Kyoshi Kurosawa est le réalisateur de perles comme Kairo, Shokuzai ou récemment Real.

Son cinéma, s’il n’atteindra jamais la puissance intemporelle d’un autre illustre Kurosawa (aucun lien de parenté), à le mérite de retranscrire par l’illustration et la suggestion les maux de sa génération. En l’occurrence, une thématique à la fois personnelle et universelle :
L’individu dans un japon écrasé par le poids de l’héritage culturel.

Son film le plus accessible (son meilleur ?) Shokuzai développait ce thème mais utilisait pour cela plusieurs formes – thriller/polar, film paranoïaque, film psychologique, film sociétal, une pointe de fantastique – ce qui le rendait si troublant et puissant.
Il allait même plus loin en embrassant également cinq points de vue féminins, et par là définissait la place de la femme au sein d’une société japonaise, écrasée sous le poids de conventions.

Son nouveau film s’intitulera JOURNEY TO THE SHORE. Voici ses magnifiques affiches – l’internationale et la Française :

Il racontera l’histoire de Mizuki, dont le mari revient subitement à la maison, alors qu’il a été annoncé comme disparu en mer trois ans plus tôt. Mizuki, pas étonné du retour de celui-ci, n’hésitera même pas à l’accompagner dans un voyage, vers tous ceux qui ont « aidé » Yusuke pendant ces trois années.

Comme à son habitude, la frontière entre réel et fantastique/fantasme est plus que ténue. Le pitch annonce une certaine tendance à la morosité atmosphérique, typique du cinéma de Kurosawa – quant à la critique sociétale, on imagine qu’elle s’extirpera des interactions entre ce couple fantomatique et un japon survivant (3 ans… cela correspond à la catastrophe de Fukushima).

On espère toutefois que JOURNEY TO THE SHORE évitera l’écueil final de , qui troquait ses immenses qualités contre des atours de divertissement pur.

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