Chaque nouveau film de Tim Burton est très attendu. Celui qui signait dans les années 90 les cultes Edward aux Mains d’Argent et Sleepy Hollow enchaîne depuis quelques années les longs-métrages décevants. Fidèle, nous ne perdons pas espoir et espérons retrouver celui qui avait enchanté plusieurs générations de jeunes depuis Batman jusqu’à Charlie et la Chocolaterie. Adapté du roman de Ransom Riggs, MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PERDUS une oeuvre hybride, mélange entre un film d’aventures pour enfants et un conte fantastique. L’histoire demeure tout de même assez classique, restant dans l’esprit d’une aventure initiatique.

Après la mort étrange de son grand-père, un jeune garçon, Jake, se découvre des pouvoirs : il est le seul à pouvoir voir des créatures gigantesques et tentaculaires. Se croyant victime d’hallucinations suite à son deuil, il retourne sur les traces de là où le vieil homme avait passé son enfance : un pensionnat pour enfants particuliers. Jake découvre alors d’autres enfants aux pouvoirs surnaturels, avec à leur tête, la fameuse Miss Peregrine. Celle-ci lui révèle que son grand-père n’est pas mort par accident et que les créatures monstrueuses, les Sépulcreux, existent bel et bien.

Même si Tim Burton n’aime pas la comparaison, on ne peut s’empêcher de penser à l’univers des X-Men, où les mutants sont dans une école spécialisée dirigée par le professeur Charles Xavier. On retrouve ainsi les mêmes questions de voyages temporels, introduites dans Days of Future Past, d’ailleurs scénarisé par la même personne que MISS PEREGRINE, Jane Goldman. Cependant, MISS PEREGRINE est bien plus proche d’un autre univers : celui de Harry Potter. Tout y fait penser, ainsi le point de départ des deux histoires est un garçon, souffrant de sa vie ordinaire qui se découvre des pouvoirs. Le ton du film est également similaire aux premiers films de la saga : il est à priori pour les enfants dès 10 ans, tout en mettant en scène des éléments plus horrifiques : les Sépulcreux, aussi effrayants que peuvent l’être le Basilic ou le professeur Quirrell. Se passant en grande partie sur une île censée être au Pays de Galles, le paysage et l’ambiance restent proche de ce que l’on pouvait éprouver en allant à Poudlard.

image de MISS PEREGRINE

On retrouve également dans le premier rôle Asa Butterfield, l’enfant découvert dans Hugo Cabret, qui parvient à exprimer autant d’émotions que Daniel Radcliffe, c’est-à-dire aucune. Il est heureusement sauvé par Eva Green qui de son côté arrive à développer tout un tas de nuances faciales qu’on ne lui aurait soupçonné, améliorant ainsi nettement son jeu, qui se résumait pour l’instant en gros à son rôle de femme fatale qu’elle se traînait depuis Casino Royale. Enfin, le méchant Baroon est incarné par Samuel L. Jackson qui accumule les blagues, contrastant ainsi avec son look de méchant psycho. Son humour un peu forcé parfois est la manifestation même de la volonté de Tim Burton : avoir un antagoniste qui fait peur tout en restant cool.

Qu’on se le dise : Tim Burton se fiche de faire un grand film et cela se ressent. Après le trop sérieux Big Eyes, MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PERDUS donne vraiment l’impression de voir le réalisateur se faire plaisir. Cela aurait pu être décevant, mais le rythme et l’imaginaire gothique du film nous entrainent, pour peu que l’on se prenne au jeu. La scène la plus parlante pour cela reste l’incroyable bataille entre les monstres et les enfants particuliers. Les enfants parviennent à piéger ces affreux monstres invisibles qui mangent les yeux en leur lançant des boules de neiges d’abord, puis des bonbons ! Surprenante, cette scène décalé est marquée par une accélération du montage, dans laquelle se glisse d’ailleurs un caméo du réalisateur, cerise sur le gâteau du divertissement assumé.

“MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS reste un divertissement agréable, complètement assumé par Tim Burton”

Il est évident cependant que MISS PEREGRINE est bien moins intéressant sur les thématique du rêve et du rapport au réel que purent l’être les Burton de jadis. Cela est dû en partie à un scénario parfois mal ficelé, contenant quelques pirouettes forcées, mais aussi à la difficulté du réalisateur à construire un monde cohérent. Dans Big Fish, autre film contenant un monde onirique, les zones d’ombres du scénario faisait partie du mystère de l’oeuvre. Pour ce qui est de MISS PEREGRINE, le style et la densité de l’univers se font aspirer par le schéma narratif du film hollywoodien. Par exemple, l’action démarre trop rapidement. Cela peut être une bonne chose pour un divertissement, mais un film plus travaillé aurait dû passer plus de temps à nous faire entrer dans ce nouveau monde. De même, les thématiques évoquées plus haut se retrouvent enrobées dans des scènes assez simplistes, destinées à émouvoir le public.  Il en reste toutefois un divertissement assez agréable, complètement assumé par Tim Burton.

Alexandre Léaud

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Ygnard
Invité
Ygnard

Film très divertissant ,et beaucoup plus agréable et envoûtant que le commentaire que je viens de lire.
Je suis une maman de 45 ans ,et je me suis amusée autant que ma fille de 11 ans et même mon garçon de 17 ans..
Univers de Tim Burton ,que nous adorons ,le jeu d’actrice Eva Green est envoûtant,
Nous en sortons,et le recommandons vivement…
Merci à Mr Burton.

Marion
Invité
Marion

Bonjour,
Malheureusement en tant que lectrice de cette trilogie, je n’ai pas été emportée par le film. En effet, Tim Burton a pris la liberté de refaçonner l’histoire et pas qu’un peu. Le début, la découverte du pensionnat… Ok, ça reste cohérent. Mais à partir de l’arrivée du sépulcreux dans la boucle… Bon ben ça n’a plus rien à voir. En réalité le film va au-delà du tome 1, mais n’a pour autant rien à voir avec le tome 2.
C’est dommage, car même s’il s’agit (apparement) d’un bon divertissement, ça l’aurait été d’autant plus pour les lecteurs et non lecteurs, si Tim Burton était resté fidèle aux livres. Aujourd’hui faire une suite est impossible, et quel gâchis ! Les tome 2 et 3 étant les meilleurs ….

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