardik Martin, Martin Scorsese
Acteurs principaux : Robert De Niro, Harvey Keitel, David Proval
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 12 mai 1976
Ressortie : 18 juin 2014
Durée : 1h50min
Distributeur : Mission
Synopsis : Dans le quartier des immigrés italiens, la mafia a pris ses marques. Johnny Boy, tête brulée et bagarreur, a emprunté de l’argent à un parrain, sans intention de rembourser. Son ami Charlie, jeune mafioso ambitieux, tente de le protéger de ses créanciers. Mais Johnny Boy est incontrôlable.

(…) Immersion, cinéma de l’urgence, de l’intime et de l’anti spectaculaire… MEAN STREETS impressionne par son réalisme quasi documentaire !
Il s’éloigne par conséquent des grandiloquents films mafieux que Scorsese réalisera par la suite, et risquera de décevoir ceux qui s’attendent à une fresque d’ampleur décrivant un univers et non un quotidien.

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BOXCAR BERTHA (1972)

CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : Boxcar Bertha
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Joyce H. Corrington, John William Corrington, d’après Ben L. Reitman
Acteurs principaux : Barbara Hershey, David Carradine, Barry Primus
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 3 octobre 1973
Ressortie : 18 décembre 2013
Durée : 1h28min
Distributeur : Mission
Synopsis : Pendant la Grande Dépression dans l’Arkansas, Bertha Thompson, une jeune fille assiste à la mort accidentelle de son père, provoquée par un employeur tyrannique. Seule, sans toit ni travail, elle se retrouve sur les routes et utilise les wagons des trains de marchandises pour se déplacer (d’où son futur surnom de « Boxcar Bertha », Fourgon à bestiaux). Elle fait la connaissance de Bill Shelly, un syndicaliste qui va lui transmettre sa révolte. Tous deux deviennent des pilleurs de trains confirmés.

Second long-métrage de Martin Scorsese, ce BOXCAR BERTHA m’a beaucoup moins fasciné que le film précédent.

Apparaissant comme un film de commande – je veux dire par là qu’aucun motif Scorsesien n’est véritablement repérable – il semble toutefois s’affranchir de toute censure… Mais aussi de toute direction.
BOXCAR BERTHA, c’est un peu le mariage étrange d’un pur divertissement (le film de gangster) et d’un certain sous-texte politique.
De ce point de vue, Scorsese évoque de nombreux thèmes sans rien développer ou récriminer vraiment, mais dont on imagine aisément la résonance dans l’Amérique de 1972 :
La crise économique des années 30 (reflet du « présent », et de l’expectative d’une crise similaire qui aura d’ailleurs lieu 1 an après la sortie du film), le ravage causé par le progrès (ici, le chemin de fer), le racisme, l’antédiluvien conflit nord/sud, la peur du communisme (reflet là aussi, du présent et de l’absurde guerre froide), la condition de la femme.

D’ailleurs en parlant de femmes, BOXCAR BERTHA met en perspective la difficulté qu’à Scorsese à mettre en valeur ses personnages féminins (à l’exception de Alice et de la Ginger de Casino).
De son émancipation à sa prostitution en passant par son dépucelage, ou sa carrière de gangster, Bertha n’agit qu’en fonction des hommes, ce qui en fait une héroïne bien peu charismatique, sans personnalité autre que son corps… Une vision qui peut paraître assez misogyne – pourtant, on peut aussi imaginer qu’elle illustre le versant dévalorisant du subtil portrait réalisé dans le surprenant WHO’S THAT KNOCKING AT MY DOOR, celui-là même qui définissait La Femme comme maman ou putain (Broad). Intéressant, mais sans avoir vu le premier film de Scorsese, cette théorie risque de complètement vous laisser froid.

BOXCAR BERTHA apparaît un peu comme un film sans personnalité à cause d’un certain manque de profondeur, malgré de passionnants thèmes abordés. On n’en retiendra au final que sa cruelle conclusion, et la beauté étrange de Barbara Hershey.

boxcar Bertha

Bertha: les wagons « Boxcars » ponctuent toutes les étapes de sa vie de femme, de même que les Hommes

 

 

WHO’S THAT KNOCKING AT MY DOOR (1967)

CRITIQUE
La programmation (dantesque) du Festival Lumière 2015

Titre original : Who’s that Knocking at My Door
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Martin Scorsese, Betzi Manoogian
Acteurs principaux : Catherine Scorsese, Anne Collette, Tsuai Yu-Lan
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 1967
Ressortie : 10 juin 2009
Durée : 1h30min
Distributeur : Solaris Distribution
Synopsis : Petite frappe du quartier italien de New York, J.R. décide de se poser pour épouser la femme qu’il aime. Il apprend que celle-ci a été violée quelque temps plus tôt et il ne peut en supporter l’idée.

Une romance aux multiples facettes placée sous le signe de l’immersion:
– Dans un New York singulier par sa proximité;
– Au cœur d’un microcosme culturel, le milieu italo-américain: violent, mais pas encore vraiment mafieux comme dans le reste de la filmo;
– Dans la tragédie de l’intime auquel devra faire face un couple trop dépareillé.

Il y a quelque chose de véritablement touchant dans ce tout premier film de Scorsese, au delà de ses parti-pris formels.
Une émotion, des sentiments qui circulent à travers cette romance, et qu’on n’observera que très rarement chez le réalisateur… Mais également une vision inédite de la culture italo-américaine, disséquée du point de vue de la considération de la femme.
L’idée est placée des la première scène puis répétée au cours du film: ce que l’homme cherche chez une femme, c’est une maman. Toutes les autres, seront des « broad », expression particulièrement dévalorisante, signifiant « large » au sens littéral, « pute » dans le langage local. Scorsese observe avec finesse ce déterminisme relationnel finalement assez tragique dans lequel sont coincés les deux personnages centraux, malgré leur puissant amour.

(…)

En définitive, l’idée que l’on pourrait se faire du réalisateur à partir des thèmes émaillant sa filmo (mafias, immersions presque documentaires, ambition, violence ou instabilité) et de la vision de la femme à l’intérieur de ses films sont complètement bouleversés par ce profond WHO’S THAT KNOCKING AT MY DOOR et sa sensibilité, insoupçonnable chez Scorsese à l’exception du magnifique Alice n’habite plus ici sur lequel je reviendrai bientôt.

Who's That Knocking at my door - (2)

À noter que le notation de ★☆☆☆ à ★★★★ n’est qu’un moyen d’indiquer et de comparer nos appr%C