Le Champs Élysées Film Festival 2015, qui se tiendra du 10 au 16 juin dans la capitale, propose comme toujours, un programme riche et varié !

Le festival propose ainsi deux thématiques-miroir, IMAGINAIRES AMÉRICAINS – DÉSERT, et ATMOSPHÈRES URBAINES : DETROIT, rassemblant chacune 5 films aux genres, tons et optiques absolument différents – donnant dans l’ensemble, un aperçu des États-Unis par le prisme du cinéma !

Une programmation simple, mais d’une cohérence folle !
Perte des sens, des repères, folie, pulsions primaires, contemplation, rêve(s)… 5 films pour nous immerger dans l’inconnu.

GERRY – projection le jeudi 11 juin, 16:00 à Publicis Cinémas
– LAKE LOS ANGELES  projection en première française, le samedi 13 juin, 18:00 au MK2 Grand Palais
ARIZONA DREAM – projection le dimanche 14 juin, 14:00, au MK2 Grand Palais
TWENTYNINE PALMS – projection le dimanche 14 juin  20:00 à Publicis Cinémas
RUBBER – projection le lundi 15 juin à 18:00 au Gaumont Marignan

Le désert est, à travers ces 5 chefs-d’œuvre, cet espace indomptable et fascinant…
Une véritable muse esthétique (et parfois même spirituelle); un protagoniste à part entière – reflet de l’âme de ses héros.

5 films à voir ou à réévaluer, si possible dans le cadre du festival; la salle de cinéma est définitivement l’espace le plus favorable à l’enivrement inhérent à ces magnifiques paysages !

 

ARIZONA DREAM – Emir Kusturica – 1993

projection le dimanche 14 juin 2015, 14:00, au MK2 Grand Palais

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CRITIQUE

Titre original : Arizona Dream
Réalisation : Emir Kusturica
Scénario : Emir Kusturica, David Atkins
Acteurs principaux : Johnny Depp, Jerry Lewis, Faye Dunaway
Pays d’origine : France, U.S.A.
Sortie : 6 janvier 1993
Durée : 2h21min
Distributeur : UGC Ph
Synopsis : Installé à New York après la mort de ses parents, Axel Blackmar mène une vie heureuse, recensant les poissons pour le compte du département de la pêche et de la chasse. Mais son oncle Leo, vendeur de voitures en Arizona sur le point de se remarier, le rappelle pour lui servir de témoin et, espère-t-il, de repreneur. Sur place, Axel va se retrouver balloté entre ses propres rêves, ceux de deux femmes, ceux de son oncle…

note d’ANNA :
★★★★★★★★★☆

(…) ARIZONA DREAM, où la définition parfaite du cinéma d’Emir Kusturica. L’œuvre mêle le rêve à la réalité, sans jamais les dissocier. Comme dans Mulholland Drive de David Lynch, le film explore le songe sous toutes ses facettes, du désir aux cauchemars, de l’espoir aux désillusions… Le cinéaste filme le rêve américain, ou du moins en fait le bilan avec ses fantasmes abîmés. Comme son (ou ses) héros, le metteur en scène ne cesse de vouloir échapper aux contraintes de l’espace et du temps, s’identifiant à ces simulacres. (…)

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@ UGC Ph

@ UGC Ph

 

LAKE LOS ANGELES – Mike Ott – 2014

projection en première française, le samedi 13 juin, 18:00 au MK2 Grand Palais


Titre original : Lake Los Angeles
Réalisation : Mike Ott
Scénario : Atsuko Okatsuka, Mike Ott
Acteurs principaux : Corina Calderon, David Ury, Roberto ‘Sanz’ Sanchez
Pays d’origine : Grèce, U.S.A.
Sortie : –
Durée : 1h25min
Distributeur : –
Synopsis : Après avoir traversé la frontière vers les Etats-Unis, la jeune Cécilia, sans famille ni amis, est prise en charge par Francisco, un Cubain solitaire, gérant d’un lieu de passage pour les immigrants clandestins. Une étude poétique sur la solitude et l’exil et une réflexion sur la face sombre du rêve américain.

TWENTYNINE PALMS – Bruno Dumont – 2003

projection le dimanche 14 juin 2015 20:00 à Publicis Cinémas


CRITIQUE

Titre original : Twentynine Palms
Réalisation : Bruno Dumont
Scénario : Bruno Dumont
Acteurs principaux : David Wissak, Katerina Golubeva, Jeremy Davies
Pays d’origine : Allemagne, France, U.S.A.
Sortie : 17 septembre 2003
Durée : 1h59min
Distributeur : Tadrart Films
Synopsis : David, photographe indépendant, et Katia, jeune femme sans travail, atterrissent à Los Angeles et se lancent à la recherche d’un désert pour les décors d’un magazine. S’accouplant sans relâche à tout endroit et à tout moment, ils se disputent et se réconcilient, ne se doutant pas que le danger ne vient pas seulement d’eux-mêmes.

note de LOÏC :
★★★★★★★★☆☆

(…) Bruno Dumont, comme à son habitude, décontenance le spectateur trop impatient de consommer ce film comme un autre, sauf que … Sauf que TWENTYNINE PALMS n’est pas un film comme les autres, sa structure narrative ne répond pas aux normes pré-établies, l’élément perturbateur, celui qui lance une histoire, n’est pas là au bout du premier quart d’heure, seule la contemplation est présente, menée dans le silence ou la furie d’un rapport sexuel. La mise en scène en ressort plus sublime, plus exaltée mais parfois plus vaine aussi, parce que l’histoire devient ennuyeuse. On sait que Dumont aime prendre le temps et le montrer, il aime faire durer les plans jusqu’au delà des conventions et parfois ça agace… ou ça endort. Pourtant, de nombreuses choses se dégagent de ce simili d’histoire, c’est là la force de Dumont, sur peu de choses il montre beaucoup, encore faut-il vouloir le regarder (…)

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RUBBER – Quentin Dupieux – 2010

Projection le lundi 15 juin à 18:00 au Gaumont Marignan


Titre original : Rubber
Réalisation : Quentin Dupieux
Scénario : Quentin Dupieux
Acteurs principaux : Stephen Spinella, Roxane Mesquida, Jack Plotnick
Pays d’origine : France
Sortie : 17 septembre 2003
Durée : 1h59min
Distributeur : UFO Distribution
Synopsis : Dans le désert californien, des spectateurs incrédules assistent aux aventures d’un pneu tueur et télépathe, mystérieusement attiré par une jolie jeune fille. Une enquête commence.

note de PAULINE :
★★★★★★★★☆☆

Alors c’est l’histoire d’un pneu. En plein désert américain, tel un zombie sortant de terre, et après quelques tours de roue hésitants et plutôt comiques, il s’en va semer la mort à coup d’ondes pneumatiques et destructrices. Gratuitement. Pour rien.No reason. A l’écran, des spectateurs, armés de jumelles, suivent en direct cet absurde voyage décalé et mortel, dans une mise en abyme jubilatoire du spectateur consumériste. Comme frappés de folie par le désert et la sècheresse, le pneu et le réalisateur partagent une liberté infinie, s’affranchissant des scénarii classiques. Le pneu prend vie, par des oscillations presque imperceptibles et une bande son qui lui prêtent des attitudes humaines. L’accumulation inéluctable des cadavres crée une tension unique, jamais attribuée dans l’histoire du cinéma…à un pneu. Comme dans Duel(Steven Spielberg , 1971), l’absence de « mobile » fait mouche, mais avec cette fois un humour visuel donnant au concept une légèreté appréciable et une poésie inattendue (…)

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GERRY – Gus Van Sant – 2004

projection le jeudi 11 juin 2015 16:00 à Publicis Cinémas

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CRITIQUE

• Titre original : Gerry
• Réalisation : Gus Van Sant
• Scénario : Gus Van Sant, Casey Affleck, Matt Damon
• Acteurs principaux : Casey Affleck, Matt Damon
• Pays d’origine : États-Unis
• Sortie : 3 mars 2004
• Durée : 1h43min
• Distributeur : MK2 Diffusion
• Synopsis : Deux hommes, nommés tous deux Gerry, traversent en voiture le désert californien vers une destination qui n’est connue que d’eux seuls. Persuadés d’atteindre bientôt leur but, les deux amis décident de terminer leur périple à pied.
Mais Gerry et Gerry ne trouvent pas ce qu’ils sont venus chercher ; ils ne sont même plus capables de retrouver l’emplacement de leur voiture. C’est donc sans eau et sans nourriture qu’ils vont s’enfoncer plus profondément encore dans la brûlante Vallée de la Mort. Leur amitié sera mise à rude épreuve.

note de MARIE :
★★★★★★★★★☆

(…) C’est par son parti pris esthétique et sa mise en scène que l’oeuvre de Gus Van Sant se démarque de tout ce que l’on a pu voir. Tel un des plus grands peintres impressionnistes, le réalisateur perd ses personnages dans un décor gigantesque et sauvage. La végétation, les rocs, la poussière deviennent des acteurs et des antagonistes prépondérants sublimés à l’image par des plans d’ensemble leurs donnant plus d’importance. Plus encore que par leur beauté, les plans du réalisateur surprennent par leur richesse et leur composition. Maitre incontesté du plan-séquence, Gus Van Sant parvient dans ce film à combiner à la fois les longs travellings accompagnant les personnages et les plans fixes prenant vie par les mouvements des personnages dans cette nature hostile. Dans les deux cas, le réalisateur démontre l’incapacité et l’impuissance des Gerry à agir sur leur environnement. Impression renforcée par la longueur des plans et la dilution du temps qui en découle. Laborieux et infini, le supplice des deux jeunes hommes est étiré par la longueur dans le temps et la lenteur même des gestes des protagonistes (…)

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EN CONCLUSION,

Un des points commun aux films programmés dans le cadre des thématiques c’est que dans tous les cas, Detroit et le désert sont plus que des décors, des cadres dans lesquels se déroulent l’ action… Ils sont des éléments primordiaux et essentiels. Ils interagissent avec les personnages, les obligeant à se remettre en cause, les façonnant comme le feraient d’ autres protagonistes. Mais plus encore, ils influencent les réalisateurs dans leur mise en scène et dans leur récit, les poussant à leur accorder une place de personnages à part entière.