Photo du film BLOODY MALLORY
Crédit : Thibault Grabherr

BLOODY MALLORY, la France en quête de genre – Analyse

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BLOODY MALLORY, une Buffy à la française qui combat les forces du mal… Échec artistique et commercial, le long-métrage de Julien Magnat détient tout de même le mérite de ses ambitions.

Au cinéma, BLOODY MALLORY est relativement passé inaperçu lors de sa sortie, en 2002. Et pour cause, il fut programmé en juillet, période creuse en termes de fréquentation des salles – en pleines vacances scolaires et après le boum de la Fête du cinéma. Ce film n’aurait pas pour autant mérité davantage d’attention, compte-tenu de sa qualité passable, le raccrochant au sous-genre du nanar. Pourtant, BLOODY MALLORY tient son intérêt dans son processus de production et témoigne d’une époque où la France désespérait de briller dans un certain cinéma fantastique et d’épouvante.

Photo du film BLOODY MALLORY
Crédit : Thibault Grabherr

En effet, BLOODY MALLORY fait partie des « Bee movies », une initiative née sous la houlette de Fidélité productions, une société de production française, alors désireuse de donner sa chance à de jeunes réalisateurs. Ceci, dans le but de produire des films de genre à bas coûts, parfois moins ambitieux que racoleurs. Ainsi donc, entre la fin des années 90 et le début des années 2000, sont parus quatre films fantastico-horrifiques d’une qualité oscillant entre le médiocre et le peu recommandable : Requiem, Un jeu d’enfants, Maléfique et donc, BLOODY MALLORY.

Buffy hard discount

Si ces quatre films furent des échecs cuisants, tant artistiquement que commercialement, BLOODY MALLORY se détache néanmoins du lot par ses intentions. On ne peut éprouver que de la sympathie face à la candeur de son jeune réalisateur, Julien Magnat, alors âgé d’une vingtaine d’années, et armé d’une carte blanche pour glisser dans son film tout ce qu’il lui plaira. Jeune femme guerrière en cuir rouge et cheveux courts, Mallory combat les forces du mal dans l’ombre, accompagnée par ses acolytes : Vena Cava, la drag-queen adepte des explosifs, Talking Tina, la fillette télépathe, et Durand, un agent gouvernemental somme toute banal.

Photo du film BLOODY MALLORY
Crédit : Thibault Grabherr

La petite bande fait évidemment penser à la série culte Buffy contre les vampires. De manière quelque peu outrancière, puisque la pop culture du début des années 2000 s’avère profondément marquée par des figures féminines comme celle de Buffy, voire même de Xena la guerrière. Notons d’ailleurs que le premier épisode de Resident Evil au cinéma n’est pas loin… Autant d’œuvres fantastiques présentant des femmes fortes au combat, avec un caractère de meneuse, séduisant aussi bien les adolescentes que leurs pendants masculins. BLOODY MALLORY entend évidemment bien séduire ce public, biberonné à la grille des programmes de M6.

Un peu de mérite

Toutefois – faut-il le rappeler – les ambitions de BLOODY MALLORY sont rares en France à cette époque. Et il est étonnant de voir se déployer un tel univers dans la francophonie, passée comme actuelle. Le film de Julien Magnat n’en devient pas pour autant brillant. En effet, costumes et maquillages souffrent grandement du manque de budget, si bien que les perruques paraissent, sans le moindre doute, composées à 97 % de plastique. De même, là où Buffy se révélait subtilement écrite et dosait savamment le drame et l’ironie, BLOODY MALLORY tombe trop souvent dans un humour potache en décalage avec son atmosphère sombre, tout aussi mal maîtrisée.

Photo du film BLOODY MALLORY
Crédit : Thibault Grabherr

Pourtant, l’idée et les intentions sont là et il est amusant de voir Mallory et sa bande fantasque évoluer en plein Paris, ainsi que dans la campagne française. La mise en scène abominable, le scénario paradoxalement trop dense et trop superficiel, mais aussi les fautes de goût imputables à la jeunesse du réalisateur, rendent malheureusement le résultat objectivement indigeste. Au point que les échecs répétés des Bee movies ont enterré le genre français pendant près d’une décennie. Le chemin fut effectivement long avant la Palme de Titane… Cependant, force est de constater que nous avons tout de même eu une Buffy tricolore et qu’il a fallu du culot pour la mettre en forme dans ce marasme.

Lily Nelson

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