Photo de la série BREAKING BAD

Cet article, c’est l’histoire d’un deuil. L’histoire d’une prise de conscience. L’histoire d’une plume fébrile. Une histoire triste mais finalement heureuse. J’ai mis du temps avant de me lancer dans ces quelques lignes. Le temps nécessaire à la douloureuse acceptation de la fin. La séparation, la déchirure. Le temps nécessaire pour me rendre compte que BREAKING BAD était finie. Le temps de sortir du déni et de faire face.

Une saison magnifique, coupée en deux, se baladant sur deux étés consécutifs. Quelque part, une attente nécessaire et volonté de ne pas finir.
Mais la chute est pour tout le monde la même : inexorablement, lentement, la fin attend. Mais la tristesse, ô combien géante, est compensée, dans une moindre mesure, par une qualité de saison exceptionnelle. Une saison épique, en deux parties ponctuant une série géniale avec la justesse et la maitrise nécessaire pour la faire acquérir le statut de « grande série ».

La saison compte au total 16 épisodes dont seuls les 8 premiers ont été d’abord diffusé. Cette première partie, nerveuse, magistrale a d’ailleurs reçu (enfin !) l’Emmy Award de la meilleure série dramatique. C’est dire…

Photo de la série BREAKING BAD

sert un début de saison tout bonnement exceptionnel et dont la qualité n’est que croissante.

Les premiers épisodes nous plongent dans la continuité du final de la saison 4 tout en nous présentant un Walter White vieilli d’un an. Un teaser de quelques minutes faisant monter la pression et nous prévenant que cette saison va tout bousculer.

Les épisodes sont tous mieux écrits les uns que les autres et l’on retrouve tout le plaisir que l’on ressent en regardant les premiers épisodes de BREAKING BAD. Le duo avec Jesse est présent et les aventures de la troupe sont à la fois drôles et inquiétantes. Dès le premier épisode, toute la douce folie et ce recul caractéristique à la gravité des aventures des personnages principaux sont présents. On déroule alors 8 épisodes tous plus fous les uns que les autres et dont le rythme monte crescendo.

Vince Gilligan sert un début de saison tout bonnement exceptionnel et dont la qualité n’est que croissante. Cependant, pour l’instant, l’entreprise de destruction de l’icône qu’est devenue Walter White, n’est pas encore en marche. Seules quelques prémices se mettent en place, doucement et sûrement, pour commencer la désacralisation d’Heisenberg : quelques désaccords font leurs apparitions entre Jesse et Walt, Mike devient de plus en plus méfiant…

La force de cette première partie est de montrer l’assise de Walter White dans son statut qui devient de plus en plus imposant, confortable et sûr, et, en même temps, de réussir à créer un suspense et une tension sous-jacente prête à exploser, qui nous prouve que les jours de l’empire sont désormais comptés. Et bien que la tragédie guette, ces épisodes sont tellement réussis et maitrisés, que l’on y croît et que l’on a les tripes avec eux à chaque épisode. La force du suspense n’est jamais dégradée par une fin plutôt certaine. Une sorte de mi-saison épicurienne, où l’on avance au gré des épisodes, en en profitant pleinement, sans se soucier du lendemain.

Finalement, ce début s’achève par un épisode à la tension insoutenable et qui met clairement le spectateur dans la direction de la fin. La chute, la remise en cause et la fin sont alors proches. Et là, on bascule dans une deuxième partie, forte et magistrale, mais dans un autre registre.

Photo de la série BREAKING BAD

La série devient noire. Très.

La deuxième partie prend alors place, et tout ce que l’on connait de BREAKING BAD est alors remis en cause. Oubliez les folies en camping-car et slip, laissez de côté le ton humoristique et faites entrer toute la noirceur et la dureté dont Walt a pu faire preuve de manière croissante au cours des saisons précédentes. On joue désormais dans la cour des grands. Des très grands.
Et la tension, le suspense et la noirceur prennent une nouvelle forme. La série se radicalise et le ton devient beaucoup plus dramatique, tragique, sérieux et glaçant.

Maintenant, chaque épisode est un véritable pas de plus vers la fin. Un compte à rebours millimétré et surtout, extrêmement bien maitrisé. Toutes les parts de ligne finale de l’histoire bénéficient d’un réel sens de l’esthétique, du story-telling et de maitrise technique époustouflante. La force même, et ce qui prouve aussi l’aisance de Vince Gilligan, c’est la capacité d’alterner entre des épisodes survitaminés et des épisodes plus tranquilles, où l’intrigue ne progresse alors que par les dialogues. Mais lorsque les épisodes décident de tout chambouler (en témoigne l’épisode 13), accrochez vous ! Le rythme est alors fou, bluffant, enthousiasmant et prenant.

D’un autre côté, ce que l’on peut alors reprocher à cette partie, c’est d’avoir réussi à sublimer certains moments et donc de donner l’impression que certains épisodes sont en dessous. Mais c’est faux. Faux car il faut savoir ne pas se laisser avoir par le rythme et la mise en scène. Les thèmes abordés et surtout la face psychologique des personnages est une partie non négligeable, et bien entendu nécessaire, à cette fin de saison. Désormais, tout le monde est impliqué et chacun en subit les conséquences.

Comme dit plus haut, la série devient noire. Très. Le destin de Jesse, le destin de Hank, les relations que Walt entretient avec sa famille… Ne vous attendez plus à retrouver une série qui mêle le sympathique dans de graves moments. Il n’y a plus que de graves moments. Simplement. Mais sublimés. Maitrisés. Parfaitement joués. Tendus. Secs. Oppressants.

Photo de la série BREAKING BAD

Dans cette fin de saison, BREAKING BAD réussit à dire au revoir à tous ses personnages. Le dernier épisode est alors une leçon magistrale de maitrise et de talent. Lyriques, puissantes, tendres, mélancoliques, amères (et rajoutez ce que vous voulez) les ultimes minutes de la saison sont d’une force rare. La série ne tombe pas dans le piège d’une fin ratée et, au contraire, réalise ce que tout le monde attendait. Le fin ne peut que ravir (dans une certaine mesure) les fans. Ce qui a été fait devait en effet être fait, et le plus important, c’est que cela a été bien fait ! (il y a beaucoup de « fait » dans ma phrase).

D’une tristesse qui n’a d’égal que la joie par la maitrise finale de la saison, cette dernière est tout simplement une leçon magnifique de maitrise et de talent qui permet à BREAKING BAD de figurer au panthéon des meilleures séries de tous les temps. En bousculant et détruisant tout ce qu’elle a su mettre en place, la fin de cette série est juste immense, bouleversante, passionnante et magique. De la tension, de la maitrise, de la nostalgie et une pointe de tristesse, le parfait dernier cocktail empoisonné qui nous emmène doucement mais sûrement vers la fin. De l’euthanasie télévisuelle douce et amère.

Bref.
Encore merci et Bravo !
RIP BREAKING BAD !

NOTE DE L’AUTEUR
[rating:10/10]

Affiche de la série BREAKING BAD

Walter White, 50 ans, est professeur de chimie dans un lycée du Nouveau-Mexique. Pour subvenir aux besoins de Skyler, sa femme enceinte, et de Walt Junior, son fils handicapé, il est obligé de travailler doublement. Son quotidien déjà morose devient carrément noir lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’un incurable cancer des poumons. Les médecins ne lui donnent pas plus de deux ans à vivre. Pour réunir rapidement beaucoup d’argent afin de mettre sa famille à l’abri, Walter ne voit plus qu’une solution : mettre ses connaissances en chimie à profit pour fabriquer et vendre du crystal meth, une drogue de synthèse qui rapporte beaucoup. Il propose à Jesse, un de ses anciens élèves devenu un petit dealer de seconde zone, de faire équipe avec lui. Le duo improvisé met en place un labo itinérant dans un vieux camping-car. Cette association inattendue va les entraîner dans une série de péripéties tant comiques que pathétiques.

Saisons : 5
Nombre d’épisodes : 16
Format : 47-55 minutes
Date de 1ère diffusion US : 15 Juillet 2012 (AMC)
Date de 1ère diffusion FR : 08 Janvier 2013 (OCS Max)
Titre original :
Création : Vince Gilligan
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Bande-Annonce :

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