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Crédits : Netflix

GINNY & GEORGIA, déconstruction des séries des années 2000

Une — ou plusieurs — partie(s) de cet article parle de l’intrigue et en dévoile certains aspects. Il est donc vivement conseillé d’avoir vu la série avant de le lire. On vous a prévenu !

On ne peut pas vraiment dire que Ginny & Georgia soit la série de la décennie. On comprend même que certaines personnes ne l’ai pas aimé du tout. Par contre, on est bien forcés de constater que c’est une série qui déconstruit les tabous, et pas seulement les tabous sexuels.

En regardant GINNY & GEORGIA, on s’attendait comme promis à une version actuelle de Gilmore Girls. Pari tenu, Rory et Loreilai sont parfois presque parmi nous. On retrouve d’ailleurs un peu tous les codes des séries pour ados de l’époque. Les lycéens qui boivent du café à outrance, qui s’habillent comme si leurs tenues allaient sauver des vies, qui vont en soirée tous les quatre matins et les adultes qui travaillent trois heures par jour en plus de boire du pinard à tous les repas. Il y a même une petite référence à Buffy contre les vampires dans la saison 2. C’est clair et net, c’est une série nostalgie qui nous rappelle celles des années 2000. Sauf que cette fois, ils ont ajouté un soupçon de prévention.

Toujours des clichés, mais pas le même poids

Car les séries des années 2000, c’était toujours un peu la même recette. C’était l’histoire d’une jeune héroïne, venant d’une famille d’apparence charmante mais qui cache de lourds secrets. Prenons les simples exemples de Serena et Blair dans Gossip Girl. Elle connaissait deux frères, un très gentil, l’autre étant l’archétype du bad boy, comme Lucas et Nathan dans Les Frères Scott, ou encore Damon et Stefan Salvatore dans The Vampire Diaries. Au fil de l’intrigue, elle se retrouve malgré elle reliée à une affaire de meurtre, comme les filles de Pretty Little Liars. Puis arrive le moment de vivre son premier amour, de façon compliquée, comme l’ont fait Effie et Freddie dans Skins.

Dans GINNY & GEORGIA, on retrouve un peu de tout cela. Ginny vient d’une famille à l’apparence parfaite, elle est la meilleure amie de Max – jumelle maléfique de Marcus -, est évidemment impliquée indirectement au meurtre de son beau-père, et est follement amoureuse du jumeau de sa BFF.

Sauf que cette fois, la discrimination et la souffrance des personnages ne sont pas tournées à la dérision. Les différences des uns et des autres, comme le poids, la couleur de peau ou encore le style vestimentaire, ne sont pas devenues des excuses justifiant le harcèlement. Elles ne sont pas non plus vulgairement banalisées. Elles ont plutôt été traitées comme de vraies problématiques de société.

Photo de la série GINNY & GEORGIA
Crédits : Amanda Matlovich / Netflix

Le traitement du tabou

Rien que dans la saison 2, les problématiques de chaque personnage sont montrées de la façon la plus réaliste possible, sans que cela soit trop explicite.

Il faut déjà savoir que dans chaque épisode de GINNY & GEORGIA qui traite d’un sujet relativement tabou, un message de prévention apparait au tout début. On pense notamment aux crises d’angoisse que font Ginny et Georgia. Les scènes sont longues, donc plutôt réalistes et la caméra reste fixe sur leurs visages. On vit les crises avec elles. Mais au lieu de juste les voir, on les comprend aussi. Elles sont expliquées, tout comme la façon qu’elles ont de les gérer.

On pense aussi à ces fois où Ginny se brûlent les cuisses. La caméra se concentre sur la douleur qu’elle ressent, pas sur l’acte en lui-même. La scène où Georgia découvre que sa fille se mutile est d’ailleurs particulièrement difficile à regarder. Cela a le mérite de ne pas être minimisé.

Mais le sujet le plus imagé, celui qu’on comprend au fut et à mesure de l’intrigue et qu’on n’avait pas vu venir, c’est la dépression de Marcus. Au fil de la saison, on comprend qu’elle le rattrape. Dans l’épisode 8, on voit Ginny et Marcus se tenir la main et avancer dans les couloirs du lycée. L’image est claire, les couleurs sont vives. La scène est en fait perçue du point de vue de Ginny. Et on le sait parce que dans l’épisode 9, on revoit exactement la même scène, mais les couleurs sont sombres, très sombres. Là, c’est le point de vue de Marcus.

GINNY & GEORGIA ne traite pas donc pas d’un seul sujet, mais d’absolument tout ce qu’un adolescent peut traverser à la période du lycée. Les premiers amours et les chamailleries entre amies, oui, mais aussi la dépression, la solitude, la dysmorphie corporelle, la discrimination, le racisme, et même la thérapie. Celle que suit Ginny permet en effet de lever un certain voile, même si on ne s’en rend pas forcément compte.

Cécile Fischer

Auteur·rice

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