[interview] Cary Fukunaga – Sin Nombre

Le Blog Du Cinéma vous propose une retranscription de la soirée spéciale Sin Nombre le 15 septembre dernier à l’UGC Ciné Cité des Halles de Paris – un merci spécial à Cinefriends – en compagnie du réalisateur, Cary Fukunaga. Le film sortira sur nos écrans le 21 octobre prochain.

Animateur
Sin Nombre ne sortira dans les salles que le 21 octobre prochain. C’est un film qui a été primé à plusieurs reprises. Notamment à Sundance. Il a eu le prix du meilleur réalisateur et il y a quelques jours il a eu la chance d’avoir le prix du jury, au festival de Deauville. A cette occasion il y avait, à Deauville, pour recevoir le prix des mains de Jean-Pierre Jeunet ( le président du jury ), le réalisateur de Sin Nombre. C’est son premier film. Je vais vous demander de l’accueillir de la plus belle des façons. Merci d’accueillir Cary Fukunaga.

Cary Fukunaga
Bonsoir.

A
En plus vous avez beaucoup de chance parce qu’il parle français et très bien.

C.F.
Ils vont être déçus.

A
Je ne crois pas ! Parlez nous un tout petit peu du film. Comment vous est venue l’idée de ce premier film sur ce sujet grave et dur à la fois ?

C.F.
Tout simplement : j’ai fait un court-métrage. Il s’agissait d’une histoire vraie d’un groupe d’immigrants clandestins qui se passait au Texas en 2003. J’ai fait un court-métrage sur le sujet. Quand j’étais en train de faire les recherches, j’ai appris que pour les immigrants de l’Amérique centrale, voyager à travers le Mexique était beaucoup plus difficile et dangereux que traverser la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.
Et avant ça, je n’étais pas au courant. Je ne savais pas que c’était difficile pour des gens qui venaient des pays au sud du Mexique. Je me suis dit que si un jour j’avais l’opportunité de faire un long-métrage je ferai comme thème le voyage des gens d’Amérique Centrale.
Et en fait le court-métrage a rapporté des prix [… ]. Comme ça j’ai eu l’opportunité d’écrire un long-métrage. Et là j’ai fait la connaissance d’Amy Kaufman qui est devenue la productrice. Avant d’être productrice elle travaillait avec Focus Features, le studio indépendant aux Etats-Unis. Elle leur a montré le scénario et ils ont aimé. Ils m’ont demandé si je voulais faire le film avec eux. J’ai dit : « Pourquoi pas »… Et finalement on a fait le film en 2007. Comme ca.

A
J’ai appris que vous aviez choisi d’aller sur place et de faire une partie du trajet pour vous rendre compte de la réalité.

C.F.
Oui, en fait, entre la nuit où j’ai fait le court-métrage et la nuit où j’ai écrit le long-métrage, j’ai fait trois mois de recherches au sud du Mexique. C’était plutôt académique. Au début j’ai fait des entrevues avec des professeurs d’anthropologie à Chiapas. Puis avec les chefs de sécurité d’Etat qui m’ont fait rentrer dans des prisons et parler avec des gangs. Egalement, j’ai fait plusieurs interviews dans les gares, en banlieue. Il y a des trains de marchandises où les immigrants se concentrent comme vous allez le voir dans le film ce soir. J’y ai fait des centaines d’interviews pour écouter des histoires et finalement, après 3 semaines de recherches comme ça, j’ai décidé de monter sur le toit des trains. Ce n’est pas un train de passagers, c’est un train de marchandises, et j’ai voyagé avec un groupe de 700 immigrants et traversé l’Etat de Chiapas.

A
Et le film est sorti aux Etats-Unis ou au Mexique ?

C.F.
Oui. Il est sorti aux Etats-Unis en mars et puis au Mexique la même semaine de la swine flu [ ndlr : grippe A] et cette semaine là, aller au cinéma… c’était vraiment mortel donc… évidemment c’était difficile d’avoir des entrées. Ce n’était pas un grand succès. Voilà j’espère qu’en France on en aura plus.

A
Ecoutez ça commence très bien. Merci beaucoup Cary.

Propos recueillis par Alexandra pour Le Blog Du Cinéma.

Vous pouvez retrouver la critique de Sin Nombre à cette adresse.

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