Une bien triste et lamentable nouvelle est apparue sur la toile dernièrement. Une nouvelle qui a fait frémir toute une génération : Sony va faire un remake de Jumanji. On ne parle pas d’une rumeur ou d’un mystérieux tweet sur-interprété. Non, non, c’est un fait. Une date de sortie a même été dévoilée pour mieux nous faire comprendre que le projet est réalité et ça sera le 25 décembre 2016. Le jour de Noël, donc. Un jour de rêve, de magie et de bonheur pour les plus jeunes, mais aussi les plus vieux. C’est pile à cette période, durant les vacances, qu’il convient de ressortir nos classiques, nos Madeleines de Proust que l’on aime revoir des dizaines de fois sans laisser transparaître une once de lassitude. Jumanji est justement de ces classiques, un film qui a bercé une génération entière, qui représente un cinéma d’aventure généreux qui s’est perdu depuis le début des années 2000. Avec tous les moyens visuels à la disposition des studios aujourd’hui, il y a possibilité de faire revivre ce cinéma, de créer des nouvelles franchises destinées à devenir culte pour la génération actuelle. Au lieu de se reposer sur le passé, prenez des risques messieurs des studios, marquez votre époque avec intelligence au lieu de vous embourber dans les reboot/remake inutiles ! Ceux qui sont le plus à blâmer, ce sont, nous, les spectateurs. Oui, nous sommes coupables, en nous rendant par millions dans les salles, en montrant qu’il y a un potentiel public.

G-228  Max (Russell Crowe) enjoys the company of his supposed long-lost cousin Christie Roberts (Abbie Cornish) in A GOOD YEAR.

Pourquoi se tourner vers cette ancienne gloire ? Dans le cas de King Kong, on comprend qu’un dépoussiérage fut nécessaire, l’écart entre l’original et la version de Peter Jackson est d’un peu plus de 70 ans. Mais là, à quoi bon ? Le film de Joe Johnston tient encore très bien la route ! Les enfants des années 2000/2010 peuvent très bien découvrir le film en l’état et se laisser prendre par la magie. Jumanji représente un cinéma intemporel, indémodable. Pas la peine de sortir une copie actualisée à bases d’effets numériques à gogo. Au mieux, en étant optimiste, ça sera un film correct, sans prises de risques. Au pire… Non, en fait on préfère ne pas imaginer ce que ça sera dans le pire des cas. Qu’importe les prévisions, il manquera l’élément majeur de l’original : Monsieur Robin Williams. Qui oserait passer derrière la performance du défunt acteur ? Personne n’est envisageable et personne n’y arrivera. A l’image d’un Christopher Lloyd dans Retour Vers Le Futur, ce sont des acteurs tellement marqués et marquants qu’aucune succession n’est possible, même avec toute bonne volonté. On plaint d’avance le pauvre bougre qui devra/osera endosser les traits d’Alan.

Sony, c’est l’enfant des années 90 qui vous parle : ne faites pas ça. Une telle nouvelle nous donne surtout envie de nous replonger dans l’original, de se réfugier dans les souvenirs impérissables de ce classique. On se revoit encore frémir devant la disparition d’Alan lors de la première partie, rire aux éclats devant la relation Alan/le policier Carl, avoir les yeux écarquillés face au trépidant final riche en animaux, jouir de la poursuite dans le magasin et, le summum, se prendre d’affection pour Robin Williams, ce personnage si bon, si pur. Le jour où j’ai appris la mort de l’acteur, un grand nombre de souvenirs me sont remontés et l’un des premiers fut son apparition dans Jumanji, face à ce lion. Encore aujourd’hui, mon cœur se fend en le voyant s’agenouiller sur la tombe de sa famille, les larmes aux yeux. Sony, c’est toujours l’enfant des années 90 qui vous parle, et je vous en conjure : ne salissez pas ces merveilleux souvenirs.

@MaximeB

INFORMATIONS

Titre original : Jumanji
Réalisation : Joe Johnsston
Scénario :  Jonathan Hensleigh, Greg Taylor, Chris Van Allsburg, Jim Strain
Acteurs principaux : Robin Williams, Kirsten Dunst, Bradley Pierce, Bonnie Hunt
Pays d’origine : U.S.A.
Durée : 1h40

Sortie : 14 février 1996
Distributeur : TriStar Pictures
Synopsis : Lors d’une partie de Jumanji, un jeu très ancien, le jeune Alan est propulsé sous les yeux de son amie d’enfance, Sarah, dans un étrange pays. Il ne pourra s’en échapper que lorsqu’un autre joueur reprendra la partie et le libèrera sur un coup de dés. Vingt-six ans plus tard, il retrouve le monde réel par le coup de dés de deux autres jeunes joueurs.

 

 

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Sony, ne touchez pas à JUMANJI !

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