Photo du film THE FABELMANS
Crédits : Storyteller Distribution Co., LLC.

THE FABELMANS, l’hommage final de Spielberg – Critique

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Depuis toujours, les réalisateurs s’aventurent à raconter l’histoire du cinéma à travers leur médium favori : la caméra. Après Tarantino avec Once Upon A Time… In Hollywood et plus récemment Chazelle avec Babylon, c’est au tour de Spielberg d’écrire sur le cinéma avec son dernier film The Fabelmans. Mais le réalisateur n’écrit pas simplement une lettre d’amour à un art qu’il chérit, il s’ouvre brillamment tout en écrivant une lettre aux siens.

L’histoire d’un jeune garçon et sa passion

THE FABELMANS suit l’histoire de Sammy Fabelman, qui, à l’âge de 7 ans, devient fasciné par le cinéma après avoir vu The Greatest Show on Earth. Terrifié et captivé par la scène de la collision entre la voiture et le train, c’est seulement une fois reproduite, filmée et revue dans son placard avec sa mère qu’il réussit à reprendre le contrôle. Cette forme de contrôle, il va la chercher toute sa vie.

Cet événement n’est que le début d’une longue passion pour le cinéma et la réalisation pour Sammy, personnage principal du film inspiré de la vie du réalisateur lui-même. Le spectateur a le plaisir de suivre son enfance et son adolescence, pendant laquelle il s’essaie à toutes sortes de films, découvre les effets spéciaux, la réalisation et partagent ses films avec son entourage. Le plaisir est doublé par cette impression d’accéder aux secrets d’enfance d’un des plus grands réalisateurs de tout le temps.

Photo du film THE FABELMANS
Crédits : Storyteller Distribution Co., LLC.

Une histoire de famille

Mais nous ne pouvons pas parler de ce film sans parler de l’histoire familiale qui en est la trame principale. THE FABELMANS est d’abord le récit d’une famille qui se construit, qui se déplace et qui se sépare. Le père (Paul Dano) , génie de l’informatique, la mère (Michelle Williams), entre femme au foyer et concertiste, les soeurs de Sammy, les premières à tourner dans ces films, le meilleur ami (Seth Rogen), un peu trop proche de la famille. Spielberg rend hommage à sa famille et à tous ceux qui l’ont entouré en cherchant à montrer toute leur complexité.

La famille se déchire et la pellicule tourne, celle du Spielberg derrière la caméra et celle de celui de l’écran. Sammy capture les scènes puis les revit, les découpe, les analyse, les rembobine. Quand il réalise un film de leurs vacances au camping, il comprend, après une scène nous rappelant Blow Up, que sa mère a une liaison. Il en fait deux films, deux souvenirs distincts, deux réalités contradictoires. Et quand sa caméra est rangée en-dessous de son lit et qu’il ne peut pas filmer, il s’imagine quand même en train de filmer les disputes, pour pouvoir mieux les comprendre. Ces moments témoignent du lien intrinsèque entre sa famille et sa passion. Et cette relation, elle est annoncée dès la première partie du film comme une prophétie : l’oncle Boris (Judd Hirsch) lui annonce que, comme tous les artistes de la famille avant lui, l’art et la famille vont le déchirer en deux.

Photo du film THE FABELMANS
Crédits : Storyteller Distribution Co., LLC.

Un cocktail brillamment réussi

Une réalisation presque parfaite, mais qui n’approche jamais le prétentieux, pourtant ce serait si facile. Nous sommes presque fascinés par la manière dont Spielberg présente comment il est devenu un génie du cinéma sans que cela tombe dans le mégalomane. La réponse est peut-être dans la simplicité : Spielberg comme Sammy aime juste faire des films.

Les performances des acteurs sont toutes justes. Michelle Williams, nommée aux Oscars, nous éblouit et nous fascine particulièrement. Le film est drôle, émouvant et poignant. Son apogée se trouve peut-être dans une des scènes finales qui recoupe toutes ses caractéristiques. Gabriel LaBelle, dont la performance doit être soulignée, confronte son harceleur antisémite après avoir fait un film de fin d’année le mettant en scène comme la star. Le jeune est confus, ému jusqu’à en pleurer, ne comprenant pas pourquoi quelqu’un à qui il a fait tant de mal le présente sous cette lumière. Sammy n’a pas de réponse à toutes ces interrogations, illustrant cette magie de la caméra et du cinéma qui le dépasse déjà. Certains sont tout simplement faits pour. Sammy finit la conversation par lui dire qu’il ne dira à personne leur conversation sauf s’il en fait un film… Ce qu’il promet de ne jamais faire.

La fin du film est le parfait point final. L’horizon ne doit jamais être au centre nous dit David Lynch qui apparaît pour une scène en tant que John Ford, tandis que la caméra tilte vers le haut une dernière fois. Un clin d’œil qui nous ramène à la réalité : au fond, il n’est pas question de savoir ce qui est réel ou fictif, le cinéma est simplement une magie qui ne prétend jamais l’être.

Aliyah ETIFIER

Cet article a été publié suite à une contribution d’un·e rédacteur·rice invité·e.
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SIMON: Il faut dire quelque chose direct: non, ce n'est pas du tout un chef d'œuvre. Mais Spielberg prouve qu'il a une capacité unique à transmettre tendresse, émotions et rires (le film est régulièrement très drôle) et si rien n'est finalement très complexe, on ne peut qu'apprécier son geste, sincère, touchant et émouvant.
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the fabelmans affiche
Titre original : The Fabelmans
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Steven Spielberg, Tony Kushner
Acteurs principaux : Gabriel LaBelle, Michelle Williams, Paul Dano
Date de sortie : 22 février 2023
Durée : 2h31min
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