Sean Connery, so long James (1930-2020)

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Après Roger Moore en 2017, une autre figure emblématique ayant endossé le costume de James Bond nous quitte. Sean Connery était le premier à le faire et restera dans le cœur de beaucoup comme le seul et unique James, celui qui aura le plus convaincu par son charisme, son physique, son humour et ses capacités de séduction évidentes, auprès des actrices à qui il donnait la réplique certes, mais aussi envers le spectateur.

Peu après la mise en boîte de Dr. No (1962), premier film de la légendaire saga de l’agent secret britannique en devenir, Sean Connery rejoint Tippi Hedren et Alfred Hitchcock sur le plateau de Pas de printemps pour Marnie (1964), drame psychologique où il se distingue à travers une prestation au jeu nuancé et émotionnel, en soutien d’une Marnie à la dérive. Un premier indice pour un jeune comédien qui venait à peine de se marier avec une étiquette sans trop le deviner, celle d’un espion casse-cou et tombeur de ces dames, dont il se battra plus tard pour s’en défaire définitivement lors d’un ultime retour en 1983 faisant office d’adieu devant la caméra du réalisateur de L’empire contre-attaque (Jamais plus Jamais de Irvin Kershner).

Étant donné que bien des choses ont été vues, dites et écrites autour de la figure de James Bond qu’il a interprété, nous préférerons lui rendre hommage à travers les autres œuvres qui ont constitué l’autre partie de sa carrière, en traversant les époques.

Ainsi, après avoir dit stop une première fois au matricule 007 avec Les Diamants sont éternels (1971), la décennie 70 est marquée par le slip rouge qu’il enfile pour John Boorman dans Zardoz, film de science-fiction immédiatement kitsch mais surtout de grands films d’aventures «à l’ancienne » dont nous citerons Le Lion et le Vent (1975, John Milius), La grande attaque du train d’or (1978, Michael Crichton) ainsi que le formidable L’homme qui voulut être roi de John Huston (1976), magnifique fresque narrant le destin de deux explorateurs jouant à se prendre pour Dieu dans une petite cité perdue au milieu des Indes fin du XIXè siècle. Sean Connery forme alors un duo avec Michael Caine pour un spectacle qui n’a pas pris une ride, plastiquement superbe et aux nombreuses péripéties, doublé d’un discours sur la nature primaire et l’insatiable soif de conquêtes de l’homme qui fait toujours réfléchir.

Les années 80 marqueront sa consécration au panthéon du cinéma puisqu’il décrochera l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour son personnage de Malone dans Les Incorruptibles de Brian de Palma (1987). Avant cela, il se distingue dans des productions de plus en plus mineures parmi lesquelles nous citerons deux films intéressants et particulièrement mésestimés ou simplement peu connus ; Outland, loin de la terre de Peter Hyams (1981), soit un retour beaucoup plus heureux à la SF après Zardoz et le film policier musclé Presidio, base militaire San Francisco (1988) du même réalisateur. Il est le mentor du Highlander Christophe Lambert en 1986 et campe par la suite un inoubliable Guillaume de Baskerville dans sa robe de bure. Jean-Jacques Annaud réalise l’un de ses meilleurs films en plus d’une excellente adaptation du roman d’Umberto Eco, un auteur érudit et souvent réputé inadaptable avec le foisonnant thriller médieval Le nom de la Rose (1986).

Il devient un idéal Henry Jones, père d’Indiana dans La Dernière Croisade de Spielberg en 1989, mais en dépit de tournages toujours très prolifiques, moins de rôles marquants s’annoncent à l’aube des années 90 exception faite d’une prestation affolante de charisme une fois de plus, dans le spectaculaire À la poursuite d’Octobre Rouge de John Mctiernan (1990).

La carrière de Sean Connery sera aussi marquée par de nombreux refus dont le plus célèbre demeurera celui du rôle de Gandalf pour Le Seigneur des Anneaux (2001). Déçu par son manque de flair, l’acteur fera tout pour camper l’un des gentlemen de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires (2003) d’après le roman graphique d’Alan Moore et au terme d’un tournage houleux, d’un résultat décevant sur les écrans et de recettes qui ne suivront pas vraiment, ce dernier film signera l’arrêt de sa carrière, l’écossais préférant s’adonner aux « joies de la retraite » comme il l’annonçait un peu partout alors que les propositions continuaient pourtant d’affluer.

Une fin de vie paisible passée sur les terrains de golf et où il était possible de l’apercevoir au stade, devant un match de football ou de tennis. So long James.

Loris Colecchia

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