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La caméra d’or de Cannes 2016 promettait du clitoris, une belle énergie et la naissance de jeunes talents. De ce portrait de fille des cités en quête de réussite et d’argent, on retiendra surtout un film foutraque, longuet et qui n’évite pas les clichés. Divines de Houda Benyamina déçoit là où on aurait aimé être embarqué dans une aventure qui semblait pourtant jolie.
On se rappelle tous du discours survolté de la réalisatrice à Cannes recevant sa Caméra d’or. Elle nous avait touchés, amusés, énervés aussi un peu à ne plus vouloir se taire mais au final elle avait communiqué une joie débordante qui s’achevait sur des youyous et augurait d’un film à son image. Déception, car si le film révèle en effet une belle énergie, il laisse aussi une impression de déjà vu assez ennuyeux.

Photo du film DIVINES

© Diaphana Distribution

Dounia (Oulaya Amamra), vit dans un camp rom avec sa mère serveuse dans un bar minable et alcoolique. Elle est en BEP d’hôtesse d’accueil et explose quand sa prof lui demande de se tenir droite, et suivre les règles. Bien sûr qu’elle voit plus loin que ça Dounia ! Elle veut gagner de l’argent, et pas avoir une vie minable avec ses 1300 € par mois pour enseigner à des jeunes qui en ont marre de courber l’échine. L’alternative ? Rebecca (Jisca Kalvanda), la dealeuse respectée de la cité qui se tape des beaux blonds bien musclés et qui palpe de la caillasse. Avec sa meilleure amie Maimouna (Déborah Lukumuena), Dounia se lance dans sa conquête du “money money money“. Quitter un conformisme pour un autre, celui des codes de la cité, où l’on doit prouver plus qu’ailleurs sa force et son audace, montrer qu’on a “du clito“ et être sans peur ni reproche. Pourtant à la question à quoi rêvent les jeunes, la réponse semble être désespérément la même. Conduire des Ferrari et tremper dans un bain de billets de cash.

Il y en a eu des films sur la banlieue. De Kechiche à Cantet en passant par Rabat Aimeur-Zaimeche ou Matthieu Kassovitz, chacun s’efforce à sa façon de raconter les rêves qui se cachent derrière un quotidien sans espoir. Alors bien sûr ce n’est pas simple de montrer autre chose que ce que l’on a déjà vu, à savoir les dealers de banlieue, la violence policière, l’altercation entre les jeunes et les profs, les caves glauques et les grosses voitures, mais on attendait autre chose. Pourtant la réalisatrice se défend d’avoir fait un film de banlieue : “Le décor importait peu pour moi, je voulais réaliser une tragédie shakespearienne”.
C’est peut être là que le bât blesse, dans ce désir revendiqué de rester libre en parlant de tout, de mélanger les genres, de parler d’amour impossible, de religion et de drogue, de marier le romanesque et une certaine forme de naturalisme. Houda Benyamina en a des choses à dire et à raconter, mais comme son personnage, elle semble avoir du mal à choisir et on finit par décrocher trop vite et se lasser.

“C’est peut être là où le bât blesse, dans ce désir revendiqué de rester libre en parlant de tout, de mélanger les genres (…)”

Dounia observe Djiggi (Kevin Mischel), un danseur sensuel et écorché, vigile dans une grande surface le jour. Une histoire d’amour impossible (et improbable) nait entre eux. Ils se cherchent et se chamaillent, n’osent pas s’aimer, et là où elle trouverait peut être son salut (comme lui l’a trouvé grâce à la danse), elle préférera sauver l’amie de toujours. Dans la vie tout est question de choix. Rebecca explique d’ailleurs que pour gagner de l’argent il faut “oser être riche“, le vouloir et l’accepter comme une évidence. Métaphore du bonheur qui semble relever de notre propre bon vouloir ?

Houda Benyamina dit “vouloir comprendre ses personnages, chercher leur vérité, leur permettre de s’incarner au-delà de tout manichéisme et inverser les codes“. Mais bien que l’on soit dans un film de femme(s), les codes restent bel et bien les mêmes, et si l’on devine l’émotion que la réalisatrice tente de déployer au fil de son récit, la confusion des genres et la surenchère lyrique de certaines scènes de danse, viennent souligner grossièrement ce qu’on aurait aimé ressentir naturellement. La tragédie naît peut-être de cette vacuité dans laquelle Dounia (et le film) s’enfonce doucement.

Alors ce film a-t-il du “clito“ ? Certainement à en croire Houda Benyamina qui raconte que c’est bien plus difficile d’être une femme dans le milieu du cinéma que dans une cité. Elle a un côté guerrier qu’on ne peut que louer, à l’instar de ses comédiennes, toutes épatantes… Malheureusement cela ne suffit pas.

Anne Laure Farges

Voir la critique positive de DIVINES et l’interview de l’équipe du film

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Lep
Invité

Inutile ! Dommage d avoir fait croire à des jeunes qu ils pouvaient être des artistes. Moi aussi j ai voulu y croire à cette énergie. Mais de clichés en clichés, de cris en larmes, de coup et de violence c est un résultat peu convaincant. Rien de beau. Juste envie de faire phouahhhh. ..M y laisserai plus prendre aux avis de Cannes !

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