On était à l’intégrale de LASTMAN le 27 AvrilL’occasion de faire un focus sur une création française réussie en compagnie de Jérémie Périn et Laurent Sarfati, respectivement réalisateur et scénariste sur la série.

L’animé, adapté de la bande-dessinée éponyme de Bastien Vivès, Balak et Michaël Sanlaville, relevait le défi d’offrir une série-manga made in France pour jeunes adultes. Un créneaux délaissé malgré un potentiel conséquent d’amateurs du genre. Forcément, ça fait plaisir. On y suit donc les aventures de Richard Aldana, 10 ans avant la BD soit les épopées d’un outsider social, grande gueule comme c’est pas permis, mais prodigieusement doué pour casser des mâchoires qui se retrouve à protéger une enfant mystérieuse d’une sorte de secte de démons, socialement influente, qui se nomment les roitelets. Une sorte de mix entre Ken Le Survivant, Cobra, GTO et Seven Deadly Sins mais ça c’est moi qui le dis. Reste que le résultat est très bien équilibré et rends hommage aux films des 80’s façon Silver Pictures Movie avec beaucoup d’humour dans le résultat mais sans jamais caricaturer le genre. L’aboutissement de plusieurs années de travail.

Si certains on pu découvrir LASTMAN tard le soir sur France 4, il reste méconnu pour beaucoup. On voulait en savoir plus sur les dessous de cette aventure. On a profité de l’entracte, pour une interview décontractée de Laurent et Jérémie :

(Salut Laurent, Salut Jérémie, merci de me recevoir pour leblogducinéma.com).

Salut Laurent et Jérémie, merci de nous recevoir pour Le Blog du Cinéma. Pour commencer, est-ce que vous pouvez nous parler de la genèse du projet LASTMAN ?

-Jérémie Périn : La genèse du projet c’est en fait le producteur du film Paulina, qui possédait les droits d’adaptation de plusieurs œuvres de Bastien Vivès, Lastman inclus. Il a flashé sur Lastman et s’est demandé si c’était possible d’en faire un animé. Là où beaucoup aurait jugé la BD inadaptable pour divers motifs (violence, vulgarité,…), lui a eu l’innocence salutaire d’y croire et de foncer.

– Laurent Sarfati : En plus coup de bol ! France 4 mettait en place une case de diffusion consacrée aux animés adultes et ça c’était une première. Avant il n’y avait de cases que pour des programmes courts, plutôt humoristiques comme Lascars. Ca a été un bon concours de circonstances.

Est-ce que c’était votre première collaboration ?

-J.P : Pas du tout. On se connaissait déjà, on avait déjà travaillé ensemble sur des clips comme celui de truckers delight (Flairs). On est tout de suite tombé d’accord sur le fait de raconter des histoires même à travers des clips. Comme le binôme fonctionnait bien on a continué.

Vous parliez de Lascars tout à l’heure, est-ce que ce type de programme avait un peu déblayé le terrain pour vous ?

– J.P : En France, c’est souvent des aventures au cas par cas. C’est valable au niveau du long métrage et de la série. C’est certain que Lascars ont fait un premier travail mais comme tout est segmentés, le format et le ton de Lascars ne correspond pas à celle de LASTMAN. Les portes qu’ils avaient entrouvertes avaient déjà eu le temps de se refermer, on a du les rouvrir.

A votre avis, pourquoi ce manque d’engouement pour les animé adultes ?

-L.S : C’est vrai qu’il y a un manque de considération pour ce genre et c’est hyper agaçant. Je vois un parallèle avec les jeux vidéos lorsque j’étais testeur, où des projets de jeux très adultes se faisaient recaler parce qu’on considérait que c’était un marché pour un public relativement jeune, il avait « Jeu » dedans. Dans dessin-animé, il y a « dessin » alors ça induit l’infantilisation.

-J.P: Et puis c’est une infantilisation qui a été appuyée par Walt Disney. La compagnie, mais aussi l’homme lui-même. Lorsqu’il a produit son premier long-métrage, il voulait capter un public le plus large possible et a redéfini les codes par rapport à ses concurrents de l’époque, les frères Fleischer (Koko le Clown, Betty Boop, Popeye) qui faisaient des dessins-animés plus adultes. Par la suite, l’industrie s’est beaucoup positionnée par rapport à l’image Disney. Le second truc, c’est une espèce de fainéantise de la part du spectateur qui voit un filtre dans le dessin et se refuse à prendre au sérieux l’anime.

Est-ce que ça a été compliqué de financer ce projet ?

-L.S : Très. Ca a été un travail de longue haleine, il a fallu frapper à beaucoup de portes. On a fait une grosse campagne sur kick-starter, sans ça on aurait du abandonner le projet. Il faut donc remercier tous ceux qui ont soutenu le projet, et les donateurs qui se sont manifestés en plus de la campagne de crowdfunding.

Est-ce qu’il y a une saison 2 dans les tuyaux ?

-J.P : Pas pour le moment. On aimerait travailler sur d’autres projets, pour le même public, mais pas forcément LASTMAN, l’idée ce n’est pas de faire Lastman 1, 2,3, 12. On finirait par user ce qui fait le charme de la série.

-L.S : Notre objectif pour le moment c’est de trouver une distribution internationale pour la série. C’est un travail qui mérite d’être porté à l’étranger. Malgré une faible notoriété, on est convaincu qu’en Chine, au Japon ou aux Etats-Unis il trouverait son audience. On remercie France Télévision pour y avoir cru, maintenant il faut que plus de monde y croie.

Comment peut-on visionner LASTMAN pour ceux qui l’ont raté sur France 4 (et qui ne sont pas au festival) :

-L.S : J’attendais cette question là. C’est un propos que j’assume car le programme mérite d’être vu. Malgré un pic d’audience pour France 4, il n’a fait que 210 000 vues, c’est rien du tout. Quelqu’un a chargé les épisodes sur les site pirate Voirfilms ou full-stream, allez-y et faites-vous plaisir.

tu t’es vu quand t’as vu LASTMAN ? Laurent Sarfati (Gauche) et Jérémie Périn (Droite).

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