Entre plans-séquence de malade et moments ultra-stressants, entre pures délires et scènes iconiques… Voici un petit top très subjectif des meilleurs moments cinématographiques de 2015, une année définitivement riche en bonnes œuvres et par conséquent en scènes fortes !

Petite précision : la plupart de ces scènes sont extraites de leurs contextes et nécessiteront d’avoir visionné l’intégralité du film pour en comprendre la puissance émotionnelle.

 

1 – Mad Max Fury Road : “Witness Me”

Si FURY ROAD nous propose un univers d’une richesse thématique, conceptuelle, artistique et narrative démente, il y a néanmoins une fantastique scène (d’action) qui exprime, en un explosif mouvement de furie, toute la démesure et la folie du monde de Mad Max, revitalisé par George Miller lui-même !

FURY ROAD – CRITIQUE

 

 

2 – SICARIO : intro

La toute première scène de SICARIO est l’un des deux climax du film ; un monument de tension, rythmé par la musique tout en basse de Jóhann Jóhannsson, éclairé par la photo ultra classieuse de Roger Deakins, et mis en scène avec maestria par Denis Villeneuve.

Dès cette scène d’intro, à l’instar de Fury Road ci-dessus, SICARIO présente son univers par la viscéralité de la mise en scène. C’est sec, c’est fort, c’est puissant. Si possible, à voir en salles de cinéma pour s’imprégner totalement de ce moment !

SICARIO – CRITIQUE

 

3 – MISSION IMPOSSIBLE: ROGUE NATION – la scène de l’opéra

Ici, contrairement aux deux premiers du top, pas de talent narratif mis en avant ou de proposition de mise en scène particulière… Tout repose sur le montage. Mais quel montage !

Christopher McQuarrie y place de nombreuses choses : les enjeux d’Ethan Hunt, un nouveau personnage emblématique (la fantastique Ilsa Faust), des clins d’œil à la licence ainsi qu’aux films d’espionnage dans leur ensemble, un hommage à Hitchcock (on pense à L’Homme qui en savait Trop), un suspens incroyable, et tout cela au rythme du Turandot de Puccini, joué dans l’opéra de Vienne, lieu de l’action ainsi que de la mise en scène !

Il y a certes d’autres scènes puissantes dans MI5 (comme l’intro), mais celle-ci pousse le level de stimulation un cran au dessus !

MISSION IMPOSSIBLE ROGUE NATION – CRITIQUE

ANATOMIE DE LA SCENE

 

4 – TRUE DETECTIVE SAISON 2 – scène de l’orgie

Grâce à une belle maîtrise du montage, de la bande sonore, du hors-champ et du flou focal (renvoyant d’ailleurs au Fils de Saul) cette orgie Kubrick-ienne dans l’épisode 6, “Church in Ruins” permet de donner une inattendue consistance au personnage d’Annie, auparavant assez effacée derrière sa caractérisation de flic dure à cuire.

Une scène pas parfaite mais puissante, qui permit à la saison 2 de True Detective d’entamer la résolution de son intrigue et de se démarquer complètement des modèles d’unité, de rythme, d’histoire et de personnages imposés par la première saison.

TRUE DETECTIVE saison 2 – CRITIQUE

 

5 – LES NOUVEAUX SAUVAGES – intro

Un film découvert dans un contexte particulier, celui du festival de Cannes 2014.

Entre le Loach, le Bilge Ceylan, le “russe viscéral“, l’ “asiatique contemplatif” … Si la qualité ne fit que rarement défaut aux films de cette sélection officielle, un certain classicisme (et avouons-le, un certain ennui) nous empêcha de trouver pleinement notre compte… Jusqu’à cette démente scène d’intro de Relatos Salvajes. Pas le meilleur film, ni le plus intéressant loin de là, mais certainement un vent de fraîcheur inespéré au sein d’une sélection roooooooooonflante comme jamais.

LES NOUVEAUX SAUVAGES – CRITIQUE

 

6 – KINGSMAN – la scène de l’église

Une scène qu’il est évidemment nécessaire de remettre dans son contexte : un film d’initiation où l’on s’attache au personnage de Colin Firth, espion charismatique et classieux, mentor d’une toute nouvelle génération d’espions à former, jeunes, cons et rebelles.

[ATTENTION : SPOIL]
En face de lui, le super villain zozotant interprété par Samuel L. Jackson, ambitionne de – comme souvent – sauver le monde en le détruisant. Son arme, inconnue jusqu’à cette fameuse scène : des ultra-sons rendant quiconque les entend, motivé par une insubmersible pulsion de destruction de l’autre.

D’où choc total avec cette scène d’une violence INOUÏE et JOUISSIVE (rappelant un peu le “Massacre At The House of Blue Leaves” de Kill Bill), qui opère un basculement de notre héros vers un imprévisible coté obscur !

KINGSMAN – CRITIQUE

 

7 – LOVE – le threesome

LOVE , malgré son étiquette sulfureuse très liée à l’impeccable promotion du film ainsi qu’à la sensibilité particulière de Gaspar Noé, fut finalement pétri de scènes plus vaines que “choc”, ou simplement “fortes”. On préférera sur ce terrain, l’audace du concept mystique d’Enter the Void, ou la maîtrise formelle d’Irreversible.

Toutefois, au milieu des éreintantes scènes de cul non-simulées (c’est im-por-tant) et des caprices d’ad(u)lescents sublimant un peu trop sexe et émotions, surnage la délicate rencontre sexuelle entre Murphy, Electra et Omi, au son de Maggot Brain de Funkadelic !

LOVE – CRITIQUE

 

8 – THE INTERVIEW – Kim Jong Un, un obus et Katy Perry

THE INTERVIEW, pour rappel, fut la base d’un sacré bordel : cette comédie satyrique américaine mettant en scène Kim Jong Un et sa dictature communiste, provoqua la colère de la Corée du Nord. Officieusement, cet incident diplomatique aurait été la cause d’un hack massif des serveurs de Sony, libérant au passage de nombreux documents confidentiels ainsi que des copies pirates de pas mal d’exclus.

Avec un tel historique, on s’attendait forcément à ce que THE INTERVIEW soit très réussi… Ce qu’il ne fut pas. Reste néanmoins cette absurde mais fun scène de[spoiler mode=”inline”] la mort de Kim Jong Un : l’explosion d’un obus contre un hélicoptère, le visage du dictateur qui prend feu puis explose[/spoiler], orchestrée sur Fireworks de Katy Perry. Rien que ça.

THE INTERVIEW – CRITIQUE

 (Dommage, je n’ai pas retrouvé la version uncensored)

 

9 – IT FOLLOWS – l’entrée du Tall Man

IT FOLLOWS, de manière générale, est un condensé d’hommages aux classiques du cinéma fantastique. De Carpenter à Shining en passant par Morse ou Wes Craven… Malgré tout, son réalisateur David Robert Mitchell utilisait sa propre sensibilité et ses propres obsessions pour réorganiser cela en un résultat transcendant ses illustres influences, proposant via un langage cinématographique moderne, une étude de problématiques générationnelles : considération désintéressée du sexe, peur de l’autre, refus de grandir, etc.
En un mot, du génie.

Une scène nous a ainsi particulièrement scotché ; l’apparition du Tall Man. Ou comment la peur de l’autre et de l’inconnu, la menace au cœur du quotidien, ou la personnification de l’angoisse de grandir, apparaissent allégoriquement et subitement à l’héroïne, tout en nous glaçant le sang *_*

Vous noterez que la scène est tronquée ; on vous encourage à vous ruer sur ce masterpiece absolu pour découvrir la partie manquante ainsi que le reste du film !

IT FOLLOWS – CRITIQUE

 

10 – BIRDMAN – la traversée de Time Square (en slip)

Aaaaah BIRDMAN. Cette claque technique, ce fantasme de cinéphile, cette promesse d’un raisonnement métaphysique sur l’art, le cinéma, les blockbusters et l’exploitation des licences !

Pourtant, le film s’est simplement fait absorber par son ambition d’être un “grand film à Oscars” et n’a proposé qu’une profondeur artificielle… On n’en retiendra donc que sa maestria technique qui s’illustre dans l’élongation des scènes (un film-plan-séquence on le rappelle), dont l’un des climax est la traversée de Time Square par un Riggan en slip ; une scène résumant le film : techniquement puissant et génial !.. Mais vain, vide et artificiel.

BIRDMAN – CRITIQUE

 

11 – BOB L’ÉPONGE 2 – faire le tour du monde

BOB L’ÉPONGE, c’est un délire d’auteurs transmettant leurs angoisses du monde et de la société via leur humour régressif nourri au LSD.

La seconde aventure de la célèbre éponge de mer, si elle perd en rythme, en originalité et en “profondeur”, conserve son lot de scènes absurdes et inexplicables. On émargera la scène du dauphin millénaire funky interdimensionnel pour ne conserver que celle “de la barbapapa” où Bob et Patrick l’étoile de mer, complètement shootés par tant de sucre, font le tour du monde en 15 secondes. SI SI.

BOB L’ÉPONGE LE FILM – UN HÉROS SORT DE L’EAU – CRITIQUE

 

12 – THE WALK – la traversée (sur La Lettre à Élise)

Robert Zemeckis, cet auteur expérimental évoluant au sein de l’industrie Hollywoodienne, semble avoir perdu son mojo depuis Seul au Monde. Le réalisateur ne réconciliera plus succès critique et public, malgré de très grands films (Beowulf !)

THE WALK nous raconte quant à lui la traversée de Philippe Petit, entre les deux tours du WTC en 1977. Un exploit unique raconté comme un film (assez mou) de braquage, mais dont le climax final de 30 minutes, sera cette fameuse scène de la traversée entre les deux tours. Un grand moment de cinéma qui justifie à lui seul l’achat du BLU-RAY 3D (ou ticket de cinéma IMAX 3D pour les chanceux)

On insiste sur la 3D, car THE WALK est selon nous l’un des 9 films, avec Gravity, Avatar, Coraline, Pina, La Grotte des rêves perdus, Adieu au Langage, Scrooge (tiens-tiens) et Dragons, justifiant pleinement l’utilisation de cette esthétique.

Voici donc un court extrait de cette fantastique scène finale !

THE WALK – CRITIQUE

 

13 – VICTORIA – “pendant” le plan séquence

Cas particulier: VICTORIA EST une longue scène de deux heures, narrant la virée en temps réel de ladite Victoria, entre 5h et 7h, dans un Berlin multi-facettes. Pas un faux plan séquence composé de 9 petits, comme Birdman… Non: UN seul. D’où quelques contraintes de rythme, quelques enchaînements de situations légèrement poussifs, quelques approximations dans le jeu des acteurs.

Toutefois, ces critiques s’effacent bien vite face à cette “empathie créée par les défauts”, qui sert parfaitement le suspense entourant les protagonistes, et dont la scène [spoiler mode=”inline”] de fusillade ci-dessous, située en fin de film après le braquage[/spoiler], est l’un des climax !

VICTORIA – CRITIQUE

 

14 – AVENGERS AGE OF ULTRON – les Avengers réunis par un plan séquence

AVENGERS : AGE OF ULTRON, sans être vraiment mauvais, marque l’essoufflement du MCU ainsi que ses limites. Lorsque l’auteur Joss Whedon se heurte au cahier des charges du blockbuster made in Marvel cela donne ce film, prometteur sur le papier (Ultron, les Avengers) mais raté par trop d’ambitions jamais atteintes.

Reste malgré tout ce plan-séquence introductif, lorsque le film était encore intéressant ; un fantastique résumé des pouvoirs et personnalités des Avengers, avant un improbable placement des SIX héros dans le MÊME CADRE !!!

AVENGERS 2 – CRITIQUE

 

15 – IL EST DIFFICILE D’ÊTRE UN DIEU – n’importe quelle scène

Ce film russe de trois heures que malheureusement personne n’a vu, est un monument cinématographique inclassable. Jugez par son pitch : sur une planète jumelle de la Terre mais restée coincée au Moyen-Age, un scientifique terrien, par son érudition, est devenu un “dieu humain“. Sauf que ce statut n’apporte aucun sens à sa vie, ni ce crédit nécessaire pour diriger un monde préalablement défini par des règles complexes et immuables ; un univers décadent et incontrôlable.

IL EST DIFFICILE D’ÊTRE UN DIEU pourrait se définir comme une rencontre improbable entre une peinture de Bosch (pour la composition “infernale” de ses plans à 1000 figurants), le ton nihiliste Kubrick-ien et l’esthétique Tarkowski-ienne, pour la beauté lancinante de son N&B. Il est toutefois encore plus que cela: absolument toutes ses scènes sont INCROYABLES, chacune possédant ses propres enjeux au sein de l’histoire – comme en termes de mise en scène – pour un résultat inédit, jamais vu, une expérience de cinéma comme vous n’en verrez que très rarement !

IL EST DIFFICILE D’ÊTRE UN DIEU – CRITIQUE

On rajoutera de nombreux autres moments très touchants et marquants, comme toutes les scènes de Vincent Lindon dans La Loi du Marché, celles du Fils de Saul, de Mustang ou quelques passages de Valley of Love. Il y a aussi eu cette touchante solitude dans le regard d’Amy Winehouse dans Amy, ou la dureté de cette scène de jugement dans Difret. Certains membres de la rédaction citeront le plan séquence du X-wing dégommant des Tie Fighter dans Star Wars VII, d’autres citeront ce passage très “uncharted” dans Furious 7… Un certain rédacteur en chef citera également avec enthousiasme (mais lâcheté), les jeux SM de 50 shades… BREF.

2015 nous aura tous cinématographiquement marqué.

Georgeslechameau

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Le top 15 des scènes les plus marquantes de 2015

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