Comment TERMINATOR 2 a-t-il révolutionné le film de science-fiction ?

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Il y a près de trente ans, James Cameron et Arnold Schwarzenegger se retrouvaient pour tourner un film qui, à ce jour, reste celui ayant eu l’un des plus grands impacts sur le cinéma de science-fiction : TERMINATOR 2.

Avant de connaître la consécration avec Titanic en 1997, James Cameron était encore un néophyte lorsqu’il réalisa son deuxième film en 1984 : Terminator. Mais si ce dernier lui a apporté une reconnaissance internationale, c’est son second opus qui a définitivement transformé l’univers de la science-fiction. Jusqu’à aujourd’hui, TERMINATOR 2 est toujours considéré comme faisant partie des rares suites égalant voire surpassant son original. De 1991 à 1992, le long-métrage a été nommé dans plus de 40 catégories et a reçu 22 prix récompensant son innovation. Par ailleurs, le film a continué d’être nommé dans diverses compétitions jusqu’en 2020, soulignant son influence inébranlable sur les oeuvres de science-fiction. Mais TERMINATOR 2 n’a pas eu besoin d’attendre le 21e siècle pour être reconnu par la critique puisqu’il avait été un succès dès sa sortie, grâce à ses acteurs, ses scènes d’action mais aussi ses effets spéciaux.

Avec des coûts de production de 102 millions de dollars, TERMINATOR 2 a été le premier film de l’histoire avec un budget atteignant la barre des 100 millions de dollars. Pour les effets de ce second opus, James Cameron avait décidé de faire appel à trois sociétés différentes : Fantasy II Film Effects pour les séquences de guerre, ILM (la compagnie de Georges Lucas) pour l’animation du T-1000 et les graphismes par ordinateur ainsi que la compagnie 4-Ward pour l’explosion nucléaire et le « métal liquide« . D’ailleurs, c’est notamment à son utilisation de la technique du morphing (transition fluide d’une forme à une autre) que le film doit en partie sa renommée. Le morphing du T-1000 (Robert Patrick) a ainsi permis au méchant d’évoluer au-delà du formidable T-800 d’Arnold Schwarzenegger.

Cette idée de « métal liquide » était présente dès le premier Terminator dans l’esprit de James Cameron comme l’explique Rebecca Keegan (The Futurist: The Life and Films of James Cameron). Malheureusement, ni la technologie, ni le budget de l’époque ne lui permettaient de le faire. En effet, le premier de Terminator n’avait coûté « que » 6 millions de dollars, une bagatelle en comparaison du second volet. Avec ce dernier, le réalisateur a pu aller jusqu’au bout de ses rêves et a même engagé des jumeaux pour les scènes dans lesquelles le T-1000 prend une apparence humaine afin de s’assurer d’une ressemblance parfaite.

En effet, Leslie Hamilton Gearren, la sœur de Linda Hamilton (Sarah Connor) et Dan Stanton, le frère de Don Stanton (Lewis) ont rapidement rejoint le tournage. Ainsi, lors d’une des scènes finales, lorsque les deux Sarah se font face, aucun effet spécial n’a été utilisé contrairement à ce qui pourrait sembler. En réalité, il s’agit de Leslie Hamilton Gearren qui imite en miroir les gestes de sa sœur jumelle. À sa sortie, TERMINATOR 2 a donc révolutionné la technique des effets spéciaux grâce au morphing mais aussi grâce à son intégration des effets spéciaux numériques (CGI) lui permettant de remportant quatre Oscars pour ses effets, son maquillage et sa conception sonore.

En plus de ses effets, ses scènes pyrotechniques spectaculaires et ses cascades incroyables, TERMINATOR 2 a également transformé pour toujours la narration des antagonistes. En 2003, l’American Film Institute classe le premier Terminator en 22e position dans sa liste des 100 plus grands méchants de tous les temps et le second opus n’obtient que la 48e place. Ce détail illustre l’innovation narrative de ce dernier qui transforme le tueur robotique incarné par Arnold Schwarzenegger en une figure protectrice voire paternelle. À l’époque, l’acteur n’était d’ailleurs pas convaincu par cette évolution souhaité par James Cameron :

« Jim, j’ai un gros problème avec le scénario. » – « Eh bien, qu’est-ce que c’est ? » – « Je ne tue personne. » – « Justement, ils ne verront jamais cela venir. Personne ne le devinera. »

Convaincu, Arnold Schwarzenegger a finalement accepté ce plot twist grâce auquel le film est devenu culte. Mais son rôle n’est pas le seul à avoir évolué puisque dans ce second volet, Linda Hamilton incarne une impressionnante combattante grâce à l’entraînement intensif suivi par l’actrice pour le rôle aux côtés d’un ancien commando des forces armées israéliennes. TERMINATOR 2 est finalement la première incarnation de ce trope de « personnage qui change de camp » dont l’innovation narrative sera reprise par la suite avec plus ou moins de succès (Sicario : la guerre des cartels, Logan, Cruella…). D’ailleurs, on ne compte plus les hommages au long-métrage, que ce soit dans le monde de l’animation (Family Guy, Futurama, The Simpsons) ou dans les séries (Stranger Things) qui multiplient les références que ce soit au sacrifice épique du T-800 ou ses répliques qui resteront à jamais cultes dans le monde du septième art.

Sarah Cerange

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