La 72ème édition du est sur le point de s’achever. On fait le bilan de ce qu’on a vu et des films que l’on espère voir figurer au palmarès. 2019, belle année ?

Il y a d’abord eu l’excitation. Toujours la même. Celle qui précède l’événement. La promesse de manger du film pendant 10 jours, à un rythme éreintant. Au point de ne plus en pouvoir. À cause de la digestion cumulée des propositions, à cause du manque de sommeil. Lorsque la Sélection Officielle a été annoncée en avril dernier, on n’a pas manqué de souligner les immenses attentes qu’elle suscitait. Après un cru 2018 plus calme, à cause de la conjoncture et du choix de laisser des auteurs moins « gros » s’emparer de l’événement, 2019 a remis le Festival de Cannes a sa juste place. En haut, sur le trône.

On le sentait. Un tel alignement de beaux noms, comme Terrence Malick, Quentin Tarantino, Abdellatif Kechiche, Bong John-Ho, Xavier Dolan, Pedro Almodovar, Ken Loach, Marco Bellochio, ou les frères Dardenne, ne pouvait donner qu’un Festival de haute volée. Sans oublier les plus jeunes, les moins habitués à la Compétition ou les nouveaux venus. Ladj Ly, Justine Triet, Céline Sciamma, Mati Diop, Kleber Mendonça Filho et Diao Yinan. Le mélange semblait parfait. Mais, comme dans une équipe de foot, des noms ne suffisent pas forcément pour mener à la victoire. Aussi prestigieuse est leur présence, des gens comme Tarantino ou Dolan (pour ne citer qu’eux, sans arrières pensées) peuvent très bien se planter et décevoir.On serait tenté de dire que les auteurs réputés ont été au rendez-vous. Parfois même au-delà de nos espérances. On pense à Terrence Malick, que l’on ne suivait plus avec plaisir ces dernières années et qui retrouve un niveau impressionnant avec Une Vie Cachée. On pense aussi à Bong John-Ho, qui nous avait déçu avec ses deux précédents essais, et qui retrouve du mordant avec le scénario inventif de Parasite, croisement entre l’humour noir, le cinéma social et le film de genre. Puis, on pense à Quentin Tarantino. Once Upon a time… In Hollywood a été l’événement immanquable de cette édition. Un film qui nous a fait de l’effet avant (l’attente était insupportable), pendant (quel plaisir de tous les instants) et après (il continue d’infuser dans nos esprits). On espère que ces trois immenses réalisateurs se retrouveront au palmarès.

La palmarès, venons-y. Cette édition de grande qualité fera forcément des déçus tant plusieurs films mériteraient plusieurs prix. Et lorsqu’on sait à quel point les jurys sont forts pour aller contre les grosses attentes, nous ne sommes pas à l’abri de déceptions. Alors, pour ce que ça vaut, voilà nos favoris, en attendant le verdict final ce soir !

Palmarès

Palme d’or – Une Vie Cachée, de Terrence Malick

Grand Prix – Once Upon a time… In Hollywood, de Quentin Tarantino

Prix d’interprétation féminine – Noémie Merlant et Adèle Haenel dans Portrait de la jeune fille en feu

Prix d’interprétation masculine – Pierfrancesco Favino dans Le Traitre

Prix du scénario – Parasite, de Bong Joon-Ho

Prix de la mise en scène – Le Lac aux oies sauvages, de Diao Yinan

Prix du jury – Les Misérables, de Ladj Ly

Critique publiée lors de l’édition 2019 du Festival de Cannes.

Maxime Bedini

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