La promo tue. Le marketing tue. Le buzz tue. L’attente du public. Les bonnes intentions des réalisateurs. La preuve. Nous sommes le 8 octobre et alors que nous pourrions rester au chaud, regarder les feuilles des arbres tomber, discuter du dernier épisode de Gotham, du retour de American Horror Story ou encore réaliser que Matt Damon a aujourd’hui 44 ans et Bruno Mars 29, il n’en est rien. Nous sommes le 8 octobre et il semblerait que tout le pays, en particulier sur la Toile, n’ait que 3 mots aux lèvres : Xavier. Dolan. Mommy. Véritable phénomène, le film fait le buzz depuis… J’aimerais dire « depuis quelques jours », mais cela serait bien faux. Le film est dans (presque) tous les esprits depuis des mois. Depuis le dernier il me semble. Sans que l’on sache expliquer pourquoi, critiques de cinéma dignes de ce nom ou simples cinéphiles avaient conscience qu’en remportant une Palme d’Or pour Mommy, Xavier Dolan deviendrait le plus jeune réalisateur primé, après Louis Malle certes, mais avant et son Sexe, mensonges et vidéo. De quoi entrer dans l’histoire pour un long moment. Malheureusement, Palme d’Or il n’y aura pas mais ça, le discours plein d’espoir du jeune Canadien nous l’a tous fait oublier.

Depuis mai donc, Xavier Dolan fait ici et là quelques apparitions dans la presse francophone. Jamais de gros éclats, non. Ça, il nous l’a réservé pour plus tard, pour ces jours-ci, pour son marathon promotionnel, pour la hype, pour le buzz. Et on peut dire qu’on a été servi. Quel grand média n’a pas eu son interview, son shooting photo ou son reportage sur le « jeune prodige québécois » (comme l’appelle Les Inrocks)? Article ou dossier spécial dans Le Monde, Positif, Studio Ciné Live, Trois, Vogue Hommes… Couverture et interview pour Les Cahiers du cinéma, L’Express Styles, Madame Figaro, Première, Télérama, Têtu… Master Class parisienne live-tweetée par le compte officiel d’Allociné et MK2 (distributeur de Mommy justement)… Passages remarqués à la radio (Europe 1) puis à la télé (Le Grand Journal et On n’est pas couché)… Xavier Dolan était partout et si vous y avez échappé, vous êtes sacrément chanceux.

Cinemablographer.com

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Car qu’on se le dise bien, le réalisateur est jeune (25 ans en mars dernier), beau (les couvertures de magazine le prouvent), hyperactif (déjà 5 films au compteur) et sacrément talentueux (ses 3 premiers films ont tous été sélectionnés dans la catégorie Meilleur film étranger des César). Chacun de ses long-métrages a ses qualités et ses défauts, ses admirateurs et ses détracteurs. Idem pour le réalisateur. Adoré par certains, méprisé par d’autres, Xavier Dolan faisait jusque-là difficilement l’unanimité. Mais au moment où son cinquième film sort dans nos salles, il semblerait que la tendance soit à l’adoration. Il n’y a qu’à voir les critiques des professionnels. Pour Les Cahiers du cinéma, Mommy est « le meilleur film de Dolan ». Du côté de Gala, on parle carrément d’ « un chef-d’œuvre ». Première affirme que le film vous laissera « en lambeaux mais contents ». Quand Télérama parle d’un film « merveilleusement hybride ».

Du coup, si l’ensemble de la presse est unanime, on se dit que certains internautes vont bien nous trouver quelques erreurs, quelques défauts. Mais là encore, on fait chou blanc. Tout le monde adore Xavier Dolan. Tout le monde adore Mommy. Mais pour quoi au juste? Impatient, on accourt à la première projection nationale du film. Bah oui, ce serait trop bête de passer à côté de quelque chose de grand, d’unique, de sensationnel. Du moins, c’est ce que les médias et même nos proches (qui ont vu Mommy en avant-première) nous disent. Pour ne pas être largué, on a eu la bonne idée de se refaire la filmographie du petit Dolan. Tant qu’à faire. J’ai tué ma mère nous a rappelé nos propres disputes avec notre maman chérie. Les Amours imaginaires nous a fait penser à un ou une amie qui craque toujours pour le mauvais garçon. Laurence Anyways nous a mis une véritable claque de tolérance. Quant à Tom à la ferme, ce thriller indescriptible, il nous a complètement largué en pleine campagne, mais on a adoré ça. Parce que Xavier Dolan (se) dirige comme personne !

Et Mommy du coup? Bah Mommy… Bah rien. Tout a déjà été dit, écrit, publié ou tweeté sur le représentant du Canada aux prochains Oscars. A tel point que l’on voudrait presque ne plus jamais en entendre parler. Mais nous n’aurons pas cette chance, puisque est partout et ne compte pas retourner dans l’ombre de si tôt. Le cinéma de s’adressant désormais à tous. Le film a des qualités certaines (acteurs charismatiques, bande originale pop et (d)étonnante, direction d’acteurs impressionnante, choix stylistiques pertinents) mais ce n’est finalement pas le choc attendu, la gifle espérée. Le film est-il tout juste bon ou avons-nous simplement rehaussé nos attentes après tous ces éloges? Le film est-il trop mainstream ou juste survendu? Réponse : Mommy nous touche par moments, nous émeut carrément parfois, mais pas au point de finir notre paquet de mouchoirs, d’avoir le souffle coupé ou les jambes tremblantes. Ici, on ne saura que vous le recommander (pour pouvoir en parler en société) mais pragmatisme oblige, on ne vous mentira pas. Car si nous avons des critères objectifs, nous ne serons jamais deux à le percevoir de la même manière.

Nous sommes le 8 octobre et Mommy est officiellement en salles.

CASTING
Titre original : Mommy
Réalisation : Xavier Dolan
Scénario : Xavier Dolan
Acteurs principaux : , Suzanne Clément, ,
Pays d’origine : Canada
Sortie : 8 OCTOBRE 2014
Durée : 2h14mn
Distributeur : Mk2 Diffusion,
Synopsis : Steve sort d’un établissement pour jeunes à problème et revient vivre avec sa mère Diane. Cette famille mono-parentale lutte pour trouver la stabilité familiale.
BANDE-ANNONCE