Nicolas Winding Refn est un réalisateur passionnant. Pour essayer de capter l’essence de son cinéma, nous nous sommes mis à 4 (Maxime, Vivien, Georgeslechameau et Paul) afin d’essayer de décortiquer sa filmographie. Chaque rédacteur à visionné l’ensemble des films, dans l’ordre de sortie, ce qui a permis par la suite de pouvoir se concerter afin de rassembler le plus d’éléments. C’est ensuite avec sa propre sensibilité et sa culture, que chacun s’est lancé dans la rédaction des critiques, tout en pouvant re-contextualiser les films par rapport au reste de la filmographie, à l’ensemble de l’œuvre.

En résulte un dossier complet, essayant de saisir la quintessence du travail du réalisateur danois et vous permettant, on l’espère, de mieux appréhender ce qui fait la beauté de son cinéma.

Nous commencerons par vous donner en substance, nos avis rapides sur les films, avant de vous aiguiller sur chacun de nos textes, plus aboutis.

NOS CRITIQUES

PUSHER – la trilogie, par Maxime,
BLEEDER, par Georgeslechameau,
FEAR X, par Vivien,
BRONSON, par Paul,
VALHALLA RISING, par Vivien,
DRIVE par Maxime,
ONLY GOD FORGIVES, par Georgeslechameau (bientôt)
avec en parallèle de la critique de OGF, celle de MY LIFE DIRECTED BY NICOLAS WINDING REFN de Liv Corfixen

et THE NEON DEMON à partir de sa projection cannoise, le vendredi 20 mai 2016

BONNE LECTURE !

PUSHER (1996)

CRITIQUE
NICOLAS WINDING REFN – la rétrospective

Titre original : Pusher
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Scénario : Jens Dahl, Nicolas Winding Refn
Acteurs principaux : Vanja Bajicic, Lisbeth Rasmussen, Levino Jensen, Mads Mikkelsen,
Pays d’origine : U.S.A.
• Date de sortie & durée : 26 juillet 2006, 1h45min
Synopsis : A Copenhague, Frank vend de l’héroïne et fréquente le milieu de la petite criminalité. Sa dette envers le trafiquant serbe Milo l’incite à tenter un gros coup. Mais la police fait irruption pendant la transaction, et au cours de la poursuite qui s’ensuit, Frank perd à la fois la marchandise et l’argent. 

“De prime abord, PUSHER premier du nom est un film que l’on peut qualifier de basique, autant dans sa forme que dans le fond. Une mise en scène entièrement à l’épaule pour un polar dans lequel un homme passe son temps à courir après de l’argent afin de couvrir ses dettes. On a connu des intrigues plus originales, non ? Pourtant, lorsqu’on additionne la façon de filmer et l’enjeu scénaristique, on se rend compte que le film prend une toute autre ampleur.”


SA CRITIQUE


“La première oeuvre de NWR est bien plus aboutie qu’elle n’y parait. C’est vrai qu’au premier coup d’oeil on peut n’y voir qu’une banale descente aux enfers où le scénario déjà tout tracé ne va pas forcément nous emballer, mais y en regardant de plus près de nombreux thèmes sont développés avec brio. Le concept de la violence naturelle, inhérente, inévitable qui va constituer le leitmotiv de NWR est mise en place, on ne sait pas bien qui est la victime, qui est le bourreau, les valeurs morales sont perpétuellement en conflit avec la réalité de la situation, sans que jamais l’une prenne vraiment le dessus, un équilibre délicat et forcément instable mais très intéressant à suivre”


“J’en gardais un meilleur souvenir de ce Pusher. C’est pas inintéressant surtout si on l’aborde (comme on peut le faire avec tous les Refn) par le prisme de ses muses, c.a.d. Scorsese et le polar hongkongais, mais c’est clair que malgré une mise en scène brillante de dynamisme, le scénario super austère ne lui va pas bien. Autant dans Valhalla ou Drive je trouve que ça se pardonne parce que l’ensemble est fondé sur des bases esthétiques et sensorielles très construites, autant ici ça reste finalement d’un classicisme qu’on ne peut que difficilement pardonner par autre chose que le fait que ça soit un premier film. Ça a un minimum de charme dans son style, heureusement”


“Frank, le protagoniste n’évolue en rien entre la première et la dernière minute de film, rendant difficile l’identification avec lui ou à sa quête désespérée. Avec ce premier film, NWR semble beaucoup trop préoccupé par l’urgence de filmer à tous prix, qu’il en oublie d’accrocher son spectateur par un minimum d’empathie…”


 

BLEEDER (1999)

CRITIQUE
NICOLAS WINDING REFN – la rétrospective

Titre original : Bleeder
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Scénario : Nicolas Winding Refn
Acteurs principaux : Mads Mikkelsen, Liv Corfixen, Kim Bodnia, Rikke Louise Andersson, Zlatko Buric
Pays d’origine : Danemark
Sortie : 1999
Durée : 1h35min
Distributeur : The Jokers / Le Pacte
Synopsis : Leo et Louise, un jeune couple à Copenhague. Leo sort très souvent avec ses amis, mais Louise préfère rester à la maison. Lorsqu’elle lui apprend qu’elle est enceinte, Leo devient distant et très violent. 

“À la fois comédie romantique décalée, étude de couple et polar Pusher-ien, ce “petit film personnel” de Nicolas Winding refn peut paraître assez mineur au sein de sa filmo… Pourtant, en ayant une connaissance exhaustive de la filmo de l’auteur, on se rend compte à quel point BLEEDER est une clé de son cinéma, parce qu’il introduit déjà quelques unes des thématiques qu’il développera plus tard à l’aide d’ambitions esthétiques et symboliques fortes. En cela, il est nécessaire pour tout fan de l’oeuvre tardive de l’auteur, de le découvrir absolument.”

SA CRITIQUE

“Refn filme un groupe de marginaux avec intelligence. La mise en scène est sobre mais efficace, combinée au jeu d’acteur, un équilibre se forme et permet au spectateur de s’identifier aux personnages. Après, le démarrage est un peu lent et on ne ressent peut-être pas assez l’atmosphère extérieure (à part la langue, il est presque impossible de voir que le film a été tourné au Danemark). En comparatif avec James Gray dans Little Odessa par exemple, il manque cette identification forte qui permet d’ancrer le film dans une réalité plus tangible. Autre point négatif, le film manque de réel temps fort, il se regarde bien mais ne marque pas par des scènes précises (défaut corrigé dans Drive)”

“Ça vire un peu au n’importe quoi dans le dernier tier mais pour le reste, Bleeder s’articuler comme un thriller étonnement poétique, aux ressorts tragiques et aux thématiques profondes. Aussi incroyable que cela puisse paraître, et puisque c’est la tradition de trouver un cinéaste auquel rapprocher chaque Refn, on pense à Bergman – en plus sanglant et chez les mafieux, mais tout ceci a bien des airs de Monika. Intriguant.”

“Comme avec la trilogie Pusher, on peut déceler les spécificités du cinéma de Refn. Les choses ne sont pas encore matures mais le film reste globalement bon et à ne pas négliger si on veut analyser vraiment la filmographie du réalisateur danois “

 

FEAR X (1999)

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CRITIQUE
NICOLAS WINDING REFN – la rétrospective

Autre titre : Inside Job
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Scénario : Hubert Selby Jr., Nicolas Winding Refn
Acteurs principaux : John Turturro, Deborah Kara Unger, Stephen Eric McIntyre, James Remar
Pays d’origine : Danemark, Royaume-Uni, Canada
Sortie : 22 septembre 2004
Durée : 1h31min
Distributeur : Editions Montparnasse
Synopsis : A la suite du décès brutal de sa femme dans le parking d’un centre commercial, Harry Cain a des visions étranges qui le hantent jour et nuit. Il décide de résoudre lui-même le mystère qui entoure le meurtre présumé de sa femme.

“FEAR X est une œuvre bancale. Si bancale qu’elle fascine, en réalité. Refn n’a jamais été un cinéaste très constant, mais de toute sa filmographie, ce troisième long-métrage est probablement celui qui laisse le plus songeur. Terminé en vitesse alors qu’il était proche de l’incident industriel, le scénario sera plus ou moins réécrit en post-production : en témoigne cette fin ambiguë pseudo-shyamalanesque, qui pose un mystère sans vraiment y avoir elle-même réponse. L’impression de s’être fait balader pendant une heure trente est donc bien présente, accompagnée d’une étrange admiration pour une telle démonstration technique qui arrive à rendre digeste ce cocktail improbable situé quelque part entre Twin Peaks, Fargo, Shining et Antonioni.”

SA CRITIQUE

“C’est peut-être le film le moins ambitieux de NWR, pas forcement anecdotique mais qui s’oublie rapidement après avoir été vu. John Turturro évolue dans un rôle qui rappelle un peu celui de Barton Fink. Le climat oppressant et la nature obsessionnelle du personnage principal créé un malaise voulu et plutôt efficace, mais en-dehors de ça c’est le néant, le scénario est bien trop vide et on s’ennuie bien trop vite, le jeu de Turturro est pour une fois banal et la fin ne sauve même pas la mise. De plus, j’ai trouvé que Fear X ne s’inscrivait pas dans la lignée du cinéma de NWR, le seul film où sa patte n’est pas clairement identifiable, comme s’il avait faire une oeuvre qui ne lui ressemblait pas…”

“Premier NWR a proposer une vraie ambition esthétique, ce n’est pas rien. D’emblée, le mec pose ses couilles, avec une image vraiment léchée, tout en symétrie, en mouvements de caméras ultra-lents, qui posent une ambiance. D’ailleurs la partie sonore est VRAIMENT fantastique. Par contre, et c’est aussi repérable d’entrée, y’a pas d’originalité coté scénar. Pire, y’a que du remplissage. Pas de rythme, pas de suspens (c’est quand même une sorte de whodunit merde!), une direction d’acteur lorgnant vers le “fais la gueule, t’auras l’air concerné”, un John Turturro franchement insupportable – référence de trop à Barton Fink, des inserts à la con, des fausses pistes… Bref. Affreux. Il y a forcément quelque chose à étudier niveau symbolique, mais lorsque trop d’éléments rendent le film quelconque, difficile d’y chercher ce petit truc qui lui donnera de l’intérêt”

“S’il fallait trouver un vilain petit canard dans toute la filmographie de Refn, ça serait Fear X. Certes, l’ambition formelle est ici la plus aboutie dans la période pré-Bronson mais le film n’est jamais passionnant. Au mieux, un petit plaisir pour les yeux.”

 

PUSHER 2 (2004)

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CRITIQUE
NICOLAS WINDING REFN – la rétrospective

Autre titre : Pusher II
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Scénario : Nicolas Winding Refn
Acteurs principaux : Mads Mikkelsen, Zlatko Buric, Leif Sylvester Petersen
Pays d’origine : Danemark, Royaume-Uni
Sortie : 26 juillet 2006
Durée : 1h36min
Synopsis : Tonny, un petit criminel de Copenhague, sort de prison et retourne au garage qui sert de couverture à Smeden, son père dit “Le Duc”, qui règne avec brutalité sur un gang. Pour montrer sa bonne volonté, Tonny vole une Ferrari, mais son initiative est accueillie avec colère par son père, qui lui reproche d’avoir agi stupidement. En même temps qu’il subit les humiliations paternelles, Tonny apprend qu’il a eu un fils. 

“C’est comme le 1 en terme de mise en scène mais le film est bien plus riche en terme d’écriture, avec un discours sur la paternité intéressant, mené par une double relation (Tonny et son père, Tonny et son fils). On sent encore des bribes du futur style de Refn, avec quelques scènes sous néons, un peu de musique au synthé. Ça reste un film de débrouille, fait avec les moyens du bord, mais on sent que Refn a voulu faire mieux que le premier volet et je pense que c’est réussi. En plus y a une sorte de “mythologie” je trouve. La mythologie Pusher d’abord, où l’on revoit des persos du 1, ou l’on entend parler de Franck … Puis aussi la mythologie du polar, avec des figures que tout le monde connaît. Tonny prend une autre ampleur. Dans le 1 on le prenait vraiment pour le pote abruti et là il devient touchant, on voit ses blessures intimes, il y a de très belles scènes où l’on voit toute sa souffrance par rapport aux rapports qu’il a avec son père. Un grosse réussite !”

SA CRITIQUE

“Dans la continuité du 1 sur la mise en scène et l’univers, mais l’univers gagne en dimension en recentrant le récit sur Tony (Mads Mikkelsen), complètement paumé mais qui parvient à rester touchant. Le scénario est aussi plus élaboré et délaisse ce côté un peu trop effréné du premier volet pour se recentrer sur les rapports entre les personnages”

“Je reviens sur ce que j’ai dit du personnage Pusher-ien, qui semble ne rien apprendre entre la première et la dernière image. NON : en fait, les évolutions des personnages se trouvent dans de minuscules moments d’introspection, ou la caméra se fige pour capter dans leur regard, la conscience que la perte de contrôle est liée à leurs propres choix. Pusher 2, c’est ça: un personnage mutique et mono-expressif sur lequel on peut observer la dureté du monde, et sa propre inadaptation. C’est beau, c’est émouvant, et en plus y’a un polar ultra-solide avec des flingues et des tas de boobs, pour étoffer ce portrait d’homme fragile”

“On prend les mêmes et on recommence. Pusher 2 surpasse dans tous les domaines son pédecesseur. Plus lisible, plus mature : la décennie de différence entre les deux premiers volets ne saute pas aux yeux de prime abord, pourtant l’évolution qualitative est évidente. Une réussite.”

 

PUSHER 3 (2005)

CRITIQUE
NICOLAS WINDING REFN – la rétrospective

Autre titre : Pusher III
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Scénario : Nicolas Winding Refn
Acteurs principaux : Zlatko Buric, Marinela Dekic, Ilyas Agac
Pays d’origine : Danemark
Sortie : 26 juillet 2006
Durée : 1h42min
Synopsis : Milo, un trafiquant de drogue serbe, suit une thérapie de groupe pour soigner sa toxicomanie. Aujourd’hui, sa fille fête son 25e anniversaire, et il doit préparer un banquet pour une quarantaine de convives. En plein préparatif, il doit aussi veiller à ses affaires en cours. Il attend une livraison d’héroïne. A la place, il se retrouve avec des pilules d’ecstasy. Bien que ne connaissant rien à ce marché, Milo décide de garder la livraison et de la revendre. 

“Dans la continuité du 2 en fait. On reprend un ancien perso mais on l’exploite plus en profondeur pour le rendre humain aux yeux des spectateurs. Milo devient un personnage auquel on s’attache parce que même s’il fait des trucs dégueulasses de gangsters, bah le mec a des soucis d’hommes, des choses qui nous touchent tous. Il a une fille qu’il veut rendre heureux mais il a aussi son honneur. Le film parle vraiment du rôle de père comme le 2. Il y aussi un discours sur la vieillesse. Refn a réussi à construire un vrai univers, avec des vraies figures charismatiques.
J’aime beaucoup le plan de fin où il contemple la piscine vide. La piscine représente un peu un mode de vie aisé sauf que là elle est vide et sale. Un peu comme lui qui en extérieur veut se montrer comme l’homme de la situation mais qui, au final, est loin de pouvoir vraiment tout assumer. Cette piscine, c’est lui.”

SA CRITIQUE

“Super idée que d’avoir centré le 3 sur Milo, un personnage qui fascianit déjà dans le 1 et le 2. Après le résultat se révèle moins probant que ce à quoi je m’attendais. La méthode NWR (on suit le même perso tout le long du récit et on voit tout et on entend tout par lui) atteint ses limites. Milo est sympathique mais le scénario plus ambitieux que les deux précédents n’est pas franchement captivant, à part Milo, les personnages manquent de caractère et la fin est presque anecdotique”

“Funfact : on retrouve le charismatique homme de main de Milo, celui qui voulait “ouvrir un Kebab”, et qu’on n’avait pas vu depuis Pusher 1… Alors OK, c’est exactement ce qu’il a fait, mais il apparaît finalement qu’il reste un putain de mercenaire de guerre, peut-être le personnage le plus pragmatique et professionnel de toute la trilogie, car dénué de famille ou d’implications. C’est ce genre de détails qui n’en sont pas, qui constituent la mythologie Pusher et la rendent si géniale. NWR nous y immerge encore plus grâce au personnage hautement empathique de Milo – le père qui ne contrôle plus rien, le rouage qui pensait avoir de l’importance. Les scènes finales, ou se “règlent” les choses, ou les personnages embrassent leur destinée tragique, gagnent vraiment en force. Chapeau

“La position de départ est prometteuse mais la surprise s’est évaporée. On peut douter de l’utilité de ce troisième chapitre qui prend peu de risques et finit par être un copycat timide du deuxième. L’énergie et Mads Mikkelsen en moins.”

 

BRONSON (2009)

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CRITIQUE
NICOLAS WINDING REFN – la rétrospective

Titre original : Bronson
Réalisateur : Nicolas Winding Refn
Scénario : Brock Norman Brock & Nicolas Winding Refn
Acteurs principaux : Tom Hardy, Matt King, James Lance, Juliet Oldfing, Hugh Ross
Pays d’origine : Royaume-Uni
Sortie : 13 mars 2009
Durée : 1h32 min

Distributeur : Vertigo Films
Synopsis : 1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la Une des journaux: rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu’il a lui-même bricolé. Rapidement interpellé, il est d’abord condamné à 7 ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en isolement cellulaire. La métamorphose de Mickey Peterson en Charles Bronson, devenu le détenu le plus dangereux d’Angleterre.

“Bronson possède une esthétique ultra-travaillée qui préfigure Drive. L’introduction est rythmée et entraînante et spectaculaire comme par excès.NWR s’appuie sur des contrastes lumineux, très bien maitrisés et qui couplé à la mise en scène hard, à la limite du trash parfois donne au film une forme artistique réussie. À la limite du post-modernisme, le film se joue de la prétention de son personnage principal et bascule peu à peu vers l’absurde, ce qui est franchement déroutant. Après sortie d’un cadre cinématographique pure, le film ressemble presque trop à un oeuvre d’art et difficile à apprécier”

SA CRITIQUE

“Le danois se prend pour Kubrick. Ou alors lui rend-il un hommage embrasé ? Dans tous les cas, le résultat est aussi bancal que factice. Difficile de critiquer la technique pure, mais on ne peut que douter de ses fondations. Reste la performance hallucinante de Tom Hardy. “

“J’ai eu BEAUCOUP de mal à trouver l’intérêt du film, ce qu’il propose en dehors d’un exercice de style et d’une excellente direction d’acteurs. NWR revient, comme dans Pusher 1, à ce genre de personnage qui n’évolue en RIEN entre le début et la fin du film;
pas d’évolution = pas d’empathie = gratuité du processus esthétisant.
Bronson est un test de ce qu’il est possible de réaliser avec une caméra, plutôt que de ce qu’il est possible de raconter avec ses personnages. Mis en perspective au sein de la filmo de NWR, Bronson trouve sa place, comme réflexion métaphysique sur la violence

“La première vraie claque formelle proposée par Refn. Le récit est dans l’épure maximale pour laisser place à une réflexion sur la violence. Un film basé uniquement sur la performance : d’abord celle d’Hardy, complétement dingue, et ensuite celle de Refn qui se lance dans une mise en scène à l’image de son personnage principal. Oui, l’osmose entre le fond et la forme fonctionne à pleine régime. Mais on oscille entre la fascination et l’ennui le plus poli.”

 

VALHALLA RISING (2010)

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Autre titre : Le Guerrier Silencieux, Valhalla Rising
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Scénario : Roy Jacobsen, Nicolas Winding Refn
Acteurs principaux : Mads Mikkelsen, Maarten Stevenson, Jamie Sives, Gary Lewis, Gordon Brown
Pays d’origine : Danemark, Royaume-Uni
Sortie : 10 mars 2010
Durée : 1h30min
Distributeur : Le Pacte
Synopsis : Pendant des années, One-Eye, un guerrier muet et sauvage, a été le prisonnier de Barde, un redoutable chef de clan. Grâce à l’aide d’un enfant, Are, il parvient à tuer son geôlier et ensemble ils s’échappent, s’embarquant pour un voyage au coeur des ténèbres. Au cours de leur fuite, ils montent à bord d’un bateau viking, mais le navire, pendant la traversée, se retrouve perdu dans un brouillard sans fin, qui ne va se dissiper que pour révéler une terre inconnue. Alors que ce nouveau territoire dévoile ses secrets, les Vikings affrontent un ennemi invisible et terrifiant, et One-Eye va découvrir ses véritables origines…

“Il est bien présomptueux de prétendre décrypter Valhalla Rising. Ce serait comme tenter de décrire une douleur – parfois, on ne peut lui donner qu’une intensité. « Ça fait mal », « ça fait très mal ». Ce cirque animal n’a pas d’autre fonction que celle de plonger le spectateur dans un monde cauchemardesque où ne règnent qu’obscurantisme et bestialité humaine, et c’est pour cela qu’il faut prendre le film comme il nous est donné : se laisser porter par la vitalité sombre des images et des sons, se laisser entraîner dans l’inconnu, souffrir et vivre avec les protagonistes”

SA CRITIQUE

 

“Valhalla rising est un film où la violence est omniprésente que l’atmosphère en paraît saturé. Mads Mikkelsen insuffle une énergie animale, une rage sanguinaire et son silence ne fait que renforcer sa crédibilité. Les visions gorgées de sang renforce le mysticisme de l’histoire. L’odyssée silencieuse et sans but du danois ne plaira pas à tout le monde mais à le mérite. Le traitement de l’image et surtout le rapport à la nature (on a vraiment l’impression qu’elle est un personnage à part entière) font penser à Terrence Malick. L’image est magnifique et le son millimétré. Ce film est une expérience cinématographique intense et inoubliable de par son traitement de la violence”

“Claque esthétique contmplative et symbolique à l’immense vacuité apparente… Mais qui trouve un fantastique intérêt lorsque remis dans le contexte d’une filmo traitant du sens de la violence”

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DRIVE (2011)

CRITIQUE
+ UNE SEMAINE UNE SCENE : la scène de l’ascenseur, dans Drive
NICOLAS WINDING REFN – la rétrospective

Titre original : Drive
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Scénario : Hossein Amini, D’après James Sallis
Acteurs principaux : Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Oscar Isaac, Christina Hendricks, Ron Perlman
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 5 octobre 2011
Durée : 1h40min
Distributeur : Wild Side Films / Le Pacte
Synopsis : Un jeune homme solitaire, “The Driver”, conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant – et au volant, il est le meilleur ! C’est alors que la route du pilote croise celle d’Irene et de son jeune fils…

“Une claque. Un scénario fait avec un rien mais tout passe par ce que Refn nous montre à la caméra. Le stylisation du réalisateur danois n’a jamais atteint un tel impact émotionnel, comme en témoigne la cultissime scène de l’ascenseur. Tout le cinéma de Refn est présent mais les ingrédients sont tellement dosés avec justesse qu’il en résulte un chef d’œuvre.”

SA CRITIQUE

“Le film-somme de NWR. Le danois réalise un amalgame de tout ses films précédents pour aboutir à un bijou, la mise en forme est épurée, la violence est toujours présente et sa jutification est pour une fois complètement indéniable. Ce qui est intéressant c’est la progression de la filmographie. Drive semble s’inspirer de chacun des films précédents (noirceur de Bleeder, traitemnt d’image de Valhalla Rising, absuriduté de Bronson, futilité de la lutte de Pusher) en éliminant leurs défauts”

“Fast & Furious version Michael Mann, La Belle et la Bête version new wave 80s. Refn se libère de ses muses et fait de sa passion un art. Drive est bouleversant, hypnotique, tragique et sanglant. Filmant son Gosling comme Godard filma Karina, il donne à ce sociopathe silencieux un romantisme improbable, faisant de ce scénario ringard un conte urbain moderne stimulant et rêveur. Exceptionnel.

“mouais c’est pas mal, mais je préfère OGF”

 

ONLY GOD FORGIVES (2013)

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CRITIQUE
NICOLAS WINDING REFN – la rétrospective

Titre original : Only God Forgives
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Scénario : Nicolas Winding Refn
Acteurs principaux : Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas, Yayaying Rhatha Phongam
Pays d’origine : France, Danemark, U.S.A.
Sortie : 22 mai 2013
Durée : 1h30min
Distributeur : Wild Side Films / Le Pacte
Synopsis : À Bangkok, Julian, qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue. Sa mère, chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers. Julian devra alors affronter Chang, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics …

“Contre toute attente, OGF m’a fasciné, car il m’a donné TOUTES les clés pour réévaluer quelques œuvres comme Bleeder, Bronson et Valhalla qui jusque là m’en touchaient une sans faire bouger l’autre. Car OGF, par sa symbolique forte, réussit à transmettre l’importance de certaines thématiques comme la parentalité ou la violence, traités par NWR sous un maximum d’aspects. Malheureusement, OGF manque d’accessibilité et d’une conscience de son spectateur, malgré son indéniable et jusqu’au bout-iste aboutissement formel…”

SA CRITIQUE

“Ouais ok c’est formellement OUUUUUUUF ! Mais après l’abondance de figures de style, de néons, de symboles, ca m’a tué. Par contre j’aime beaucoup le début où tu comprends pas trop pendant 15 min ce qui se passe, qui est qui, pourquoi… Ah et Refn il y a définitivement un truc avec les parents dans sa filmo. Dans Pusher c’était les pères, Drive pareil y a un truc avec le père, là c’est avec la mère. Gosling veut plaire à sa mère, on rejoint Pusher 2 sur ce point.

“Refn semble tellement désespéré du succès populaire de Drive qu’il en livre l’antithèse absolue. Du coup, difficile d’y voir autre chose que de la pose esthétique forcée, avec ses lectures secondaires poussives et sa fausse abstraction insipide. C’est beau, c’est plutôt malin, mais c’est au final de l’auto-carricature qui sacrifie l’inventivité visuelle au profit de l’excès graphique. Ce n’est pas pour autant pédant, mais c’est d’un vide…”

 

 

THE NEON DEMON (2016)

CRITIQUE
+ Interview de Nicolas Winding Refn et Elle Fanning
NICOLAS WINDING REFN – la rétrospective

Titre original : The Neon Demon
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Scénario : Nicolas Winding Refn
Acteurs principaux : Elle Fanning, Jena Malone, Bella Heathcote
Pays d’origine : France, Danemark, U.S.A.
Sortie : 8 juin 2016
Durée : 1h57min
Distributeur : The Jokers / Le Pacte
Synopsis : Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d’autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.

“THE NEON DEMON est une formidable vitrine, fulgurante par instant, qui vous aspire dans son récit d’initiation pour nous noyer dans un cauchemar sous néons. Le discours sur le monde de la mode n’a rien de nouveau à nous raconter (la déshumanisation, le culte du physique) mais les glaciales contemplations offertes par Nicolas Winding Refn sont illuminées par la présence prodigieuse d’une Elle Fanning troublante. Difficile de ne pas voir en son personnage un certain reflet du réalisateur dans la façon avec laquelle elle se retrouve subitement sujette à l’admiration, au point de la transformer en un monstre.

SA CRITIQUE

“C’est toujours fascinant de voir comment NWR projette ses obsessions dans ses personnages. La violence, la figure parentale… Cette fois c’est la Beauté et la Femme qui sont mis en avant. Le film est à l’image de ces obsessions. Beau, mais aussi très froid.”

 

 

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NICOLAS WINDING REFN – la rétrospective

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