5 films de crocodile pour une soirée mordante

On n’a rien contre les requins, mais le crocodile fait, lui aussi, l’objet d’un culte bien particulier au cinéma. En eaux troubles, dans les égouts ou dans une piscine, plongez le temps d’une soirée en pleine croc-sploitation grâce à nos recommandations.

Photo du film BLACK WATER
Crédit : The Australian Film Commission

BLACK WATER (Andrew Traucki et David Nerlich, 2007)

Commençons par un classique, bien mené et accessible aux novices du film à croco. Trésor de l’ozploitation – cinéma de genre australien, BLACK WATER nous emmène dans la région marécageuse de la mangrove, où le prédateur se terre au fond des eaux vaseuses. Un groupe de trois touristes a l’idée saugrenue d’aller pêcher dans ce milieu hostile. Manque de bol, leur embarcation chavire et ils se font croquer le jambon par le crocodile du coin.

Bien que basique dans sa narration, BLACK WATER n’en est pas moins haletant et réserve de sublimes sursauts. Il constitue un divertissement idéal pour les curieux désireux de s’initier au genre. Dans la même optique, on aurait pu également citer Solitaire, sorti la même année et éclipsé par le succès de BLACK WATER. Tout aussi palpitant et reposant sur un synopsis similaire, on vous le recommande en deuxième partie de soirée, dans le cas où vous auriez encore les crocs.

Photo du film L'INCROYABLE ALLIGATOR
Crédit : D.R.

L’INCROYABLE ALLIGATOR (Lewis Teague, 1980)

Classique du genre et non des moindres, L’INCROYABLE ALLIGATOR raconte comment un bébé alligatoridé jeté dans les toilettes survit dans les égouts en se nourrissant de cadavres de petits chiens. Abandonnés là par un cabinet d’expérimentation animale, ces cobayes auraient servis à tester une hormone de croissance… Qui a le désavantage de doter les bêtes d’un appétit insatiable. Vous l’aurez compris, bourré aux hormones, l’alligator du titre devient non seulement gigantesque, mais il a aussi furieusement la dalle.

Après le succès des Dents de la mer en 1975, une vague de films d’exploitation à grosses bébêtes déferle sur le box office. L’INCROYABLE ALLIGATOR en est une itération tardive. Toutefois, s’il use des mêmes stratagèmes que son aîné en ne montrant que peu sa bestiole animatronique, il s’en distingue par un sous-texte bienvenu sur la protection animale et sur les dangers qu’encourt l’humanité à dénaturer la faune sauvage. Cependant, veillons à ne pas trop intellectualiser le propos, car cette histoire de crocodile mutant en pleine chasse à l’homme tient surtout du grand divertissement – décuplé aujourd’hui par le kitsch de certaines idées de mise en scène.

Photo du film KILLER CROCODILE
Crédit : D.R.

KILLER CROCODILE (Fabrizio De Angelis, 1989)

KILLER CROCODILE fait partie de ces nanars nés de l’exploitation italienne de la seconde partie des années 80, alors occupée à reproduire les recettes commerciales américaines. Pompé sans la moindre imagination sur Les Dents de la mer, le film met en scène de jeunes chercheurs, dépêchés à trouver la source polluante des eaux d’une rivière. C’est alors qu’ils découvrent des barils de déchets radioactifs sur le rivage (pas la planque la plus discrète, on vous l’accorde) et qu’ils tombent sur… un crocodile mutant géant.

Et parlons-en d’ailleurs, de ce crocodile… Fabriquée par un mécanicien au fond de son garage auto, la bête semble aussi animée que ses homologues empaillés du musée des sciences naturelles. Quant aux héros, ils sont menés par le scientifique hirsute Kévin, équivalent Wish de l’océanographe des Dents de la mer, puis par le baroudeur-braconnier Joe, équivalent Aliexpress du chasseur des Dents de la mer. Encore plus savoureux en VF, en raison d’un doublage d’une qualité remarquable (non), KILLER CROCODILE constitue un merveilleux nanar pour débutants, bien plus accessible que le Crocodile Fury de Godfrey Ho, sorti à peine quelques mois auparavant.

Photo du film CRAWL
Crédits : 2019 Paramount Pictures Corporation. All rights reserved. / Sergej Radović

CRAWL (Alexandre Aja, 2019)

Plus récent, CRAWL a le mérite de renouveler quelque peu le genre en ajoutant davantage d’enjeux à sa trame narrative. Ici, l’héroïne est championne de natation – d’où le titre, vous êtes perspicace… L’intrigue prend, par ailleurs, place en Floride, dans un sous-sol inondé pendant un ouragan. La protagoniste doit alors user de ses talents de nageuse pour sauver son père, coincé entre quatre gators remontés avec les eaux du bayou.

Injustement considéré comme l’une des moins bonnes réalisation d’Alexandre Aja, CRAWL réussit pourtant sa mission. Proposer une nouvelle itération du film de crocodile, sous-genre parfois poussiéreux et ultra codifié. Si l’on regrette quelques bons sentiments imputables à ses origines américaines, CRAWL sert tout de même magnifiquement la soupe. Il laisse notamment entrer les alligators dans la maison immergée, offrant ainsi de beaux moments de mise en scène, ludiques et accrocheurs.

Photo du film THE POOL
Crédit : D.R.

THE POOL (Ping Lumpraploeng, 2018)

Hautement improbable, le film taïwanais THE POOL prend place dans… une immense piscine en plein air. Exploitée pour les besoins d’un shooting photo, ladite piscine – en état de décrépitude – ne dispose pas d’échelle. Décidé à chiller avant de repartir, un technicien somnole sur un matelas pneumatique après le départ de toutes les équipes. Or, le niveau d’eau de la piscine baisse sans qu’il ne s’en aperçoive. Il se retrouve ainsi seul au milieu de nulle part, sans moyen de remonter. Pas maline, sa copine décide de le rejoindre. Elle plonge. Et se retrouve coincée avec lui. Le bassin se vide… Quand un gigantesque croco s’invite au milieu de la baignoire, sous un soleil de plomb.

Basé sur la capacité physiologique des crocodiles à entrer dans un état d’apathie pour éviter l’hyperthermie, THE POOL ne tient pas debout trente secondes. En effet, même apathiques, ces prédateurs restent ultra rapides et dotés d’une acuité visuelle remarquable. L’idée que l’on puisse leur survivre en se cachant dans les recoins d’une piscine dépasse l’entendement. Et pourtant, pourtant… THE POOL se révèle suffisamment palpitant pour qu’on s’y laisse prendre. Malgré l’apparence numérique du carnassier, la chaleur insoutenable, la soif, la fatigue et la douleur y sont palpables. Ils nous tiennent en haleine d’un bout à l’autre du récit. Une pépite pour les amateurs de gros reptiles.

Par contre, on ne vous recommande pas…

  • Crocodile de Tobe Hooper (2000), tellement raté qu’il n’en devient même pas un bon nanar ;
  • Xtinction-Predator X de Amir Valinia (2010), croisement infâme entre Jurassic Parc et Lake Placid ;
  • Primeval de Michael Katleman (2007), mal monté avec un fond de racisme ordinaire ;
  • et Le Crocodile du Bostwanga de Fabrice Éboué et Lionel Steketee (2014) – mais surtout parce que ça n’a rien à voir.

P.S. : Contrairement à la croyance populaire, Crocodile Dundee n’est pas un film de crocodile à proprement parler. Au même titre que Les Crevettes Pailletées ne porte pas sur les crustacés iridescents.

Lily Nelson

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