Photo du film LE CROQUE-MITAINE
Crédits : 20th Century Studios

LE CROQUE-MITAINE, voyage au bout de l’ennui – Critique

Vaguement basé sur une nouvelle de Stephen King, LE CROQUE-MITAINE souffre d’un cruel manque de créativité, tant sur le fond que sur la forme. Il en résulte un long-métrage convenu, ennuyeux, dans la moyenne des productions hollywoodiennes du même acabit.

Fausse adaptation, vrai braquage

Peu de temps après le décès tragique de sa femme, le psychiatre Will Harper reçoit la visite d’un étrange patient. L’homme affirme qu’il n’a jamais tué ses enfants, malgré les accusations qui pèsent sur lui. Profitant d’un moment d’absence du médecin, il se suicide à l’intérieur d’un placard, sous les yeux de la fille aînée de Will Harper, Sadie. S’ensuivent alors d’étranges apparitions, comme si un monstre tapi dans le noir voulait s’en prendre aux deux filles du brave docteur… Avec ce pitch, LE CROQUE-MITAINE peine d’ores et déjà à innover. En résumé : rien de neuf sous le soleil. Sinon un film d’horreur convenu, sans grand intérêt.

Photo du film LE CROQUE-MITAINE
Crédits : 20th Century Studios

Basé sur une nouvelle de Stephen King, LE CROQUE-MITAINE ne s’inspire en réalité que de la mise en abîme de l’œuvre littéraire originale. Ceci, pour nous livrer un récit sur le deuil et son impact sur la cellule familiale. Un propos déjà-vu et, de ce fait, sans grande saveur. D’autant que le film de Rob Savage chaparde ses concepts et son imagerie aux succès horrifiques et fantastiques de ces dernières années. Si l’on ne peut parler de plagiat, on reconnaîtra tout de même une forte inspiration, proportionnelle à la paresse absolue dans laquelle s’enfonce le long-métrage minute après minute. Un quasi désert créatif, avec pour conséquence un abyssal ennui. Le comble pour un film d’horreur grand public.

Badabook-like

En effet, LE CROQUE-MITAINE semble calqué sur Mister Badabook, autre métrage horrifique où un jeune enfant doit faire face au décès d’un parent. De Mister Badabook, il emprunte le fond, comme pour donner du sens à une intrigue à laquelle il ne croit pas. De la même façon, le monstre ressemble étrangement à la forme dévastatrice de Vecna dans Stranger Things – notamment dans sa façon d’envahir l’intérieur des maisons qu’il pénètre. LE CROQUE-MITAINE repose ainsi sur une mécanique usée et réutilisée cent fois, sans pour autant parvenir à apporter une nouvelle pierre à l’édifice. Il en résulte un film remarquablement ennuyeux, aussi par sa cruelle absence d’enjeux.

Photo du film LE CROQUE-MITAINE
Crédits : 20th Century Studios

On sursaute effectivement assez peu, puisque sans suspens, aucun, le monstre nous saute au visage aux moments les plus opportuns. De plus, lorsque la jeune Sadie entreprend d’enquêter sur la créature de l’ombre, elle rencontre assez peu d’obstacles. Pire : le spectateur devine déjà qu’elle s’en sortira sans encombres. Encore une fois, le film pêche par paresse. Cousues de fil blanc, les péripéties s’enchaînent dans une logique prévisible, le tout dans un univers visuel lisse et sans bavures, jusqu’à un happy end là encore plus qu’entendu. Car le principal problème du CROQUE-MITAINE réside en une totale absence de prise de risques.

Un film d’horreur passable

D’autant plus décevant que la réalisation s’est vue confiée à Rob Savage. Auteur du moyen métrage Host, chef de file des films en visioconférence durant la pandémie de Covid-19, Savage a continué de surprendre avec Dashcam en 2021, un sympathique found footage prétextant un livestream à bord d’une voiture. Un réalisateur non dépourvu de créativité, certes jeune, mais capable de manier habilement le jumpscare et de maintenir parfaitement son spectateur en haleine. LE CROQUE-MITAINE n’est d’ailleurs pas dépourvu de quelques fulgurances, notamment dans ses compositions de plans, effectivement jolies, mais néanmoins dépourvues de sens.

Photo du film LE CROQUE-MITAINE
Crédits : 20th Century Studios

Savage s’est certainement vu contraint par une production hollywoodienne stricte, en charge de respecter le cahier des charges d’une adaptation de Stephen King. Comme Firestarter avant lui, le film se laisse dévorer par certains poncifs du genre, alors même qu’en réalité, il ne s’encombre pas de respecter la nouvelle qu’il adapte. En découle un film ni bon mauvais, simplement passable, servi par un casting assez juste, mais trop peu exploité. Un futur fond de catalogue parfait pour les différentes plateformes de streaming. Dommage, car l’on pouvait espérer mieux du réalisateur de Dashcam et des scénaristes de Black Swan et Sans un bruit

Lilyy Nelson

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Titre original : The Boogeyman
Réalisation : Rob Savage
Scénario : Mark Heyman, Scott Beck
Acteurs principaux : Chris Messina, Sophie Thatcher, Vivien Lyra Blair
Date de sortie : 31 mai 2023
Durée : 1h39min
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