NOËL BLANC, une joie de vivre – Critique

Pour ce 23ème jour de notre Calendrier de l’Avent, on vous fait découvrir le merveilleux monde des films musicaux pour enchanter vos fêtes de fin d’année…

Avers et revers d’une même médaille, pas toujours joyeuse, qui s’appelle Noël, NOËL BLANC a une histoire des plus tristes. Le 25 décembre 1928, le compositeur Irving Berlin et sa femme Ellin MacKay perdent leur fils, âgé de seulement 24 jours. Pour le musicien qui considérait les fêtes de fin d’année comme le plus beau des moments, celles-ci deviennent soudainement la source d’une immense tristesse. En 1941, Irving Berlin compose donc White Christmas, un morceau mélancolique qui dépeint un Noël blanc mais surtout nostalgique. C’est donc autour de cette chanson que le film NOËL BLANC a été réalisé après que celle-ci ait gagné l’Oscar de la meilleure chanson originale en 1942.

Pourtant, le long-métrage de Michael Curtiz n’a rien de triste. Aussi joyeux que mélodieux, l’histoire raconte d’un spectacle télévisé créé par Phil Davis (Danny Kaye) et Bob Wallace (Bing Crosby) à la fin de la guerre et pour lequel ils auditionnent deux talentueuses sœurs : Betty Haynes (Rosemary Clooney) et Judy Haynes (Vera Ellen). Comme souvent dans les films de Noël, le scénario est donc construit autour d’une histoire d’amour alors que les deux hommes commencent à se rapprocher de des jeunes chanteuses…

Si l’histoire n’est pas des plus originales, NOËL BLANC reste un classique de la Paramount qui respire la joie de vivre, le gui et les biscuits de Noël. Le long-métrage de Michael Curtiz s’inscrit dans la lignée des films musicaux qui ont fait le succès du studio Metro-Goldwyn-Mayer à l’approche de la fin de la Seconde Guerre Mondiale grâce à son répertoire d’interprètes talentueux : Fred Astaire, Gene Kelly, Debbie Reynolds, Kathryn Grayson… Face à cet âge d’or de la comédie musicale, le studio Paramount réalise donc ce film de Noël ultime qui allie non seulement les images qui font le succès des films de fin d’année mais aussi des spectacles musicaux dont le public semblait jusqu’alors se lasser.

Pourtant, entre danses et chansons endiablées, NOËL BLANC se démarque des autres réalisations de l’époque avec son ton militariste. Même si le long-métrage de Michael Curtiz n’a rien à voir avec les réalisations propagandistes américaines que l’on peut avoir en tête (Les Aveux d’un espion nazi, Casablanca, Mrs. Miniver…), le film rappelle néanmoins l’importance de l’armée dans la culture américaine.

La relation incontestable entre le film NOËL BLANC et l’armée s’explique par l’histoire même de la chanson : celle-ci ayant été diffusée pour la première fois à la radio après l’attaque de Pearl Harbor. Si les paroles mélancoliques de Irving Berlin aurait pu passer inaperçues, sa vision nostalgique d’un Noël enneigé a fait de son titre l’une des plus importantes chansons de guerre. L’hymne ne mentionne pas la contribution à l’effort de guerre mais le désir d’être à la maison pour les fêtes de Noël dans un contexte amplifié par la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, le long-métrage semble s’inscrire en amont de la lignée de films tels que Joyeux Noël (Christian Carion, 2005) qui rappellent l’importance des fêtes de fin d’année et du besoin d’être ensemble : une sorte de victoire de la culture sur la nature ?

Alors que l’ère des films musicaux semblait arriver à sa fin, le film de Michael Curtiz offre à ce genre une dernière bouffée d’oxygène grâce à son spectacle de music hall unique qui fait prolonger l’ambiance mélodieuse des fêtes, notamment grâce aux splendides costumes d’Edith Head. Avec ses chansons entraînantes et ses pas de danses iconiques — on peut ainsi remarquer George Chakiris auprès des sœurs Haynes — NOËL BLANC, réussit à enchanter le public jusqu’à réussir à lui faire fermer les yeux sur son ton militariste.

Sarah Cerange

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Titre original : White Christmas
Réalisation : Michael Curtiz
Acteurs : Bing Crosby, Danny Kaye, Rosemary Clooney
Date de sortie : 14 décembre 1954
Durée : 2h
3.5
Enchanté
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