Épisode 2 du Tarantino-gate au . Avec beaucoup de patience et une détermination de fer, nous avons enfin réussi à voir le nouveau film du réalisateur américain.

Cannes s’était rarement mis autant dans cet état depuis des années. Le Festival avait accueilli des gros films ou des gros auteurs, mais on ne saurait dire la dernière fois que nous avions vu une telle déferlante sur la Croisette. Les pancartes pullulaient à une vitesse affolante devant le Palais pour décrocher le fameux sésame, une place pour l’une des deux projections dans le Grand Théâtre Lumière. La presse, elle, devait redoubler de patience et de détermination pour y accéder. La séance qui avait été programmé pour accueillir uniquement les journalistes a été prise d’assaut des heures avant son début. Des files d’attente interminables, peu importe l’importance de votre badge, se formaient au pied des marches permettant de monter dans la salle. Pour nous, ce fût un échec. Nous avions donc que le lendemain pour tenter une seconde fois notre chance.

En tout et pour tout, c’est quelque chose comme 6 heures d’attente qu’il a fallu pour pouvoir voir le film. Car, oui, nous y sommes arrivés. On sentait sur le visage de certains le soulagement de pénétrer dans la salle, une fois passé la sécurité. C’est avec une certaine hype que nous prenons place puis, voilà, Once Upon a time… In Hollywood peut débuter. Nous allons respecter le désir de Tarantino et du studio qui souhaitent conjointement que les éléments forts du film ne soient pas divulgués. En restant succinct, ce que l’on peut dire c’est que ce dixième long-métrage est surprenant, en suivant un acteur et sa doublure (Leonardo DiCaprio et ) dans le Los Angeles de 1969. Film remplit de cinéma sur le cinéma et sur une époque, Once Upon a time… In Hollywood risque de laisser du monde perplexe, de par son ampleur et son scénario qui tient sur le principe de visite d’une ère désormais terminée. Tarantino parle de la culture qu’il aime, et rejoue parfois avec l’Histoire. La digestion étant encore en cours, on se gardera bien de donner un avis profond et définitif tant ce que nous venons de voir fascine et interroge. À peine le temps de sortir de cette séance qu’il fallait se plonger directement dans un autre univers. C’est ça, Cannes, passer d’une sensibilité à une autre en l’espace d’une heure. Ingurgiter des cinémas différents, sans cesse. Mais quel plaisir, surtout que l’on parle là de Xavier Dolan, venu présenter Matthias & Maxime. Un mélo sur l’identité, sur l’amitié et la sexualité, plus dans la retenue par rapport à ses précédents mais dont la beauté ténébreuse (sublime photographie !) finit par nous emporter. Probablement moins important que certains de ses précédents travaux, Matthias & Maxime a guère de chances de se retrouver au palmarès de cette édition. On vous en reparle rapidement avec notre critique.

Maxime Bedini