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Crédits : Pathé

ASTERIX ET OBELIX : L’EMPIRE DU MILIEU, l’insupportable « Canet bashing » – Critique

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Depuis la sortie d’ASTERIX ET OBELIX : L’EMPIRE DU MILIEU de et avec Guillaume Canet, la presse critique se soulève, s’acharne, voire se déchaîne, faisant subir au film et à son réalisateur un lynchage si virulent qu’il questionne. Nous avons vu le film. Contre-critique !

Au moment où nous rédigeons cet article, ASTERIX ET OBELIX : L’EMPIRE DU MILIEU, la cinquième adaptation au cinéma de l’œuvre de René Goscinny signé Guillaume Canet entre dans sa deuxième semaine d’exploitation. Et depuis son premier jour en salles, le moins que l’on puisse dire, c’est que le film fait parler et qu’il n’a de cesse d’être scruté, de près, de très très près, notamment par la critique… Dans le viseur, le budget pharaonique de ce blockbuster de divertissement produit par Alain Attal, tourné sur quatre années, qui s’élève à près de 65 millions d’euros et vise pas moins de 6 millions d’entrées pour atteindre son seuil de rentabilité. On pointe aussi son défilé de guests impressionnants (Orelsan, Angèle, Bigflo et Oli, Zlatan Ibrahimovic, Jérome Commandeur, Ramzy Bedia, Laura Felpin entre autres stars des réseaux sociaux…) qui accompagnent les déjà très grosses têtes d’affiche aux premiers rôles (Gilles Lellouche, Vincent Cassel, Marion Cotillard, Jonathan Cohen et Guillaume Canet lui-même). Et puis, il y a eu la promotion du film, sur plusieurs semaines à très grande échelle.

Bref, ASTERIX ET OBELIX : L’EMPIRE DU MILIEU à mis la barre haute, s’est donné les moyens de séduire le grand public et c’est tant mieux lorsqu’on connaît le système de financement vertueux du cinéma en France qui a aussi besoin de « faire du chiffre » pour pouvoir continuer à financer l’Art et les premier films (et c’est peut-être là finalement, entre le cinéma d’art et le cinéma d’économie que se situe le véritable débat qui rode autour du film de Guillaume Canet). La grande ambition publique qu’on lui reproche, Guillaume Canet, ne s’en cache pas, à la différence que contrairement à d’autres films plus fainéants, il s’attaque à un mastodonte de la culture française. Aurait-il péché d’orgueil ? C’est la petite musique qu’on entend, avec un peu trop d’insistance, depuis quelque jours. Pourtant voir porter à l’écran l’adaptation d’une bande dessinée culte, destinée à la jeune génération, portée par l’énergie des icônes de cette dite nouvelle génération avec un marketing et un casting pensés précisément pour elle, c’est tout de même un joyeux projet.

Malgré cela, depuis la sortie du huitième film de Guillaume Canet en tant que réalisateur, la critique se soulève, s’acharne même, voire, se déchaîne et ASTERIX ET OBELIX : L’EMPIRE DU MILIEU essuie un lynchage virulent, frisant souvent, à la lecture des arguments, la mauvaise foi. Et de la presse standard aux réseaux sociaux, le phénomène est tel qu’il amène presque à un questionnement de fond sur la fonction critique. La critique serait-elle un appareil permettant à un auteur d’objectiver sa subjectivité et d’en faire un argument d’autorité ? Aurait-elle vocation à se substituer au professeur qui commanderait à un élève réalisateur à revoir sa copie ? Serait-elle devenue l’extension de la boite de production qui aurait pour mission d’évaluer le résultat de son investissement ? Vaste débat, mais, en irréductibles gaulois, nous avons opté pour une posture de résistance, qui bien entendu nous semble plus juste, en replaçant le film dans la lignée du travail du son réalisateur, en réaction, viscéralement effrayés par ce à quoi nous assistions : un pur, un simple Canet bashing qui dépasse , et c’est le problème, bien largement la question du film.

ASTERIX ET OBELIX : L’EMPIRE DU MILIEU nous a plu pour ce qu’il est. Nous avons eu envie de le défendre et de (sans se priver du clin d’œil) rendre à César ce qui appartient à César !

Comme ses prédécesseurs, Asterix aux jeux olympiques et Asterix et Obelix : Au service de Sa Majesté, ASTERIX ET OBELIX : L’EMPIRE DU MILIEU a indéniablement souffert de sa comparaison avec l’indécrottable version d’Alain Chabat en 2002, Asterix et Obelix : Mission Cléopatre, qui continue de faire référence dans l’inconscient collectif et se voit largement et unanimement proclamé « meilleur » film Asterix jamais réalisé. C’est sûrement vrai. Mais qui dit iconique, dit aussi cristallisation. Nous avons voulu en avoir le cœur net.

Parce que pour être tout à fait transparent, au moment ou nous découvrons en salles le film de Guillaume Canet, nous n’avions pas (encore) vu le film d’Alain Chabat. Nous l’avons donc vu juste après. Et ce qui est frappant, c’est que les plus gros reproches faits au film de Canet, notamment concernant l’humour et les blagues qui seraient d’un autre temps ou tomberaient à l’eau, nous avons pu ressentir exactement la même chose en découvrant 11 ans après son succès la version dite indétronable. Les quarantenaires que nous sommes ont effectivement pu sourire aux références de pointes en 2002, telles que les noms donnés au personnages dont Itineris, nous remémorant nos premiers 3310. Et puis, il y a aussi le plaisir doux non exempt de mélancolie de l’époque Canal en revoyant Gérard Darmon aux côtés d’Alain Chabat, nostalgie des Nuls et du cultissime La cité de la peur. Il y a Jamel Debbouze à l’époque où il était en train de devenir la star qu’il est aujourd’hui, Monica Bellucci, icone absolue de l’époque. Et puis Clavier, et puis Depardieu. A l’époque, c’était fou de voir autant de talent et d’impertinence dans un film. En 2002, l’effet wow était implacable. Mais nous avons, quand même, aussi, il faut le dire, pris un coup de vieux et éprouvé une petite gène devant certaines scènes qui sont devenues naturellement plus datées. Entre autres, le dialogue d’Isabelle NantyItineris donc- haché à cause des coupures de réseaux, lançant un « ça capte pas » entrecoupé d’un bruitage de modem qui redémarre… Assurément efficace et hilarant à l’époque, mais qui aujourd’hui ne marche plus. Juste parce que ça n’existe plus. Alors ceux qui le découvrait en 2002 s’en souviennent encore comme d’un film à la pointe de l’humour, parce qu’il pullulait de références de l’époque, et Alain Chabat mérite évidemment ses louanges, mais qu’en est-il des spectateurs de moins de 20 ans, qui en 2023, ne savent ni ce qu’est Itinéris, ni ce à quoi correspond ce son étrange de modem ? Et bien la blague fait flop.

Et c’est spécifiquement sur cet aspect qu’ASTERIX ET OBELIX : L’EMPIRE DU MILIEU mérite largement d’être défendu, mais surtout réhabilité, parce qu’à l’instar d’Alain Chabat en 2002, Guillaume Canet réalise en 2023 un film dans la même veine, à savoir un film ultra – non – hyper générationnel. Et c’est ce qui fait que le film plait aux jeunes. Parce que la condition pour rire, de Chabat à Canet, c’est d’avoir la ref et les refs d’ASTERIX ET OBELIX: L’EMPIRE DU MILIEU, ce sont bel et bien les jeunes spectateurs qui les ont. Stars de YouTube et d’Instagram, humoristes en pleine essort, héros de série Canal, chanteurs et chanteuses à succès, le film distille dans chaque dialogue une allusion aux héros de la jeunesse de 2023 avec l’idée de – déjà – les tourner en dérision. Et quitte à être à contre-courant, nous avons eu un plaisir plus que jouissif à décrypter toutes ces citations que les plus de vingt ans ne peuvent pas connaitre. Pics à la littérature de développement personnel, paroles des chansons « cachées » dans les répliques d’Orelsan ou Angèle, le film regorge de petites pépites ultra contemporaines écrites comme des hommages, voire des private jokes à la génération cible, tout en respectant fidèlement le cahier des charges de la gaudriole et des jeux de mots chers à René Goscinny qui déclarait n’écrire des aventures que pour avoir un prétexte à faire des blagues.

La franchise Asterix offrait à Guillaume Canet un cadre pour faire le grand film populaire dont il rêve depuis longtemps, comme un cri d’amour lancé à la mer. Et si on doit lui reconnaître une victoire absolue, c’est celle de la transmission.

Côté scénario, Guillaume Canet, qui a librement adapté le film de la BD éponyme, a choisi de proposer un récit plus humain que guerrier. L’épopée chinoise sert de couverture légère pour permettre au film de plonger dans des tonalités plus tendres qu’on connait à Guillaume Canet. Depuis Les petits mouchoirs, Nous finirons ensemble ou même Lui, Guillaume Canet, nous a habitué à vouloir, parfois maladroitement et parfois de manière assez réussi (Rock’n Roll)parler d’amour, d’amitié, de compagnonnage, d’émotions et de doutes. Naturellement, le film prend cette tournure et si le personnage d’Asterix aurait pu nous émouvoir un peu plus, les bluettes installées comme des contes enfantins fonctionnent bien, si bien que la scène finale nous cueille avec émotion. Gilles Lellouche est plus que convaincant en Obelix au cœur tendre, Ramzy Bedia est parfaitement à l’aise en filou sensible, Vincent Cassel quand à lui excelle en chef de guerre en pleine crise de couple, tout comme Jonathan Cohen en vendeur de charme. Le film assume un côté naïf, au sens noble du terme, qui, là encore, parvient à ravir et toucher les plus jeunes. Après le plaisir d’avoir reconnus leurs idoles à tour de bras, d’avoir rit aux blagues de leur époque, ils sont émus par les romances tendres que proposent ASTERIX ET OBELIX : L’EMPIRE DU MILIEU.

65 millions d’euros, c’est ce qui permet au film d’être également le beau spectacle visuel qu’il avait promis, scènes de batailles à la Braveheart, décors et reconstitutions du village gaulois impressionnant, bateau pirate et effets spéciaux léchés, le plaisir visuel est, sans grand débat, parfaitement au rendez-vous.

Photo du film ASTERIX ET OBELIX : L'EMPIRE DU MILIEU
Crédits : Pathé

Alors, finalement ça donne quoi ? Guillaume Canet aurait-il pu faire un meilleur film d’aventure ? Oui, probablement. Aurait-il pu faire un film au scénario plus resserré ? Oui, sûrement. Aurait-il pu mettre moins de guests dans son film ? Oui, mais pourquoi finalement ? Aurait-il, aurait-il, aurait-il…. ? À toutes ces questions, on pourrait répondre assurément oui, ou non, mais au fond, Guillaume Canet a fait un film de Guillaume Canet. À savoir un film, qu’on aime ou pas, mais dont la première ambition est celle d’être aimé, un film qui parle d’amis, fait avec ses amis. Un film fidèle à son goût pour la musique et à la tendresse, et ce film-là, de divertissement grand public, qui s’adresse à la jeunesse, réussit son pari. Et il vivra sa vie, en grande partie grâce au public le plus jeune qui y retrouve ses madeleines à lui.

Aurait-il pu faire la même chose sans Asterix ? Oui assurément, mais Asterix et Obelix lui offrait un cadre pour faire le grand film populaire dont il rêve depuis longtemps, comme un cri d’amour lancé à la mer. Et si on doit lui reconnaître une victoire absolue, c’est celle de la transmission. Parce que le film réalise le véritable coup de maître de laisser voir et entendre, dès la sortie de la salle, les enfants et les ados ultra enthousiastes, ces mêmes qui ont rit, se sont attendrit et se sont réjouis du casting, vouloir filer à la librairie acheter les albums de Goscinny et demander à leurs parents ce qu’ils savaient de ces héros de la Gaulle, prêt à découvrir ou redécouvrir, les livres et les dessins animés.

ASTERIX ET OBELIX : L’EMPIRE DU MILIEU ne sera pas un succès critique, certes, mais il sera un succès générationnel, tout comme Asterix et Cléopatre en son temps. Mention spéciale à Gilles Lellouche, José Garcia, Jonathan Cohen et Vincent Cassel dont chacune des apparitions sont enthousiasmantes, tantôt touchantes, tantôt hilarantes. Donc, contrairement aux nostalgiques d’un temps ou d’autres étaient déjà nostalgiques d’un temps ou d’autres… Nous soutenons ce film français grand public qui a su rester joli, drôle et tendre.

Guillaume Canet permet à l’œuvre culte de Goscinny de vivre dans le cœur des plus jeunes et peut-être est-ce en ce sens que le film aurait dû être marketé, car, par ce prisme, moins sérieux, plus humain, il est jouissif. Et les enfants veulent y retourner !

Sarah BENZAZON

Lily Nelson : Bashing justifié pour ma part
Simon Beauchamps : Si je soutiens totalement l'envie de rester le plus positif possible, c'est quand même difficile de trouver vraiment une qualité à de tels "films" qui n'en sont en fait même pas, mais plutôt des contenus qui ne retiennent que les trois premières lettres du mot.
Note des lecteurs138 Notes
Titre original : Astérix et Obélix: L'Empire du milieu
Réalisation : Guillaume Canet
Scénario : Philippe Mechelen
Acteurs principaux : Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Julie Chen, Jonathan Cohen, Leana Chea
Date de sortie : 1er fevrier 2023
Durée : 1h51min
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Générationnel

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Sebel
Sebel
Invité.e
15 mars 2023 19 h 03 min

« Côté scénario, Guillaume Canet, qui a librement adapté le film de la BD éponyme, a choisi de proposer un récit plus humain que guerrier. »
Vous êtes tellement mauvais que vous ne savez même pas que cette bd n existe pas, c est honteux. La bd est tirée du film!

philippe
philippe
Invité.e
Répondre à  Sarah Benzazon
27 mars 2023 9 h 24 min

Ben, tout simplement honte de dire n’importe quoi, pour un article à pretention journalistique

TERMINI
TERMINI
Invité.e
3 mars 2023 9 h 24 min

En regardant ce film j’ai passé un très bon moment ! Il est drôle avec beaucoup de références aurant pour les plus jeunes que pour les anciens ! Et dire que j’ai failli ne pas aller le voir à cause des mauvaises critiques ! Cela aurait été vraiment dommage. Merci à Guillaume Canet et aux acteurs.

Samoucha
Samoucha
Invité.e
Répondre à  TERMINI
18 mars 2023 23 h 57 min

C’est votre cousin canet ??? paske je ne vois pas d’autre explication à votre commentaire sur cette bouze.

CHRISTIN Claudie
CHRISTIN Claudie
Invité.e
2 mars 2023 14 h 09 min

Je partage tout à fait votre opinion Sarah. Pourquoi un tel acharnement contre un film qui permet de passer un très bon moment ? Les spectateurs ne s’y trompent pas : plus de 4 millions.
Cette mode qui consiste à passer son temps à critiquer tout et tout le monde est bien triste !

Laurence BDD
Laurence BDD
Invité.e
23 février 2023 12 h 13 min

Le blog du cinéma aurait-il des intérêts dans le film de Canet ? 4 étoiles « generationnel » ? Vraiment ?! Cette critique me paraît quelque peu malhonnête. Comparer le film de Chabat, même (pas vu au moment de sa sortie en salle en son temps, mais après celui de Canet) en arguant qu’il aurait mal vieilli et que les blagues sont du même accabit, c’est gonflé. Si la blague concernant Itineris peut-être hors de notre temps, il n’en demeure pas moins que beaucoup d’autres fonctionnent encore parfaitement. Ce qui n’est pas le cas pour la presque totalité de celles de Canet dont certaines sont même déjà périmées en 2023 (allusion au vaccin) . C’est regrettable, mais, voyez les choses en face, Canet s’est raté. Pousser les gens à aller voir son film n’est vraiment pas sérieux.

Laurence Bdd
Laurence Bdd
Invité.e
Répondre à  Sarah BENZAZON
26 février 2023 23 h 48 min

Bonjour Sarah,
à quel moment, dans sa phase promo, Guillaume Canet et Co. ont ils défini leur cible de spectateurs dans la case des 7-14 ans ? A aucun moment . C’est bien là le problème. S’il s’était agi d’un film pour la jeunesse en cible bien définie, « à la Disney », je suis sure qu’il n’y aurait pas ce « traitement nauséabond dont il fait les frais ». A jouer avec le feu en prenant les gens pour des imbéciles, il arrive que l’on se brule !

Greg ALNY
Greg ALNY
Invité.e
20 février 2023 19 h 55 min

Ce film est une honte. On prend les spectateurs pour des débiles mentaux.
La bêtise le dispute à l’indigence.
C’est un gâchis de pellicule.
Je n’avais pas vu un tel navet depuis plus de 15 ans.

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