Asa Butterfield, Emma Mackey

SEX EDUCATION, en quête de l’orgasme – Critique

Avec un titre aussi chargé de stéréotypes que son sujet est brûlant et lourd de tabou, SEX EDUCATION se démarque des séries ordinaires pour adolescents avec tact et sensibilité, malgré quelques défauts.

Comme son nom l’indique, SEX EDUCATION parle de sexe. Le langage est cru et les images explicites. On parle et on voit des seins, des fesses, des pénis, des vulves mais rien qui ne soit traumatisant. Au milieu de ce capharnaüm charnel, Otis Milburn (Asa Butterfield), lycéen, s’associe avec Maeve (Emma Mackey) pour donner des conseils jouissifs à ses camarades.

Malgré son statut de puceau professionnel, Otis se révèle un gourou du sexe grâce aux conseils qu’il entend lors des consultations de sa mère. Cette dernière (Gillian Anderson), sexologue, est aussi intrusive qu’avide de sexe. Avec Maeve et son ami Eric (Ncuti Gatwa), le garçon paumé mais brillant développe une véritable cellule de crise.Photo de la série SEX EDUCATIONÀ mi-chemin entre Glee et Big Mouth, SEX EDUCATION se distingue par son traitement plus mature du sexe. Ce sujet, aussi drôle que sérieux, est traité de façon intelligente. Les clichés qui se sont imposés à cause des films pornographiques, n’y ont pas leur place si ce n’est pour être défaits. Bien loin des adolescents à la vie sexuelle sur-active et sur-exposée de Gossip Girl, 90210 ou Elite, les lycéens de SEX EDUCATION découvrent (ou pas) le sexe à leur vitesse.

Bien loin de Kim Cattral dans Sex and the City ou Joseph Gordon-Levitt dans Don Jon, ces apprentis Éros se demandant bien des choses. Comment faire la lumière allumée ? Peut-on faire une fellation sans avoir instinctivement envie de vomir ? De quelle manière se masturber ? Toutes ces questions ont leur place dans la série qui les aborde avec tact et humour. SEX EDUCATION s’ancre également dans son époque en évoquant des problèmes liés aux réseaux-sociaux avec un épisode où la photo d’un vagin est envoyée à toute l’école.Photo de la série SEX EDUCATIONPour faire face à toutes ces situations, les protagonistes encouragent l’affirmation de soi, la communication et la patience. Aussi, Maeve, la bad girl, n’est pas définie par ses choix ou sa famille mais par la qualité de son écriture et son avenir prometteur. À côté des sexologues apprentis, deux personnages tirent leur épingle du lot et permettent d’aborder de nouvelles problématiques aussi nécessaires que primordiales. Tout d’abord, Aimee à qui le petit ami demande ce qui lui ferait plaisir au lit :

Aimee : What do I want, no one has ever asked me this !

Si sa discussion avec Otis s’ensuit immédiatement d’une scène de masturbation féminine non censurée qui ne dépeint pas le tabou qu’incarne ce plaisir solitaire, elle reste pertinente. Non seulement elle dénonce la primauté du plaisir masculin mais en plus elle le défie. Plus cru que la scène de Charlotte dans SATC mais plus juste que Chyler Leigh dans Sex Academy, SEX EDUCATION se démarque.

À côté d’elle, Eric Effiong (Ncuti Gatwa) est aussi flamboyant qu’un candidat de RuPaul mais qui comme beaucoup vit difficilement son adolescence. Au cours de la saison, le jeune homme a de plus en plus de mal à assumer son identité sexuelle et la personne qu’il veut devenir. Cependant, s’il est le personnage le plus attachant de la saison, il reste également le seul issu d’une minorité. Un petit bémol pour la série qui fait pourtant preuve d’une diversité sexuelle incroyable marquée par la présence du vaginisme et la découverte de l’exobiophilie.
Photo de la série SEX EDUCATIONMalgré des twists prévisibles, SEX EDUCATION s’impose donc comme une série feel-good redéfinissant le sexe sur le petit écran. Les dichotomies gays/homophobes, looser/mean girls sont toujours présentes mais traités avec plus de justesse que dans d’autres séries. Tout n’est pas noir ou blanc et comme le dit Otis : « On est tous imparfaits, mais ça ne fait pas de nous des gens mauvais. »

Toujours avec délicatesse et humour, la série de Laurie Nunn traite donc une multitude de sujets. Relations physiques, harcèlements et avortement sont donc abordés sans pour autant donner la sensation de suivre un cahier des charges. Au final, un seul conseil manque aux recommandations du « fantôme de l’ère victorienne » : amusez vous mais surtout protégez-vous !

Sarah Cerange

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Titre original : Sex Education
Réalisation : Laurie Nunn
Production : Netflix
Acteurs principaux : Asa Butterfield, Gillian Anderson, Ncuti Gatwa
Date de sortie : 11 janvier 2019
Durée : 45-50min
3
Sexothérapie

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