QUENTIN TARANTINO

En marge de notre critique de Hateful Eight et du portrait de Tarantino à travers l’analyse de ses films précédent, on vous propose un petit classement tout à fait gratuit et subjectif des 9 (oui, 9) films du maître !
Un ordre de préférence plutôt qu’un top d’ailleurs, puisque chaque long-métrage de Quentin Tarantino est finalement un chef d’oeuvre à sa manière —  N’hésitez pas à laisser votre avis ou votre top à vous, dans les commentaires !

 

N°9 : INGLOURIOUS BASTERDS

Inglourious Basterds
Rien que pour l’introduction dans la campagne française, ce film devrait être montré comme un exemple de maîtrise scénaristique et de direction d’acteurs. Avec , Tarantino donne au cinéma une vocation nouvelle : l’uchronie comme revanche sur l’Histoire. Pourtant, avec ce film que l’auteur considère comme son masterpiece, on touche également aux limites du système Tarantino (de la violence, du gore, de l’humour, un scénario retors, l’iconisation de personnages à travers la violence) donnant au film un air parodique. Resteront la découverte Christoph Waltz et un bon moment passé avec une sacrée bande de dégénérés. 

 

N°8 JACKIE BROWN

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Jackie Brown, un premier fétichisme du cinéma de genre (la Blaxploitation), mais c’est également Tarantino scénariste-sensible à son top (Jackie & Max). C’est drôle, bien écrit, c’est quelques moments d’anthologie ! On pense à Pam Grier avançant majestueusement sur des tapis roulant, à cet intense plan-séquence dans le mall, à De Niro pétant un câble sur un parking, à Michael Keaton en flic demeuré ou Samuel L. Jackson en dealer aux cheveux longs et roux…

Jackie Brown, c’est aussi un suspense crescendo, jusqu’au final. Et la bande originale… Bon sang… Encore du tout bon. Malgré tout, le rythme très posé et la narration tout à fait linéaire du film peuvent surprendre par rapport au reste de son oeuvre.

 

N°7 KILL BILL VOLUME 2

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KILL BILL VOLUME 2, considéré « seul », ressemble à une résolution narrative satisfaisante du scénario-post-it introduit dans le volume 1.

Moins percutant que son prédécesseur, car versant moins dans l’hommage que dans la sensiblerie et l’auto-parodie (le monologue « superman »)… On pourrait le résumer à un western un peu bancal émaillé de grands moments de cinéma. Mais lorsqu’on le met réellement en perspective avec son préquel, il nous apparaît comme le volet le plus exigeant et le plus riche, concentrant l’âme, les obsessions, et la sensibilité de son auteur. Certes, Tarantino rend des hommages, mais il va aussi beaucoup plus loin en les réintroduisant à son univers personnel. Il ne s’est pas contenté de s’amuser avec son objet (comme le feront ses films par la suite), il atteint dans l’ensemble un niveau de maîtrise exceptionnel ou tout est limpide, évident et fait sens. Il y a de la folie bien sûr, mais surtout une émotion forte, que Tarantino n’atteindra jamais ailleurs.

 

N°6 : DJANGO UNCHAINED

n°6 : DJANGO UNCHAINED "Django Unchained poursuit ce que Tarantino avait initié dans Inglorious Basterds, à savoir l'utilisation de la violence cathartique pour donner aux minorités spoliées une revanche sur l'Histoire. Beaucoup plus qu'avec Kill Bill Vol 2, Quentin Tarantino tient son western, moderne, excellent et badass, celui qui se réapproprie les codes tout en les secouant. A travers les dialogues notamment, et des personnages extrêmement bien sentis. Jouissif par endroitq, généreux, pas tape à l’œil mais précis et respectueux du genre (visuellement), Django Unchained redonne à Tarantino une crédibilité et le sort du système dans lequel il semblait s'enfermer... Cinéma de plaisir, Django n'est pas forcément culte - seul le temps le dira - mais permet de déjà passer un excellent moment.

poursuit ce que Tarantino avait initié dans Inglorious Basterds, à savoir l’utilisation de la violence cathartique pour donner aux minorités spoliées une revanche sur l’Histoire. Beaucoup plus qu’avec Vol 2, Quentin Tarantino tient son western, moderne, excellent et badass, celui qui se réapproprie les codes tout en les secouant à travers les dialogues ou des personnages et situations extrêmement bien sentis. Jouissif par endroits, généreux tout le temps, pas tape à l’œil mais précis et respectueux du genre (visuellement), Django Unchained redonne à Tarantino une crédibilité et le sort du système dans lequel il semblait s’enfermer… Cinéma de plaisir, Django n’est pas encore foncièrement culte, mais permet de déjà passer un excellent moment.

 

N°5 :

the hateful eight

Objectivement, LES HUIT SALOPARDS pourrait se voir un huis-clos en contexte de guerre de sécession, un passionnant Cluedo à l’installation ultra-patiente (trop longue diront certains), où la règle du jeu serait donc de déchiffrer des personnages possédant plusieurs niveaux de lecture: caractère, vécu (et accessoirement psychologie), opinions politiques, motivations, intentions. Si possible avant que l’auteur nous donne sa solution, jouissive et sanglante. Toutefois, LES HUIT SALOPARDS est également un film-somme autant qu’un dynamitage (parodie ?) du cinéma de Tarantino !.. Mais un film aussi personnel peut-il vraiment s’apprécier sans mise en perspective avec l’oeuvre du réalisateur ?

 

N°4 BOULEVARD DE LA MORT

Boulevard_de_la_mort

Aaaaaaaaaah le mal aimé … Considéré par beaucoup comme un après Kill Bill mal négocié, parodique, vide et vain, nous choisirons plutôt de prendre du recul et d’observer ses immenses qualités de fond : une jouissance sensorielle exprimant pleinement un combat entre deux sexes mais également une forte empathie pour la cause féminine … Un étalage du génie de Tarantino en termes d’écriture de personnages, de placement d’ambiance, de mise en scène d’un cachet oldschool … Un nouvel hommage puissant (Carpenter via Kurt Russell, Faster pussycat kill, Vanishing Point… Mad Max) à même de générer de nouveaux cinéphiles de genre ! Et à travers tout cela, un portrait de l’auteur cinéphile, féministe, sensible et génie.

 

N°3 : RESERVOIR DOGS

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Exemple parfait du film indépendant à réaliser pour se faire remarquer. Économie de budget avec un huis-clos, rythme, répliques cinglantes, bande son au top, un super scénario, une star qui produit (Harvey Keitel)… Tout hurle « culte » quand on pense au premier film de QT. De la scène mythique de torture sur fond de « Stuck in the middle with you » au dialogue d’intro sur les pourboires en passant par l’attribution des noms de code et une impasse mexicaine piquée à City on Fire ! Le film est aussi porté par une mise en scène pas encore sure d’elle mais pétrie de bonnes idées (le hors champ, les plans séquences, les travellings, la musique, le chapitrage) et une mise en avant de la violence comme langage entre les personnage et lien entre les situations ! Il y a quelque chose de très simple avec et totalement fascinant en même temps. Nerveux, et pourtant déjà verbeux, il préfigure ce que sera l’oeuvre de ce cinéaste du « plagiat », dans le bon sens du terme !

 

N°2 : KILL BILL VOLUME 1

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Si l’on considère Volume 1 et volume 2 comme une oeuvre unique coupée en deux dans laquelle Tarantino rend des hommages puis va beaucoup plus loin en les réintroduisant à son univers personnel, Volume 1 est alors ce film patchwork, ce déchaînement de violence gratuite référencé et endiablé ou l’auteur délaisse les scénarios chiadés et/ou les temporalités éclatées pour prolonger le fétichisme cinéphile entamé avec ; Et même si Kill Bill marque le début d’une nouvelle période ou le réalisateur commence à s’auto-parodier pour mieux se renouveler, Tarantino devient officiellement avec Kill Bill, ce passeur de culture à travers des hommages puissants et personnalisés aux cinémas de genre.

 

N°1 : PULP FICTION

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Probablement son film le plus inconséquent : pas de renouvellement extraordinaire par rapport à Reservoir Dogs, peu de cette sensibilité particulière (JB & Vol 2), pas de fétichisme cinéphile (JB, KB, BdlM), et par rapport à Inglourious, Django & H8teful, pas de révision de l’histoire et encore moins de point de vue politique … … … mais pourtant.. QUE C’EST BON, BORDEL ! est un pur film de jouissance cinéphile ou Tarantino nous immerge dans un univers, une mythologie aussi inédite que profonde ou violente, portée par nombre de scènes, situations et personnages iconiques ayant marqué à tout jamais l’inconscient collectif. Un chef d’oeuvre.

Par Thomas, EtienneEric et Pierre.
Ordonné en loosedé par Georgeslechameau

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THE HATEFUL EIGHT sur Le Blog du Cinéma

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INFORMATIONS

Affiche du film LES 8 SALOPARDS


Titre original :
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Acteurs principaux : Samuel L. Jackson, Jennifer Jason Leigh, Kurt Russell, Walton Goggins, Demian Bichir, Tim Roth, Michael Madsen, Bruce Dern , Channing Tatum
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie U.S. : 25 décembre 2015
Durée : –
Distributeur : –
Synopsis : Après la Guerre de Sécession, huit voyageurs se retrouvent coincés dans un refuge au milieu des montagnes. Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, ils réalisent qu’ils n’arriveront peut-être pas à rallier Red Rock comme prévu…

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