Photo du film A DEMAIN SUR LA LUNE
Crédits : Piece of Magic Entertainment France

À DEMAIN SUR LA LUNE, critique d’un documentaire sensible mais bancal

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Un cheval entre dans un hôpital… il y a une blague à faire quelque part. Le nouveau documentaire de Thomas Balmès, À DEMAIN SUR LA LUNE, exploite un sujet à la fois riche et unique. Dans un hôpital à Calais, les patients en fin de vie reçoivent la visite d’un cheval, Peyo, qui a la rare capacité de sentir quand la fin est proche. De Peyo aux patients, ce documentaire replace la vie au cœur de ces moments marqués par la mort.

Une mise en scène volontairement effacée

Balmès, dans un souci de retranscription authentique, refuse de construire une trame narrative autour de son film afin de ne surtout pas mettre en scène son sujet. Les patients, les médecins et Peyo sont donc suivis par une caméra effacée, mais tout en douceur, qui offre de très beaux gros plans sur les visages des patients, et notamment sur leurs regards.

Ce faisant, Balmès choisit de sacrifier l’explication du contexte et des enjeux au profit d’une transmission d’émotions fluide, sans obstacles scénaristiques. Cependant, cette posture de passivité narrative entraîne certains flous, notamment éthiques, qui laissent perplexe – à moins d’avoir le réalisateur présent pour éclaircir sa démarche à la fin de la séance.

Deux récits qui peinent à cohabiter

Une autre conséquence notable de cette posture en retrait est l’hétérogénéité du propos. Balmès exploite deux trames liées, et pourtant très distinctes. La première, celle affichée sur le poster et sur laquelle la promotion du film capitalise, est celle du cheval Peyo, star d’Instagram (près de 200 000 abonnés), encensé pour sa capacité hors du commun à sentir la fin de la vie chez les humains.

La seconde est celle autour de laquelle s’organise finalement le film : le cas d’une patiente, Amandine, mère de deux jeunes enfants et atteinte d’un cancer. Le charisme de celle-ci, lié à sa joie de vivre naturelle – ce dont les archives de sa jeunesse témoignent – pousse Balmès à en faire le cœur de son propos. Cependant, simultanément, il éclipse Peyo, dont le rôle semble parfois davantage ornemental, dans l’hôpital comme dans le documentaire.

Une intention louable, un résultat frustrant

Si l’entreprise de Thomas Balmès est incontestablement issue d’une bonne intention, les choix artistiques ont un effet paradoxal. En recentrant son objectif sur Amandine et sa famille, le réalisateur en oublie de faire le portrait du cheval qui l’avait initialement poussé à dégainer sa caméra. Celui-ci reste dans l’ombre du documentaire, à l’image de l’affiche du film : un mystérieux spectre lumineux, qui attise la curiosité et la fascination, mais qui ne se matérialise malheureusement jamais au cours du film.

On reste sur notre faim, avec nos questions sans réponses sur l’identité de Peyo – essentielle pourtant – ainsi que sur l’éthique du projet.

— Marie ARRIGHI

Auteur·rice

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Note finale

  1. 3

    Avant de commenter et de le critiquer, renseignez vous
    Ce documentaire sur les soins en fin de vie a été tourné à L’hôpital de Calais et non de Caen !……
    Prenez soin de vous

    1. En effet, c’est une erreur de ma part et je m’en excuse! J’ai confondu les deux villes, malgré les recherches que j’avais fait sur le sujet. Dorénavant je vérifierai à deux fois !