Photo du film L'ARMÉE DES TÉNÈBRES
Crédit : D.R.

4 bonnes raisons de (re)voir L’ARMÉE DES TÉNÈBRES – Analyse

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Peu à peu réhabilité, le troisième volet de la saga Evil Dead a souvent divisé, notamment en raison de son manque de cohérence avec les volets précédents. Pourtant, L’ARMÉE DES TÉNÈBRES a bel et bien mérité son statut culte. La preuve par quatre.

1. Parce qu’il est l’outsider de la saga Evil Dead

Moins horrifique, plus fantastique, L’ARMÉE DES TÉNÈBRES est souvent considéré comme un épisode négligeable au sein de la saga Evil Dead. Alors que les deux opus précédents peuvent sembler vitaux à l’entière compréhension de la série ASH VS EVIL DEAD – suite et fin officielles de l’arc entourant le personnage d’Ash Williams – L’ARMÉE DES TÉNÈBRES paraît, lui, plus accessoire aux non-initiés… Pourtant, le film est loin d’être dénué d’intérêt et tout bon fan hardcore se tannera à vous expliquer qu’il constitue une pièce maîtresse au sein de la saga.

Photo du film L'ARMÉE DES TÉNÈBRES
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Et notamment, pour son caractère d’outsider. Bien qu’Ash se trouvait bel et bien projeté dans une époque médiévale à la fin d’Evil Dead 2, rien ne laissait présageait cette suite, entre heroic fantasy et comédie slap-stick. En effet, Sam Raimi avait précédemment défini un cadre strict à cet univers : une comédie d’horreur en huis-clos dans une cabane en forêt. Incorporer son personnage dans une quête médiévale pour retrouver le Necronomicon semblait alors hautement improbable. L’idée est en réalité brillante, puisque ce changement de cap permet un réel renouveau et un développement du personnage d’Ash tout à fait cohérent. D’ailleurs…

2. Parce qu’il forge la légende d’Ash Williams

Dans les deux premiers Evil Dead, si Bruce Campbell campe magnifiquement le rôle, Ash Williams n’en est pas moins un personnage qu’une fonction. Décrit comme une final girl masculine en son temps, Ash est là pour se débattre avec les forces occultes, souffrir, se défendre et survivre. Le spectacle demeure, aujourd’hui encore, en tout point jouissif. Toutefois, le protagoniste n’y est que peu caractérisé. Peu d’informations sont données sur son caractère et son histoire, si ce n’est qu’il est relativement jeune et doté d’une sœur, ainsi que d’une fiancée. Une mythologie somme toute assez mince.

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C’est effectivement L’ARMÉE DES TÉNÈBRES qui donne au personnage tout son sel. On le découvre un peu beauf et chauvin, un brin stupide et trop assuré. Mais aussi battant et profondément humain. On apprend également qu’il travaille chez S-mart, une grande surface, au rayon quincaillerie. Tous ces éléments confèrent au personnage une aura à la fois touchante et accessible, bien que le film le désigne aussi comme un héros prophétique. Ash est un Américain moyen comme il en existe tant. On rit de lui comme on s’y attache. La sympathie qu’il suscite par la suite dans Ash VS Evil Dead naît bien ici – d’où l’importance capitale de ce troisième volet au sein de la saga.

3. Parce que Bruce Campbell

Peu connu du grand public, Bruce Campbell est et demeure une figure respectée du cinéma d’exploitation. Et nul doute qu’il mérite amplement les louanges que ses admirateurs lui chantent. Les deux premiers Evil Dead reposent d’ailleurs en grande partie sur son charisme. La célèbre scène du membre possédé dans le second volet en est un exemple manifeste. Seul face à la caméra, il parvient à nous convaincre que sa main agit indépendamment de sa volonté, avec force et virulence. Les yeux révulsés, il se débat avec une énergie sidérante. Tout son corps et son visage expriment la folie. De l’acting total – n’en déplaise aux détracteurs du genre.

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Dans L’ARMÉE DES TÉNÈBRES, Bruce Campbell crève assurément l’écran. Ses mimiques et son jeu hystérique font d’autant plus sensation qu’ils semblent s’être affinés et précisés avec l’expérience. Avec des dialogues plus fournis et un cheminement narratif plus développé, Bruce Campbell dispose de davantage d’espace pour installer son personnage. Et l’on découvre la drôlerie et la suffisance qui le caractérisent. Encore une fois, sans L’ARMÉE DES TÉNÈBRES, Ash n’aurait jamais atteint cette aura iconique, qui doit aussi beaucoup à son interprète.

4. Parce que Sam Raimi est en totale roue libre

Compte-tenu du succès de niche des précédents Evil Dead et Evil Dead 2, le producteur Dino De Laurentiis accorde un budget à Sam Raimi pour produire une suite en 1992. Le réalisateur s’inspire alors des légendes Arthuriennes et des Voyages de Gulliver pour écrire un film résolument barré et parodique. Dino De Laurentiis lui laisse, chose rare, une totale liberté artistique sur le projet. Raimi et ses équipes disposent d’environ 11 millions de dollars pour tourner ce troisième épisode – une somme colossale compte-tenu de la bagatelle qu’avaient coûté les précédents.

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Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils s’en sont donné à cœur joie. Le film est dingue, tant narrativement que visuellement. Il fait la part belle au matte painting, à la stop motion, aux maquettes et aux prothèses. Dont il recouvre d’ailleurs entièrement Bill Moseley, star du cinéma d’horreur, employé ici à un rôle anecdotique, juste pour la blague. Bien qu’il ne soit pas parfait sur le plan technique, L’ARMÉE DES TÉNÈBRES n’a rien perdu de son charme et constitue même la porte d’entrée idéale dans l’univers d’Evil Dead, peut-être difficilement accessible de prime abord…

Lily Nelson

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