Photo du film INSIDIOUS LA DERNIÈRE CLÉ

INSIDIOUS : LA DERNIÈRE CLÉ… d’une saga à l’agonie – Critique

Encombré d’un glorieux héritage qu’il peine à assumer, le quatrième volet de la saga Insidious n’aura pas marqué les esprits. Pourtant, cette préquelle comporte quelques qualités louables et recèle le charme d’un direct to video qu’on a peut-être oublié de lui concéder.

INSIDIOUS : LA DERNIÈRE CLÉ, quatrième incursion dans l’univers créé par James Wan en 2010, n’était vraisemblablement attendu par personne. Succès mitigé en 2018, il aura fallu attendre son apparition au catalogue Netflix en janvier pour rappeler au public l’existence de cette préquelle. Non-événement à sa sortie en salles, le film semble toutefois parfaitement toucher sa cible par le biais du service de streaming. En effet, s’il ne parvient jamais à se hisser à la hauteur de son illustre premier volet, INSIDIOUS : LA DERNIÈRE CLÉ n’en demeure pas moins un plaisir coupable d’initiés, biberonnés au rayon épouvante du vidéo-club de leur quartier.

Dès le générique d’ouverture, un sourcil circonspect se lève à la mise en lumière des noms des producteurs, Oren Peli et – bien évidemment – James Wan, reléguant à l’anonymat le plus strict Adam Robitel, réalisateur effectif de ce quatrième volet. Un procédé qui n’est pas sans rappeler les baselines putassières “Par le producteur de (…)” qui pullulaient sur les jaquettes VHS et DVD d’un passé pas si ancien. Cette logique de supermarché demeure pourtant intrinsèquement liée à la saga d’horreur. Des Griffes de la nuit à Paranormal activity, toutes prennent pour point de départ un heureux accident. Ce petit film, projet d’auteur au budget limité, qui a su créer la surprise au box-office

Blumhouse Productions, Alliance Films, Automatik Entertainment, Haunted Movies

Insidious ne fait pas exception à la règle. Avec quelque 1 500 000 dollars et de la suite dans les idées, James Wan y expérimente sciemment, s’emparant des codes classiques du film de maison hantée pour les tordre et les remanier, insufflant ainsi un renouveau dans un sous-genre tombé jusqu’alors en désuétude. À ce titre, on peut voir en Insidious l’ingénieux brouillon d’un Conjuring… D’où peut-être cette récurrente impression qu’Insidious premier du nom se suffit à lui-même. Le deuxième volet n’avait rien de neuf à offrir. Oubliable, il n’est qu’une suite forcée, produite pour capitaliser sur une recette déjà éprouvée. Le recours ultérieur à la préquelle en est la parfaite illustration. Il n’y avait plus rien à raconter, sinon à greffer des sous-intrigues sur un univers déjà construit.

Or, de ce procédé, INSIDIOUS : LA DERNIÈRE CLÉ semble bel et bien tirer profit. Le film choisit de centrer son intrigue sur la medium Élise, comme l’avait déjà tenté de manière hasardeuse Insidious : Chapitre 3. À ceci près que ce dernier épisode s’émancipe du cachet sombre et mystique imposé par James Wan, pour s’approcher davantage du divertissement d’épouvante adolescent. Les coéquipiers chasseurs de fantômes, auparavant simples esquisses amusantes, deviennent de purs sidekicks (faire-valoir du héros), véritables clichés comiques du genre. L’intrigue, capillotractée au possible, prend place dans la maison d’enfance d’Élise, entre polar réel et hantise paranormale. Et se joue une série de rebondissements, certes attendus, mais cependant décemment bien ficelés – au point de se laisser aller à vouloir en connaître l’issue.

Photo du film INSIDIOUS LA DERNIÈRE CLÉ
Blumhouse Productions, Stage 6 Films

De la mise en scène, on retient quelques fulgurances. Notamment, une séquence d’introduction glaçante et des jumpscares suffisamment égrenés de ci de là pour provoquer d’immanquables sursauts… On notera toutefois plusieurs ratés, qui auraient pu être évités par d’habiles coups de ciseaux bien placés au montage. Néanmoins, pour peu que l’on accepte de jouer le jeu, il suffit d’éteindre la lumière pour savourer niaisement ce film, une main sur la télécommande, l’autre sur la cuisse d’un partenaire enivré juste à côté. INSIDIOUS : LA DERNIÈRE CLÉ se distingue ainsi comme un chouette spectacle de canapé, sans aucune autre prétention que celle de donner quelques frissons sporadiques sans grandes conséquences.

Le métrage se révèle, à l’évidence, calibré pour la vidéo. Il n’aurait jamais dû pénétrer la salle, d’où certainement sa déplorable réputation de par le Web. Il souffre à l’évidence de n’être que l’énième éructation d’une saga fatiguée, étirée à l’extrême, qui a fini par lasser et décevoir ses spectateurs. Peut-être aurait-il gagné à assumer ses ambitions mercantiles en sortant directement sur le marché DVD, Blu-ray et VOD. D’un direct to video, on attend effectivement moins d’audace que de fun. Or, c’est bien cette carte qu’INSIDIOUS : LA DERNIÈRE CLÉ entend jouer. Sa ressortie sur Netflix semble alors toute indiquée. Enfin, ce film a trouvé sa place… Pour peu qu’on lui pardonne son lourd héritage.

Lily Nelson

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Titre original : Insidious: The Last Key
Réalisation : Adam Robitel
Scénario : Leigh Whannell
Acteurs principaux : Lin Shaye, Caitlin Gerard, Spencer Locke, Javier Botet, Josh Stewart
Date de sortie : 4 janvier 2018
Durée : 1h43min
2.5
Sympathique
Rédactrice
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