L’un des moments les plus forts du Festival Lumière (à Lyon du 12 au 18 octobre) sera sans doute la projection de LA NUIT DES MORTS-VIVANTS. Réalisé par le père du zombie moderne, et véritablement fondateur et novateur dans la manière de représenter les créatures à l’écran, ce film a codifié le genre et a posé des bases désormais ancrées dans la culture populaire ; des morts-vivants lents, cannibales, quasi-animaux, dont on ne peut se débarrasser qu’avec une balle en pleine tête. Mais Georges Romero ne s’est pas contenté de bouleverser le cinéma de genre, il a également exploité ses zombies pour réaliser une analyse sociologique. Le lien avec The Thing, autre chef-d’œuvre projeté durant la Nuit de la peur, est alors évident.

Tout comme le fera John Carpenter après lui, Romero utilise un thème horrifique pour mettre en scène un propos social et politique très fort. Le huit-clos apparait d’emblée comme un choix logique, permettant de creuser le comportement humain face à une menace commune. Si le réalisateur n’en oublie pas pour autant de filmer ses zombies, très souvent frontalement, on réalise bien vite que la menace vient plutôt des « vivants » ; le portrait qui est fait des survivants est sombre, ambigu, et le film pousse cette idée jusque dans sa mise en scène. LA NUIT DES MORTS-VIVANTS montre brutalement l’horreur de l’invasion et se révèle très jusqu’au-boutiste dans sa représentation de la violence et du gore. Certaines séquences instaurent une tension remarquable, principalement lors d’un dernier acte à tomber à la renverse, et les procédés de George Romero ne sont pas ceux auxquels on pourrait penser. Malgré son faible budget, il évite le hors-champ, assumant totalement son sujet, et multiplie les effets gores qui, quarante ans après, apparaissent toujours aussi efficaces.

La Nuit des Morts Vivants (1)

Cela dit, il est indéniable que le film, datant de 1968, a pris un petit coup de vieux, principalement au niveau du maquillage et de la mise en scène très minimaliste. Cependant, et c’est une des raisons principales qui feront de cette projection un événement, le visionnage de cette œuvre en 2015 n’en est que plus intéressant. Le manque de budget, cet immobilisme dans la réalisation, ces gros plans sur un maquillage approximatif, accentue plus encore l’atmosphère pesante et dérangeante cherchée par Romero et qui atteindra un summum ambiguïté moral lors d’un dernier quart d’heure très controversé, sans concessions aucunes, mais qui ne fait au final que prolonger les partis-pris du cinéaste. Que ce soit par l’implication visible des acteurs amateurs, ou par le nombre d’idées osées que Romero enchaine à chaque séquences, LA NUIT DES MORTS-VIVANTS possède un capital sympathie énorme, et de réelles qualités cinématographiques.

“Véritablement fondateur et novateur, ce film a codifié le genre du film de zombie et a posé des bases désormais ancrées dans la culture populaire.”

Le sens du rythme du cinéaste empêche tout ennui, et si les lacunes budgétaires sont évidentes, la photographie du film, gérée également par le metteur en scène est assez soignée pour que l’ambiance fonctionne. L’un des points forts, c’est également cette caractérisation qui fait fi de toute subtilité, et cette écriture qui détourne habilement l’attention du spectateur des zombies pour la focaliser sur la bêtise humaine, véritable propos du film. Un classique indémodable, et l’un des grands moments du festival.

LA NUIT DES MORTS-VIVANTS a été chroniqué dans le cadre de la NUIT DE LA PEUR organisée par le Festival Lumière, à Lyon. Il sera projeté samedi 17 octobre à la Halle Tony Garnier.

Le FESTIVAL LUMIÈRE sur Le Blog du Cinéma
MARTIN SCORSESE: Analyse de ses films

MARTIN SCORSESE: portrait de l’auteur

Ses films présentés au festival Lumière :

Hugo Cabret (2011)
Les Infiltrés (2006)
Casino (1995)
Le Temps de l’innocence (1993)
Les Nerfs à vif (1991)
Les Affranchis (1990)
La dernière tentation du Christ (1988)
La valse des pantins (1982)
Raging Bull (1980)
New York, New York (1977)
Taxi Driver (1975)
Alice n’est plus ici (1974)
Mean Streets (1973)
Boxcar Bertha (1972)
Who’s that knoocking at my door (1968)

Chroniqués par Georgeslechameau

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8 films de JULIEN DUVIVIER

JULIEN DUVIVIER: portrait de l’auteur

David Golder (1931)
La Bandera (1935)
La Belle Équipe (1936)
Pépé le Moko (1937)
Un carnet de bal (1937)
La fin du Jour (1939)
Panique (1946)
– Le Temps des Assassins (1956)

Chroniqués par Louis

DUVIVIER

AKIRA KUROSAWA : les anées Toho

Le Plus dignement (1944)
– Qui marche sur la queue du tigre… (1945$)
– Je ne regrette rien de ma jeunesse (1946)
– Un merveilleux dimanche (1947)
– L’Ange ivre (1948)
– Chien enragé (1949)
– Vivre (1952)
– Vivre dans la peur (1955)
– La Forteresse cachée (1958)
– Les Salauds dorment en paix (1960)
– Yojimbo – Le Garde du corps (1961)
– Sanjuro (1962)
– Entre le ciel et l’enfer (1963)

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la cinéaste russe LARISSA CHEPITKO

Un portrait de la Larissa Chepitko

– Chaleur torride (1963)
– Les Ailes (1966)
– Le Début d’un siècle inconnu – composé de L’Ange d’Andrei Smirnov et de Le Pays de l’électricité de Larissa Chepitko (1967)
– Toi et moi (1971)
L’Ascension (1977)

larissachepitko

LUMIERE 2014 : Pedro Almodovar

Programmation de Lumière 2014

PEDRO ALMODOVAR :

Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier de Pedro Almodóvar (Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón, 1980, 1h18)
Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? de Pedro Almodóvar (¿ Qué he hecho yo para merecer esto !!, 1984, 1h47)
Matador de Pedro Almodóvar (1986, 1h45)
La Loi du désir de Pedro Almodóvar (La ley del deseo, 1987, 1h44)
Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodóvar (Mujeres al borde de un ataque de nervios, 1988, 1h35)
Attache-moi ! de Pedro Almodóvar (Átame !, 1989, 1h41)
Talons aiguilles de Pedro Almodóvar (Tacones lejanos, 1991, 1h53)
La Fleur de mon secret de Pedro Almodóvar (La flor de mi secreto, 1995, 1h42)
En chair et en os de Pedro Almodóvar (Carne trémula, 1997, 1h39)
Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar (Todo sobre mi madre, 1999, 1h40)
Parle avec elle de Pedro Almodóvar (Hable con ella, 2002, 1h52)
Volver de Pedro Almodóvar (2006, 2h02)
La piel que habito de Pedro Almodóvar (2011, 2h01)

SAGA MUSASHI MIYAMOTO : CRITIQUE des 6 films

PARADIS PERDU, d’Abel Gance: CRITIQUE

OPENING NIGHT, de John Cassavettes : CRITIQUE

Une Femme Dangereuse, avec Ida Lupino: CRITIQUE

Chroniqués par Georgeslechameau

La traversée de Paris

Chroniqué par Louis

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INFORMATIONS

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 • Titre original : Night Of The Living Dead
Réalisation : George Romero
Scénario : George A. Romero et John A. Russo
Acteurs principaux :Judith O’Dea; Duane Jones
Pays d’origine :Etats-Unis
Sortie : 21 janvier 1970
Date de reprise : 4 mars 2015
Durée : 1h36
Synopsis :Chaque année, Barbara et Johnny vont fleurir la tombe de leur père. La route est longue, les environs du cimetière déserts. La nuit tombe. Soudain, un homme étrange apparaît. Il s’approche de Barbara puis attaque Johnny, qui tombe et est laissé pour mort. Terrorisée, Barbara s’enfuit et se réfugie dans une maison de campagne. Elle y trouve Ben, ainsi que d’autres fugitifs. La radio leur apprend alors la terrible nouvelle : des morts s’attaquent aux vivants.

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[CRITIQUE] LA NUIT DES MORTS-VIVANTS (1968)

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