Tout le monde n’avait d’yeux que pour Terrence Malick en ce cinquième jour à Cannes. Le réalisateur américain était attendu avec ferveur.
À l’annonce de la Sélection Officielle en avril dernier, l’un des noms que tout le monde avait remarqué était celui de Terrence Malick. Le metteur en scène, rare et singulier, revenait sur le devant de la scène avec Une Vie Cachée. Huit ans auparavant, il était reparti de la Croisette avec une Palme d’Or pour The Tree of Life. L’imaginer réitérer l’exploit en cette année 2019 était dans les têtes de tous les festivaliers. Surtout qu’il revient avec ce nouveau film, à un cinéma plus traditionnel. Pas sur le forme, mais au niveau de la narration. Car Une Vie Cachée revient sur la vie de Franz Jägerstätter, un paysan autrichien ayant refusé de collaborer avec le régime nazi. Ce qui lui a valu une fin de vie loin des siens, pour garder intact ses principaux moraux.
Si ses derniers travaux ont divisé, c’est parce que sa mise en scène ne se mettait pas au service d’une vraie histoire pour capter l’errance de personnages pour lesquels on avait que trop peu d’intérêt. Dans Une Vie Cachée, cette barrière saute et on entre pleinement en osmose avec le couple de personnages principaux. Malick n’en oublie cependant pas ses envolées formelles et ses questionnements permanents sur des sujets comme la morale et le divin. Franz est quasiment un double du metteur en scène, pour cette dévotion qu’il a envers ses convictions. Un moment de cinéma terrassant, de quasiment trois heures, qui vous laisse sur le carreau, submergé par le flot d’émotion. Le candidat le plus sérieux actuellement pour la Palme d’Or. Retrouvez notre critique pour un avis plus complet.
On aurait également voulu vous parler de The Lighthouse, nouveau film d’horreur de Robert Eggers mais la projection du soir en compagnie de l’équipe a donné du fil à retordre aux festivaliers et cinéphiles qui désiraient entrer dans la salle. La faute à des fils démesurées, nous avons terminé la journée avec une pointe de frustration, en compagnie d’une pluie qui n’a pas daigné quitter la Croisette.
Maxime Bedini
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