resident evil,série,netflix,avis,critique

RESIDENT EVIL, Umbrella Corporation n’a plus aucun tour dans son sac – Critique

Des scientifiques, des zombies, des chiens enragés et un parapluie, on reconnait bien l’âme terrassé de RESIDENT EVIL. Encore une production qui tourne autour de la célèbre franchise, mais cette fois-ci, un risque temporel a été pris. A notre humble avis, cette histoire est, ou du moins devrait, être la dernière aventure d’Umbrella Corporation.

La plupart d’entre nous ont été bercé lors de leur tendre enfance par les jeux vidéos Resident Evil, ceux qui se jouaient sur la PlayStation 1. Ensuite, nous avons eu le plaisir de découvrir la saga cinéma portée par Milla Jovovich. 2021 a sonné le très mauvais et plus qu’oubliable Bienvenue à Raccoon City. En 2022, on découvre la série signée Netflix, qui nous propose une histoire de zombies pas trop mal tissée, sur fond de nostalgie. Bienvenue à New Raccoon City.

Les puristes de la franchise initiale ont été très clairs : RESIDENT EVIL n’est pas une bonne série, elle est même plutôt mauvaise. On ne retrouve rien des jeux qu’on a connu, les personnages sont mal exploités, l’intrigue ne tient pas debout, la série est en fait une « insulte », voire un vaste blague. Mais quels sont les arguments ? L’absence de Claire et Léon ? L’intégration de la Covid-19 et des progrès technologiques de la société actuelle ? La nouvelle ville de Raccoon City ? Au risque de froisser les fanatiques : RESIDENT EVIL n’était pas censée être une adaptation des jeux vidéo et le fait que la temporalité suive la nôtre a le mérite de ne pas recycler une énième fois l’histoire de base, qui n’aurait plus aucun sens aujourd’hui, et qui honnêtement, a été largement et suffisamment remixée.

Umbrella Corporation

Ce qui nous a excité particulièrement dans la franchise initiale de Resident Evil, c’est le mystère qui tournait autour d’Umbrella Corporation. La société internationale de recherche pharmaceutique à l’origine du virus T. Dans les jeux comme dans la saga de films, on plane pas mal autour des méchants, sans vraiment savoir qui est le vrai grand vilain. Le côté test sur les humains dans une petite ville perdue du Midwest, autant que la Reine Rouge dans le Hive, avaient le don d’éveiller notre curiosité.

Dans RESIDENT EVIL by Netflix, Umbrella Corporation a déménagé et s’est logée en Afrique du Sud. Pas d’histoire de manoir non plus, la société est juste un énorme et affreux bloc de béton très sophistiqué. Si on perd complètement le côté mystique à la Zone 51 qu’on retrouvait dans les jeux et dans les films, le fait qu’Umbrella soit une entreprise qui réalise toutes ses expériences farfelues à la surface de la Terre est bien plus réaliste qu’un labyrinthe étrange en-dessous des caves d’un manoir, par exemple. Dans un contexte où, bien entendu, une apocalypse zombie et des monstres mutants de 25m de haut sont plausibles.

Les scénaristes ont pris le risque : Umbrella Corporation est au goût du jour, et n’est plus cette infâme peinture blanche et insupportablement propre qu’on retrouvait dans les films avec Jovovich. C’est un centre scientifique, qui au final n’a rien d’inquiétant au premier abord, puisqu’il est censé gagner la confiance de la population. Honnêtement, cela a du sens. Le virus ne se trouve plus dans des fioles aux allures étranges, il est caché dans un anti-dépresseur qu’on appelle Joy, et qui ressemble terriblement à des bonbons pour la toux. Réaliste, on vous a dit. RESIDENT EVIL n’a évidemment pas oublié la première, la vraie, l’unique Raccoon City. Celle-ci a effectivement été touchée par la propagation du virus T, mais au lieu de virer en apocalypse zombie, la ville s’est faite exploser à coup de bombe nucléaire, et les preuves ont été effacées par le gouvernement. De nos jours, c’est probablement ce qu’il se passerait. Qui sait, peut-être est-ce même déjà arrivé.

Que dire d’Evelyn Marcus, la big boss d’Umbrella ? Mise à part qu’elle est lamentablement insupportable, pas grand chose. Elle porte certes des tailleurs ultra classes et a carrément buté son fils, mais son charisme ne vaut pas l’énigme autour de Oswell E. Spencer, James Marcus et Edward Ashford dans les jeux, ou celle autour du Docteur Isaac et d’Albert Wesker dans les films. En fait, Evelyn est dans l’air du temps des méchants des films de ces dernières années : bien sappé, toujours souriant, un poil arrogant et tout bonnement ridicule.

Photo de la série RESIDENT EVIL
Crédits : Netflix

Jade et Billie Wesker

Jade et Billie Wesker ne sont nulles autres que les filles d’Albert Wesker, le grand scientifique d’Umbrella Corporation. Mais attention, pas le Albert Wesker des jeux et des films, grand, blond, avec d’affreuses lunettes de soleil et sans coeur. Ici, il en impose toujours, certes, mais c’est en réalité un gentil papa (ou presque) qui veut protéger ses filles. En quelque sorte.

Les scénaristes de RESIDENT EVIL ont pris le risque d’accorder les rôles principaux de la série à deux nouveaux personnages, Jade et Billie. Deux femmes ultra badass qui se battent chacune pour leurs idées. Oui, comme Alice dans les films. A l’époque, cela avait fonctionné, et cette fois-ci, cela fonctionne encore. Les puristes pourront dire ce qu’ils veulent : Jade et Billie sont convaincantes. Ce sont deux gamines juste insupportables chacune à leur manière, qui vont découvrir les agissements un peu louches d’Umbrella Corporation. Jade is the new Alice, puisqu’elle va étudier les zombies, tenter de détruire Umbrella, risquer la vie de tous ses proches et mettre en danger toutes les personnes qu’elle croise. On ne va jamais lui laisser trente secondes de répit, et elle va passer ses journées à se battre.

Billie nous fait plus penser à Jill Valentine, une femme torturée qui va se mettre au service d’Umbrella, certainement parce qu’elle est matrixée non pas par une sorte de robot araignée qui contrôle son esprit, mais par une idéologie quelconque. On en saura certainement plus sur ses motivations dans la saison 2 de RESIDENT EVIL. Si, on vous l’accorde, leur brouille devient complètement ridicule lors des derniers épisodes, leur relation est pas trop mal structurée, et le rythme entre le présent et les flashbacks nous permet de tisser et comprendre leur évolution sans trop s’ennuyer.

Photo de la série RESIDENT EVIL
Crédits : Netflix

Zombies, clones et fan service

Jusque là, on a plutôt salué la prise de risque des scénaristes de RESIDENT EVIL. On ne peut pas leur enlever : il faut un certain courage pour s’attaquer à une franchise aussi grosse que Resident Evil. Plus encore, il faut du courage pour s’approprier l’histoire en 2022, alors qu’on l’adorait dans l’ignorance des 90’s et des années 2000. Inventer de nouveaux personnages, une nouvelle ville, instaurer la Covid-19 et ne pas une énième fois recommencer l’histoire avec les évènements de Raccoon City, c’était osé. Ils savaient parfaitement qu’ils s’attaquaient à un fandom bien coriace bien conservateur, et nous, ici, on aime bien le culot.

Netflix a cependant tenter de faire plaisir aux puristes avec des noms, des lieux, des intrigues qu’on connait bien. Tout commence avec le scientifique Albert Wesker. Evidemment, rien à voir avec celui qu’on nous a présenté dans les jeux et dans les films. Celui-ci est toujours glacial, certes, mais il aime ses filles. A sa manière. On n’imagine pas du tout l’Albert aux lunettes de soleil avoir des enfants, et encore moins les protéger. Ensuite, Evelyn Marcus. C’est sa première apparition en tant que telle, mais elle fait référence à la fille de James Marcus, un des trois scientifiques ayant mis la main sur la souche du virus T à la base. Cette « enfant » apparait également, mais sous un autre nom, puisqu’elle s’appelle Alicia Marcus, qui a crée des clones à son image, dont celle interprétée par Mila Jovovich.

Qu’aurait été Resident Evil sans ses abominables Cérbères ? On retrouve un de ces adorables dobermans mutants dans les premiers épisodes. Quid des alligators géants et des Lickers ? Des monstres stars des jeux et des films, que Netflix n’a pas oublié. Il y a aussi Docteur Salvador. Vous vous souvenez du Docteur Salvador dans Resident Evil 4, aka le meilleur jeu de la franchise (en toute objectivité) ? Un adversaire qui essayait de tuer Léon avec sa tronçonneuse. On le retrouve effectivement dans la série, dans la prison de la Confrérie, en France. On le connait toutes et tous : le logo d’Umbrella. Il apparait un peu partout, tout le temps, jusque sur les boucles d’oreilles de Jade Wesker, en forme d’octogone. Enfin, Ada Wong. Surement un des personnages les plus badass de la franchise, et certainement celui qui a été le moins bousillé avec les années. Dans les jeux et même dans la saga, elle est toujours la même : cheveux noirs et robe rouge. Aux dernières secondes du dernier épisode de la saison 1, on apprend qu’Albert Wesker a envoyé ses deux filles la retrouver.

Mais ce qui vient ternir cette série aussi visuelle que nostalgique, c’est le très peu joyeux bordel de sang et de monstres. RESIDENT EVIL ne compte que huit épisodes, mais ils y ont intégré autant d’éléments que dans une saga en huit chapitres. Si la balance présent/flashback est plutôt bien gérée, il aurait fallu doser les informations. Jade est tantôt une ado qui déteste l’école, tantôt une scientifique qui fait des expériences sur un bateau, tout en élevant une enfant qui n’est pas celui de son compagnon, alors qu’elle est recherchée par Umbrella entre deux trois bastons. C’est trop. Pareil pour Billie, elle est d’abord une ado torturée et introvertie, qui se fait mordre par un chien infecté mais qui ne se transforme pas, et qui arrive par la suite à la tête d’Umbrella Corporation en faisant d’Evelyn un robot, alors qu’elle voulait démanteler la société quand elle était plus jeune, pour en fin de compte vouloir tuer Jade. Pareil pour les zombies. On comprend qu’au fil du temps, les morts-vivants ne fonctionnent qu’à l’odorat. Mais pas tous. Puis certains sont juste aveugles. Puis d’autres ont muté de manière à suivre un chef. Et il y a des araignées et des chenilles mutantes aussi. Honnêtement, ils auraient dû se contenter des zombies pour cette première saison. Ils ont réussi à gâcher l’excitation de découvrir de nouveaux monstres avec leur volonté de les tous les faire vivre en même temps. Finalement, parlons du clonage. Resident Evil nous en a fait mangé, si bien que dans les films, le plot twist dévoile qu’Alice, l’icône de toute une génération, n’est qu’un clone. Netflix l’a en revanche expédié. On apprend en fait qu’Albert n’est qu’un clone, et que le vrai était un homme sanguinaire et sans coeur, comme LE Albert Wesker de la franchise initiale. Mais rien, absolument rien dans RESIDENT EVIL n’a amorcé cette intrigue de manière intéressante.

Photo du film RESIDENT EVIL

On remercie quand même les scénaristes de ne pas nous avoir imposé une nouvelle Claire et un nouveau Léon, parce que même si on les adore, ces deux-là ont fait leur temps. On espère juste qu’ils ne seront pas dans la saison 2, et s’ils le sont, qu’ils ne seront pas autant massacrés que dans la saga de films.

Cécile Fischer

Note des lecteurs1 Note
Titre original : Resident Evil
Créateur.rice.s : Andrew Dabb
Acteurs : Ella Balinska, Tamara Smart, Lance Reddick
Date de sortie : 14 Juillet 2022
Durée des épisodes : 50 minutes
2.5
Pas mal

Écoutez-nous !

Soutenez-nous !

Rédactrice
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires
0
Un avis sur cet article ?x