Photo du film HALLOWEEN KILLS
Crédit : Universal Studios. All Rights Reserved.

HALLOWEEN KILLS, bouffée de sang frais – Critique

Lily Rédactrice

On avait laissé Michael Myers prisonnier des flammes à la fin du reboot d’Halloween en 2018. C’était sans compter sur la ténacité légendaire du tueur d’Haddonfield. Et qu’on se le dise, HALLOWEEN KILLS lui assure un retour absolument grandiose.

Michael Myers, l’increvable, a-t-il réellement déjà été à la hauteur de sa réputation ? Si l’on effectue le calcul, le pourcentage de morts à l’écran dans la saga Halloween reste bel et bien en-deca de celui des Vendredi 13 ou de la franchise Freddy Krueger. Bien sûr, le bodycount n’est pas un critère valable dans l’évaluation de la qualité d’un film d’horreur – loin s’en faut. Néanmoins, Halloween premier du nom est communément accepté comme le père des slashers modernes. Or, cessons de nous mentir. La proportion d’hémoglobine générée à l’image contribue grandement au plaisir de visionnage dans ce sous-genre de l’épouvante.

Photo du film HALLOWEEN KILLS
Crédit : Universal Studios. All Rights Reserved.

Du sang pour les assoiffés

Dans HALLOWEEN KILLS, Michael Myers embrasse enfin tout son potentiel. Après un épisode sciemment consacré à installer le personnage de Laurie Strode comme sa rivale la plus redoutable, le boogeyman légendaire s’extirpe du piège mortel qu’elle lui avait tendu pour s’en donner à cœur joie dans les rues d’Haddonfield. D’autant que, pour le coup, notre chère Jamie Lee Curtis se trouve ici hors-jeu. Mise au tapis par la gravité de ses blessures, elle assiste aux événements, impuissante, depuis sa chambre d’hôpital. Frustrant, n’est-ce pas ? Brillant surtout. Elle le dit elle-même : « C’est moi qui dois lui donner le coup de grâce. » Or, pour le moment, elle n’est pas là. Et donc, le massacre bat son plein.

Gore, spectaculaire, vertigineux… D’effusion de sang en effusion de sang, HALLOWEEN KILLS éclabousse la caméra. Impossible qu’un amateur de slasher n’y trouve pas son compte. Toutefois, le film use intelligemment de sa violence et va même chercher plus loin que la douleur physique. Il est propre au slasher d’empiler les cadavres sans impact émotionnel. Ici, un certain soin est apporté aux relations interpersonnelles. Si bien que Michael Myers blesse autant par le corps que par l’attachement éprouvé pour ses victimes. Il en prend lui-même conscience et trouve par ce biais un nouvel instrument de torture.

Photo du film HALLOWEEN KILLS
Crédit : Universal Studios. All Rights Reserved.

Du sous-texte pour les lettrés

De plus, HALLOWEEN KILLS creuse un peu plus le sillon de la folie amené par son précédent volet. Il met en exergue l’aveuglément et la hargne du groupe face à une menace insaisissable. Métaphore évidente de la haine vrombissante exaltée par certaines formes d’intégrisme, le masque anonyme de Michael Myers en est le vecteur idéal. Naît alors une scène grandiose, parfaitement ahurissante, où une foule en furie prend en chasse un innocent. Le tout, en scandant inlassablement le même slogan : « Evil dies tonight » – « Le mal meurt ce soir » en V.F.

HALLOWEEN KILLS assume par là même le caractère fantastique de son antagoniste principal. Michael Myers est la violence absolue, intrinsèque à notre société, qui frappe sans but et nous revient sans cesse. C’est pourquoi, lorsque le masque tombe, son faciès nous est dissimulé par d’habiles jeux de lumière et de cadrage. Car il est un symbole : il n’a pas de visage et n’en a jamais eu. Ceci, conformément à la vision de John Carpenter en 1978 et au contraire de celle de Rob Zombie en 2007, qui s’attachait à nous raconter une toute autre maladie sociétale.

Photo du film HALLOWEEN KILLS
Crédit : Universal Studios. All Rights Reserved.

Des réfs pour les initiés

HALLOWEEN KILLS se révèle effectivement très riche. Du sous-texte déjà dense, il se pare également d’un important référentiel. En autocitations, d’une part, car le film effectue de nombreux allers-retours entre 2018 et 1978. Ce qui permet une nouvelle lecture de l’événement en croisant les points de vue… Et ainsi de s’apercevoir que Laurie Strode n’est pas seule survivante. D’autre part, le film fourmille de multiples clins d’œil au cinéma d’horreur, à John Carpenter et ose quelques gags meta plutôt bienvenus. Toutefois, l’ensemble peut parfois sembler indigeste et laisser les spectateurs non-initiés sur le carreau. En particulier lors de la longue scène finale, rythmée par un discours prophétique énoncé par Laurie Strode. Qui, on le sait, n’attend qu’à se venger dans le prochain HALLOWEEN ENDS.

Lily Nelson

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Titre original : Halloween Kills
Réalisation : David Gordon Green
Scénario : Scott Teems, David Gordon Green
Acteurs principaux : Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak
Date de sortie : 20 octobre 2021
Durée : 1h46min
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