C’était ce 22 février et nous y étions : suprématie de JUSQU’À LA GARDE et des FRÈRES SISTERS. Par contre, LE GRAND BAIN doit remettre son peignoir…

Aux , il y a une sorte de tradition, c’est souvent le film « grand favori » qui rafle tout ! Cela s’était d’ailleurs vérifié l’année dernière avec le sacre en six de 120 BATTEMENTS PAR MINUTES !
Mais cette année , deux favoris ex-æquo concouraient dans dix catégories : JUSQU’À LA GARDE de Xavier Legrand et LE GRAND BAIN de Gilles Lellouche.

Verdict : tout pour l’un et rien (ou quasi) pour l’autre ! Le film de Xavier Legrand reçoit le César du Meilleur Film, de la Meilleure Actrice pour Léa Drucker, du Meilleur Montage et du Meilleur Scénario Original  alors que de son côté, Gilles Lellouche ne verra son film récompenser que du César du Meilleur Acteur dans un Second rôle pour l’original Philippe Katherine… Une domination nette de JUSQU’À LA GARDE qui pique d’autant plus que dés le début de la cérémonie, tout le monde pense l’affaire pliée. Même Kad Merad, le maître de cérémonie, y va de son message personnel dans son ouverture hommage à BOHEMIAN RHAPSODY : « Gilles, c’est ton année (…) même s’il y a Jacques Audiard ».

On retiendra donc qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué et qu’en effet Jacques Audiard est un aimant à César. Il est le second grand gagnant de la cérémonie en obtenant lui aussi quatre César pour LES FRÈRES SISTERS dont celui du Meilleur réalisateur.

On note donc que, même si depuis quelques années l’Académie tente de dépoussiérer le concept des César en jouant la carte des humoristes en maître de cérémonie, force est de constater que les votants semblent encore retissants à véritablement récompenser un film de comédie. Pour autant, depuis deux ans, un Prix du public est décerné, il récompense le film ayant comptabilisé le plus d’entrées en 2018. Cette année c’est donc LES TUCHES 3 (suivi dans les chiffres par LE GRAND BAIN) qui remporte le César… César raté encore de peu, ce n’était donc vraiment pas l’année de Gilles Lellouche… Dommage !

Cette année, les César ont plutôt plébiscité des films graves et sensibles, avec une thématique resserrée sur les violences faites aux enfants : le magnifique JUSQU’À LA GARDE est suivi par LES CHATOUILLES d’Éric Métayer et Andrés Bescond, qui reçoit le César de la Meilleure Adaptation ainsi que le César de la Meilleure Actrice dans un Second Rôle pour Karin Viard.
La pédocriminalité et la maltraitance de l’enfance est également brillamment abordée dans DILILI À PARIS de Michel Ocelot qui obtient le César du Meilleur Film d’Animation. Idem du coté des courts-métrages, VILAINE FILLE d’Ayce Kartal reçoit le César du Meilleur Court-métrage d’Animation et LES PETITES MAINS de Rémi Allier, le César du Meilleur court-métrage.
Un thème également traité dans le film qui obtient le César du Meilleur Documentaire , NI JUGE NI SOUMISE de Jean Libon et Yves Hinant qui retrace des affaires de violences familiales.

La belle surprise de cette 44e Cérémonie des César reste le film de Jean-Bernard Marlin, SHÉHÉRAZADE, qui traite de la prostitution des jeunes dans la banlieue de Marseille. Le film reçoit trois émouvants César, Kenza Fortas et Dylan Robert gagnent tout deux le César du Meilleur Espoir et Jean-Bernard Marlin est couronné du César du Meilleur Premier Film.

Une cérémonie très sociale donc, un peu grave et qui, comme chaque année, tente aussi de délivrer un message au plus grand nombre. Les César nous rappellent chaque année que le cinéma n’est pas qu’un divertissement, mais qu’il dénonce, souvent, ce que la société refuse de voir.

À l’année prochaine !

Retrouvez le palmarès dans son intégralité :

Meilleur film : Jusqu’à la garde de Xavier Legrand
Les autres nommés…
La Douleur d’Emmanuel Finkiel
En de Pierre Salvadori
Les Frères Sisters de Jacques Audiard
Le Grand Bain de Gilles Lellouche
Guy d’Alex Lutz
Pupille de Jeanne Herry

Meilleur réalisateur : Jacques Audiard pour Les Frères Sisters
Les autres nommés…
Emmanuel Finkiel pour La Douleur
Pierre Salvadori pour En Liberté
Gilles Lellouche pour Le Grand Bain
Xavier Legrand pour Jusqu’à la garde
Alex Lutz pour Guy
Jeanne Herry pour Pupille

Meilleure actrice : Léa Drucker pour Jusqu’à la garde
Les autres nommés…
Sandrine Kiberlain pour Pupille
Cécile de France pour Mademoiselle de Joncquières
Virginie Efira pour Un amour impossible
Adèle Haenel pour En Liberté
Sandrine Kiberlain pour Pupille
Mélanie Thierry pour La Douleur

Meilleur acteur : Alex Lutz pour Guy
Les autres nommés…
Edouard Baer pour Mademoiselle de Joncquières
Romain Duris pour Nos batailles
Vincent Lacoste pour Amanda
Gilles Lellouche pour Pupille
Pio Marmaï pour En Liberté
Denis Ménochet pour Jusqu’à la garde

Meilleure actrice dans un second rôle : Karin Viard pour Les Chatouilles
Les autres nommées…
Isabelle Adjani pour Le Monde est à toi
Leila Bekhti pour Le Grand Bain
Virginie Efira pour Le Grand Bain
Audrey Tautou pour En Liberté

Meilleur acteur dans un second rôle : Philippe Katerine pour Le Grand Bain
Les autres nommés…
Jean-Hugues Anglade pour Le Grand Bain
Damien Bonnard pour En Liberté
Clovis Cornillac pour Les Chatouilles
Denis Podalydès pour Plaire, aimer et courir vite

Meilleur espoir féminin : Kenza Fortas pour Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin
Les autres nommées…
Ophélie Bau pour Mektoub My Love d’Abdellatif Kechiche
Galatea Bellugi pour L’apparition de Xavier Giannoli
Jehnny Beth pour Un amour impossible
Lily Rose Depp pour L’homme fidèle de Louis Garrel

Meilleur espoir masculin : Dylan Robert pour Shéhérazade
Les autres nommés…
pour La Prière
Karim Leklou pour Le Monde est à toi
Thomas Gioria pour Jusqu’à la garde
William Lebghil pour Première année

Meilleur premier film : Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin
Les autres nommés…
L’amour flou de Romane Bohringer et Philippe Rebbot
Les Chatouilles d’Andréa Bescond et Eric Métayer
Jusqu’à la garde de Xavier Legrand
Sauvage de Vidal-Naquet

Meilleur documentaire : Ni juge ni soumise de Jean Libon et Yves Hinant
Les autres nommés…
America de Claus Drexel
De chaque instant de Nicolas Philibert
Le Grand Bal de Laetitia Carton
Le procès contre Mandela de Nicolas Champeaux et Gilles Porte

Meilleur film étranger : Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda
Les autres nommés…
Three Billboards, les panneaux de la vengeance de Martin McDonagh
Capharnaüm de Nadine Labaki
Cold War de Pawel Pawlikowski
Hannah d’Andrea Pallaoro
Girl de Lukas Dhont
Nos Batailles de Guillaume Senez

Meilleur scénario original : Xavier Legrand pour Jusqu’à la garde
Les autres nommés…
Pierre Salvadori, Benoît Graffin, Benjamin Charbit pour En Liberté !
Gilles Lellouche, Ahmed Hamidi, Julien Lambroschini pour Le Grand Bain
Alex Lutz, Anaïs Deban, Thibault Segouin pour Guy
Jeanne Herry pour Pupille

Meilleure adaptation : Andréa Bescond et Eric Métayer pour Les Chatouilles
Les autres nommés…
Emmanuel Finkiel pour La Douleur
Jacques Audiard et Thomas Bidegain pour Les Frères Sisters
Emmanuel Mouret pour Mademoiselle de Joncquières
Catherine Corsini et Laurette Polmanss pour Un amour impossible

Meilleurs costumes : Pierre-Jean Larroque pour Mademoiselle de Joncquières
Les autres nommés…
Anaïs Romand et Sergio Ballo pour La Douleur
Pierre-Yves Gayraud pour L’Empereur de Paris
Miléna Canonero pour Les Frères Sisters
Anaïs Romand pour Un peuple et son roi

Meilleurs décors : Michel Barthélémy pour Les Frères Sisters
Les autres nommés…
Pascal Le Guellec pour La Douleur
Emile Ghigo pour L’Empereur de Paris
David Faivre pour Mademoiselle de Joncquières
Anaïs Romand pour Un peuple et son roi

Meilleur film d’animation : Dilili à Paris de Michel Ocelot
Les autres nommés…
Astérix : le secret de la potion magique de Louis Clichy et Alexandre Astier
Pachamama de Juan Antin

Meilleur court métrage d’animation : Vilaine fille d’Ayce Kartal
Les autres nommés…
Au coeur des ombres d’Alice Eça Guimarães et Mónica Santos
La mort, père et fils de Denis Walgenwitz et Winshluss
Raymonde ou l’évasion verticale de Sarah Van Den Boom

Meilleure musique originale: Vincent Blanchard, Romain Greffe pour Guy
Les autres nommés…
Anton Sanko pour Amanda
Camille Bazbaz pour En liberté !
Alexandre Desplat pour Les Frères Sisters
Pascal Sangla pour Pupille
Grégoire Hetzel pour Un amour impossible

Meilleur court métrage : Les Petites mains de Rémi Allier
Les autres nommés…
Braguino de Clément Cogitore
Les Indes galantes de Clément Cogitore
Kapitalistis de Pablo Muñoz Gomez
Laissez moi danser de Valérie Leroy

Meilleure photographie : Benoît Debie pour Les Frères Sisters
Les autres nommés…
Alexis Kavyrchine pour La Douleur
Laurent Tangy pour Le Grand Bain
Nathalie Durand pour Jusqu’à la garde
Laurent Desmet pour Mademoiselle de Joncquières

Meilleur montage : Yorgos Lamprinos pour Jusqu’à la garde
Les autres nommés…
Valérie Deseine pour Les Chatouilles
Isabelle Devinck pour En Liberté !
Juliette Welfling pour Les Frères Sisters
Simon Jacquet pour Le Grand Bain

Meilleur son : Brigitte Taillandier, Valérie De Loof, Cyril Holtz pour Les Frères Sisters
Les autres nommés…
Antoine-Basile Mercier, David Vranken, Aline Gavroy pour La Douleur

Cédric Deloche, Gwennolé Le Borgne, Marc Doisne pour Le Grand Bain
Yves-Marie Omnès, Antoine Baudouin, Stéphane Thiébaut pour Guy

César du Public : Les Tuche 3 d’Olivier Baroux

César d’honneur : Robert Redford

Sarah Benzazon

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