Photo de la série TOP OF THE LAKE

Après d’innombrables éloges j’ai récemment craqué pour regarder Rectify. Série superbe, et critiquée il y a peu, de la chaîne Sundance Channel. Éloges, oui, mais critiques aussi. En effet la série a divisé le public et nombreuses personnes lui reprochait de ne pas atteindre la qualité de TOP OF THE LAKE, série aussi produite par Sundance Channel, notamment au niveau de la qualité et de la maîtrise d’un rythme contemplatif et lent. Bon, ben moi, j’ai pas trouvé. Rectify était fort bien maîtrisée et TOP OF THE LAKE l’est tout autant.

Bref, tout ça pour dire que j’ai découvert TOP OF THE LAKE grâce à Rectify. Dès que je peux placer quelque chose que j’aime bien, je le fais, c’est comme ça. Mais pour en revenir à la comparaison des deux séries, forcément, au niveau « prestige » TOP OF THE LAKE est un cran au dessus. Pourquoi ? Car, cette série, c’est une série présentée dans les plus grands festivals (Berlin, Sundance, Cannes) et c’est Jane Campion à la création. Et ouais.

Alors forcément il y a la « Campion’s Touch » mais d’innombrables spécialistes bien plus qualifiés que ma triste personne ont analysé et décrypté cette fameuse influence traversant l’œuvre. Je leur lègue alors tout ma gratitude et mon respect puisque je suis à des milliards de kilomètres d’avoir le savoir qu’ils possèdent. Voilà qui est fait.

Photo de la série TOP OF THE LAKE

En un mot : impressionnant.

Moi, mon « talent » (j’espère que ça ne sonne pas trop pompeux) c’est le policier et le criminel. Alors essayons un peu de parler de ça. Enfin ça va être très rapide : c’est excellent. Voilà.
Non plus sérieusement, l’intrigue et sa complexité sont tout bonnement de grande qualité. Tout est riche et travaillé dans les moindres détails et cela nous assure une enquête policière de grande envergure, aux ressorts multiples, et aux thèmes embrassés nombreux. En effet, la force d’un bon policier est, au travers d’une histoire simple, de déployer des ramifications tournant autour de l’humain de façon pléthorique mais, aussi, bien travaillée. Et là la série frappe fort. Très fort. Le bien/le mal, les femmes/les hommes, la place des femmes et la violence qui leur est faite, la filiation, l’éducation, le pouvoir… En sept épisodes, la série arrive à brasser une quantité absolument hallucinante de thèmes, et, tous magnifiquement recherchés, travaillés, détaillés et excellemment traités.

TOP OF THE LAKE nous entraîne dans les tréfonds abyssaux humains et ce, d’une fort belle manière. La série est très pessimiste et noire et l’on observe alors la comédie humaine se débattre vainement sous nos yeux. Les protagonistes luttent, se démènent, sans pouvoir sortir la tête de l’eau. Ainsi chacun y va de sa petite vie et tente égoïstement de mener sa vie d’une manière qui puisse la lui rendre, pas belle, mais juste moins pénible et dure. Les destins sont donc forgés et les caractères bien définis. Une mention spéciale doit être décernée à la série pour la qualité de son casting et des ses personnages. Tous les rôles sont profondément aboutit et bien traités. Et ce ,grâce à la lenteur ambiante de la série qui permet une présentation efficace des personnages. La psychologie de chacun est détaillée, recherchée et, surtout, crédible. Alors certes certains sortent du lot comme Elisabeth Moss, parfaite en inspectrice déterminée, la petite Jacqueline Joe, exceptionnelle dans son rôle, et surtout Peter Mullan, diablement convaincant en père et maître de la ville.

Photo de la série TOP OF THE LAKE

La ville. L’endroit. Un personnage à part entière aussi. D’une part, je vous met au défi de ne pas être impressionné par les paysages. Et donc par la qualité de la réalisation qui arrive, en quelques coups de caméra, à saisir l’immensité, la force et la fragilité de l’endroit. L’atmosphère ainsi dégagée est oppressante et fascinante. On est complètement subjugué et happé par cet endroit, et cela donne alors une dimension supplémentaire à toute cette histoire peu commune. On sort des sentiers battus et de tout schéma connu. Exit les 4×4 américain ou autres ruelles sordides de New-York. Car, d’autre part, l’endroit permet l’apparition d’une ambiance spéciale, directement rattaché avec les codes spéciaux inter-humains et le mode de fonctionnement des habitants du village. On est alors plongé au cœur d’un nouvelle atmosphère, d’une nouvelle loi, d’une nouvelle façon de penser. On entre par effraction dans les mœurs des habitants d’un endroit bien loin de nous. Et la force de la série est de nous faire pleinement entrer en quelques minutes dedans, et de nous y retenir le temps que la série se déroule.

Tout est riche et travaillé dans les moindres détails et cela nous assure une enquête policière de grande envergure, aux ressorts multiples, et aux thèmes embrassés nombreux.

Pour nous tenir en haleine tout le long des six heures totales que dure la série, on peut compter sur la réalisation. En effet, si l’endroit et les paysages sont si importants et mis en valeur, c’est grâce à une technique irréprochable. Les cadrages sont précis et recherchés et la photo est superbe. L’harmonie esthétique de la série ajoute une touche attrayante en plus à une série qui ne manquait déjà pas d’atout. Mais plus qu’un accessoire, la réalisation fait partie à part entière de la série. Comprenez que la beauté et la qualité technique s’accorde en réalité parfaitement à la série et en fait complètement partie. C’est une vraie pièce maîtresse qui permet une ambivalence existentielle avec les reste de la série. Sans une aussi belle réalisation, la série ne serait pas ce qu’elle est. Et sans une telle série, une telle recherche et perfection de réalisation n’aurait été faite. Pour preuve, les nombreuses figure de style cinématographique : l’endroit appelé « Le Paradis », la symbolique de l’eau et du lac… La série regorge donc de détails et d’attention. C’est à la fois délicat et recherché, dur et travaillé. En un mot : impressionnant.

La série est donc superbe. Belle, magnifiquement mise en scène, elle nous transporte et nous attrape pour un voyage lent, approfondi, unique, particulier, attachant et déroutant. Une série qui sort de l’ordinaire, travaillée, recherchée et à l’ambiance particulière qui assume ses choix et qui fait bien de les assumer ! Un univers, une enquête, un pessimisme magnifique pleinement révélé dans un dernier épisode époustouflant, une atmosphère dérangeante, des caractères extraordinaires, bref, une série unique à voir !

Photo de la série TOP OF THE LAKE

NOTE DE L’AUTEUR
[rating:10/10]

Affiche de la série TOP OF THE LAKE

Tui, une jeune fille âgée de 12 ans et enceinte de 5 mois, disparaît après avoir été retrouvée dans les eaux gelées d’un lac du coin. Chargée de l’enquête, la détective Robin Griffin se heurte très rapidement à Matt Mitcham, le père de la jeune disparue qui se trouve être aussi un baron de la drogue mais aussi à G.J., une gourou agissant dans un camp pour femmes. Très délicate, l’affaire finit par avoir des incidences personnelles sur Robin Griffin, testant sans cesse ses limites et ses émotions…

Saisons : 1
Nombre d’épisodes : 7
Format : 45 minutes
Date de 1ère diffusion US : 18 Mars 2013 (Sundance Channel)
Date de 1ère diffusion FR : 7 Novembre 2013 (Arte)
Titre original : Top Of The Lake
Création : Jane Campion, Gerard Lee
Avec Elisabeth Moss, Peter Mullan, Holly Hunter, David Wenham, Jacqueline Joe, Thomas M. Wright
Bande-Annonce :

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