Photo du film ARACHNID
Crédits : D.R.

ARACHNID, souvenir ému du vidéo-club – Analyse

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Détesté par son réalisateur, ARACHNID transpire pourtant le fun du début des années 2000 par tous les pores de sa peau. S’il reste un mauvais film d’attaque animale parmi tant d’autres, il continue d’évoquer le souvenir de cette époque étrange que fut la fin des vidéo-clubs. 

Anaconda VS Crocodile VS Komodo VS Cobra

Au début des années 2000, les vidéo-clubs n’étaient pas encore tout à fait morts. Parmi les quelques soubresauts précédant leur inéluctable décès, ils attirèrent une partie du public grâce à une vague de films d’attaque animale sortis, pour la plupart, directement en VHS. En effet, après le succès surprise d’Anaconda en 1997, se sont multipliées sur les étals quantité de productions similaires, d’une qualité somme toute variable. En 2000, on vit notamment Tobe Hooper, réalisateur de Massacre à la tronçonneuse, traquer un Crocodile en 3D foireuse chez Nu Image et Michael Lantieri, directeur des effets spéciaux sur Jurassic Park, taquiner le Komodo animatronic géant.

Dans cette salve de films à grosses bébêtes, on compte également ARACHNID, réalisé par Jack Sholder, l’homme derrière le succès commercial de La Revanche de Freddy – deuxième volet des Griffes de la Nuit sorti en 1985. Malheureusement, après la réception en demi-teinte de son long-métrage le plus ambitieux, The Hidden en 1987, la suite de sa carrière prend une trajectoire en dents de scie. Si bien que Sholder accepte de tourner ARACHNID à la fin des années 90 pour régler ses factures. L’histoire d’un groupe de scientifiques et de militaires envoyés en expédition sur une île du Pacifique, afin de trouver l’origine d’un virus mortel.

Triste fin de l’araignée géante

De son propre aveu, le réalisateur déteste purement et simplement ARACHNID, qu’il considère comme son plus mauvais film. Il faut dire que le sous-genre de l’attaque animale des années 2000 ne flirtait ni avec le bon goût, ni avec les gros budgets. De ce fait, les bestioles affamées et avides de chair humaine ressemblaient rarement à quelque chose. Pourtant, s’il manque énormément de fond, ARACHNID sort quelque peu du lot. Principale menace du récit, son araignée géante bénéficie d’un design suintant et répugnant, qui fait forte impression lorsque le monstre à huit pattes apparaît pour la première fois à l’écran.

Comme l’a confié Jack Sholder au micro du podcast Jumpscare : “C’est bien la seule bonne chose dans ce film. L’araignée a été fabriquée à Hollywood par un homme très talentueux, Steve Johnson. Quand elle est arrivée sur le tournage en Espagne, j’ai demandé aux producteurs le soutien d’une équipe pour la faire fonctionner.” Le mécanisme de la bête exigeait près de huit marionnettistes et au moins une semaine de répétition. Malheureusement, l’équipe espagnole se contenta d’embaucher huit étudiants en cinéma, sans aucune préparation. “Ils n’avaient aucune idée de comment devait se comporter une araignée géante. Le premier jour de tournage avec les marionnettistes, nous n’avons réussi à obtenir que deux prises valables”, explique le réalisateur.

L’attaque des tiques géantes dévoreuses de chair

Et effectivement, si son physique monstrueux éblouit au premier regard, la menace semble risible, tant l’araignée peine à se mouvoir dans le rendu final. “On dirait qu’elle fait un AVC”, abonde Jack Sholder. Pourtant, quitte à contredire son metteur en scène, ARACHNID bénéficie d’un second élément VFX réussi. En effet, les amateurs de l’attaque animale à petit budget retiendront cette scène douloureuse, où l’un des protagonistes succombe à l’expulsion de tiques géantes par ses deux yeux. Car là réside tout l’intérêt de ce film. À une époque où la 3D règne en maître sur le genre, ARACHNID conserve le charme des effets pratiques qui, à la revoyure, passent mieux l’épreuve du temps que les créatures numériques de ses confrères.

De plus, on se tourne rarement vers ce genre de divertissement en quête d’un scénario à l’écriture subtile et léchée. On accorde effectivement à Sholder qu’ARACHNID reste un “film stupide”. De même que, dans leur narration, Anaconda, voire même Cobra, s’en sortent beaucoup mieux. Il n’empêche que, pour ceux qui ont aimé arpenter les rayonnages des vidéo-clubs au début des années 2000, ARACHNID conserve une saveur toute particulière. Celle de la jaquette vendeuse – pas loin de l’escroquerie – et du ravissement un brin honteux suscité par la vision d’animaux géants assez peu ragoûtants. À ce titre, le film de Jack Sholder tient absolument toutes ses promesses. Avec, pour ceux qui ont connu cette époque, le souvenir ému de la bande VHS que l’on se plaît toujours à retrouver.

Lilyy Nelson

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